LISSNER STÉPHANE (1953- )

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Aix / Milan / Paris / Naples

Ce boulimique de travail ne s’arrête pas là. Au nombre de ses activités, on compte la direction générale de l’Orchestre de Paris (1994-1996), celle des Bouffes du Nord, partagée avec Peter Brook (1998-2005), puis celle du Théâtre de la Madeleine, avec Frédéric Franck.

Stéphane Lissner prend ensuite la tête du festival d’Aix-en-Provence, qui connaît une situation difficile. Là encore, il va faire appel à des personnalités prestigieuses et appliquer les principes qui ont toujours été les siens, entre autres considérer l’opéra comme du théâtre à part entière, quitte à choquer (avec une Traviata mise en scène par Peter Mussbach en 2003), mais toujours avec la même exigence. En 1998, il ouvre sa première programmation avec Don Giovanni de Wolfgang Amadeus Mozart, dans une mise en scène de Peter Brook. Au pupitre, en alternance avec Claudio Abbado, un jeune inconnu de vingt-trois ans, Daniel Harding. La même année, Stéphane Lissner inaugure à Aix l’Académie européenne de musique, qui accueille de jeunes musiciens et chanteurs professionnels pour des stages de perfectionnement et leur permet de participer aux productions estivales. En 2000, le ravissant théâtre du Jeu de paume ouvre ses portes après rénovation : c’est un nouveau lieu pour des spectacles de petit format. En 2007, ce sera au tour du Grand Théâtre de Provence d’être inauguré. Mais Stéphane Lissner ne sera plus là. En 2006, trois ans avant la fin de son mandat, il rejoint le Teatro alla Scala de Milan dont il a été nommé surintendant et directeur artistique en 2005.

Stéphane Lissner 

Photographie : Stéphane Lissner 

Le nouveau « patron » de l'Opéra de Paris, Stéphane Lissner, aime bousculer les conventions. Sa décision d'ouvrir la saison 2012-2013 de la Scala de Milan avec Lohengrin, de Richard Wagner, alors que l'on s'apprêtait à fêter le bicentenaire de la naissance de Verdi et celle de du musicien... 

Crédits : Daniel Dal Zennaro/ EPA

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À la Scala, il reste fidèle à ses idées et aux artistes auxquels il a fait confiance, notamment à Daniel Barenboim, principal chef invité de l’institution milanaise. De nouveau, il fait appel à Chéreau, qui, avec Tristan et Isolde de Wagner, donne en 2007 l’une de ses réalisations les plus achevées – et ouvrir une saison de la Scala avec un compositeur allemand n’était pas gagné d’avance ! Il ne craint pas non plus d’affronter les habitués les plus conservateurs avec une Traviata qu’il confie en 2013 à Dmitri Tcherniakov, l’enfant terrible de la scène russe.

Nommé en 2012 directeur délégué de l’Opéra national de Paris, Stéphane Lissner succède à Nicolas Joel et prend ses fonctions à la rentrée 2014. Sa première programmation personnelle est à l’affiche en octobre 2015 et débute avec l’opéra d’Arnold Schönberg, Moïse et Aaron, dans une mise en scène de Romeo Castellucci. Après le bref passage de Benjamin Millepied, la direction du Ballet de l’Opéra est assurée par Aurélie Dupont. Directeur musical de l’Opéra de Paris depuis 2009, Philippe Jordan va accompagner Stéphane Lissner tout au long de son mandat.

Marquées par la venue de grands noms de l’art lyrique (Jonas Kaufmann, Ludovic Tézier, Anna Netrebko, Barbara Hannigan) et de metteurs en scène ambitieux, mais dont les productions ont pu se révéler inégales (Krzysztof Warlikowski, Claus Guth, Calixto Bieito), les années du mandat de Stéphane Lissner vont subir le contrecoup de crises majeures (les attentats terroristes en 2015, puis en 2019-2020 les manifestations des « gilets jaunes », les grèves contre la réforme des retraites, l’épidémie due à la Covid-19) qui auront une répercussion très forte sur la vie de l’Opéra national de Paris, entraînant l’annulation d’un nombre considérable de spectacles et un déficit estimé pour la seule année 2020 à 45 millions d’euros. C’est dans ces conditions extrêmement difficiles qu’Alexander Neef succède en septembre 2020 à Stéphane Lissner, nommé surintendant et directeur artistique du Théâtre San Carlo à Naples.

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Dans le chapitre « De nouveaux horizons »  : […] Mais, au cours des années 1990, les problèmes financiers deviennent de plus en plus aigus et le nombre d'opéras représentés se réduit comme peau de chagrin. Après un nouvel arrêt en 1997, Stéphane Lissner, venu du Châtelet, reprend les rênes du festival. Ville, Région et État ayant satisfait ses demandes, les chantiers se multiplient : réfection de l'Archevêché, réhabilitation du Théâtre du Jeu d […] Lire la suite

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Michel PAROUTY, « LISSNER STÉPHANE (1953- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/stephane-lissner/