STALINE JOSEPH VISSARIONOVITCH DJOUGACHVILI dit (1879-1953)

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« Le merveilleux Géorgien »

Les parents de Joseph Vissarionovitch Djougachvili étaient tous deux serfs de naissance, avant l'abolition du servage en 1861. Son père, Vissarion Djougachvili – un modeste cordonnier géorgien installé dans la petite ville de Gori (Géorgie) –, fut tué dans une rixe alors que son fils Sosso, le futur Staline (né en décembre 1879) n'avait que dix ans. En 1894, Sosso Djougachvili est inscrit au séminaire de Tiflis (Tbilissi), seul moyen pour lui de continuer des études. Il y suit des cours cinq ans durant, tout en fréquentant des cercles d'étudiants marxisants.

On a imputé à l'orientation théologique de ses études le style didactique, fait de figures de style oratoires, si caractéristique de la prose stalinienne. En 1899, Djougachvili est renvoyé du séminaire pour manque d'assiduité. Comme nombre d'étudiants de sa génération, il « va au peuple », milite dans des groupuscules socialistes au contact du monde ouvrier des grandes villes du Caucase, Tiflis et surtout Bakou, le grand centre de production pétrolière. Première arrestation, en avril 1902, suivie d'une condamnation à trois ans d'exil en Sibérie, d'où – comme la plupart des déportés politiques – Djougachvili s'évade, au début de 1904.

De retour au Caucase, il rejoint les cercles bolcheviques locaux, à un moment où les sociaux-démocrates se divisent entre mencheviks et bolcheviks, prend rapidement du galon dans le petit milieu révolutionnaire caucasien, rédige son premier pamphlet (Coup d'œil rapide sur les divergences dans le parti), dont le sectarisme didactique et emporté retient l'attention de Lénine, le leader incontesté du bolchevisme. En décembre 1905, Koba (son surnom dans la clandestinité révolutionnaire), qui a été désigné délégué bolchevique pour le Caucase – une promotion fulgurante au terme de deux années de militantisme – rencontre Lénine pour la première fois, lors de la conférence qui se tient à Tammerfors (Finlande) et au cours de laquelle les dirigeants bolcheviques doivent se prononcer sur leur participation à la campagne électorale pour l'élection de la première Douma.

À vingt-six ans, Staline entre dans le « premier cercle » léniniste. En avril 1906, au IVe congrès du Parti social-démocrate, qui se tient à Stockholm, Koba représente le courant bolchevique caucasien, très minoritaire face aux mencheviks géorgiens, en plein essor après leur succès aux élections à la Douma, boycottées par les bolcheviks. L'année suivante, alors que la révolution reflue, Koba est impliqué dans un certain nombre « d'expropriations révolutionnaires » (hold-up de banques) censées alimenter les caisses du parti bolchevique. Dans la polémique qui se développe, au sein même du parti, sur ces pratiques, Lénine soutient fermement ces « actions de partisans ». Entre 1908 et 1913, Staline (le nouveau surnom révolutionnaire de Djougachvili) subit arrestations, condamnations, déportations, suivies aussitôt de fuites et de périodes de clandestinité. En 1912, il est désigné, par cooptation, au comité central du parti bolchevique, devenant ainsi l'un des dix principaux dirigeants du parti clandestin.

Staline fiché

Photographie : Staline fiché

Fiche du registre de la police impériale de Saint-Pétersbourg concernant Staline (1879-1953), vers 1912. 

Crédits : Hulton Archive/ Getty Images

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Lénine a joué un rôle décisif dans la promotion de Staline. Conscient de l'importance cruciale du problème des nationalités pour la cause révolutionnaire, il le pousse à exposer le point de vue marxiste sur cette question : en 1913 paraît Le Marxisme et la question nationale, opuscule à propos duquel Lénine évoque, dans une lettre à Gorki, le « merveilleux Géorgien ». Grâce à ce texte, sans grande originalité, dans lequel il est affirmé que « la question nationale au Caucase ne peut être résolue qu'en entraînant les nations et les peuples attardés dans le courant général d'une culture supérieure », Staline devient au parti bolchevique le spécialiste en politique des nationalités. En février 1913, Staline est une nouvelle fois arrêté. Envoyé en exil dans la région de Touroukhansk (Sibérie orientale), la plus éloignée et la plus isolée des régions de relégation de l'Empire russe, Staline y reste cette fois quatre ans, jusqu'à la chute du tsarisme, en février 1917.

Revenu à Petrograd en mars 1917, à la suite de l'amnistie proclamée par le gouvernement provisoire, Staline devient secrétaire de rédaction de la Pravda, le journal bolchevique. Il est élu au Comité central lors de la VIIe conférence du parti bo [...]

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Lénine et Staline

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Churchill et Staline à la conférence de Yalta, 1945

Churchill et Staline à la conférence de Yalta, 1945
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Nicolas WERTH, « STALINE JOSEPH VISSARIONOVITCH DJOUGACHVILI dit (1879-1953) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/staline/