SQUELETTE

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Squelettes intracellulaires ou péricellulaires des protozoaires et des végétaux

Parmi les protistes, vaste groupe polyphylétique d'êtres unicellulaires, différents groupes possèdent un squelette minéralisé. On se bornera à signaler l'existence de structures squelettiques purement organiques (généralement des scléroprotéines) chez les zooflagellés (axostyle), chez certains ciliés (squelette du cytopharynx par exemple), chez les radiolaires (capsule centrale chitineuse). Dans la classe des Rhizopodes, les foraminifères possèdent un squelette, ou test, de composition généralement calcaire, qui se présente comme une sorte de coquille minuscule, fréquemment organisée dans l'espace selon une spirale et compartimentée en loges successives de plus en plus grandes. Cette disposition « mime » parfois la coquille de certains mollusques. Aussi, les nummulites – foraminifères fossiles géants atteignant plusieurs millimètres de diamètre – ressemblent-ils quelque peu à de minuscules nautiles. Par de multiples pores de la coquille sortent des prolongements protoplasmiques. Les foraminifères sont marins, et l'empilement de leur squelette est un élément fondamental dans la constitution de nombreuses roches sédimentaires. Dans la classe des Actinopodes se rangent les radiolaires, protistes marins, planctoniques. Leur élégant squelette est constitué de spicules rayonnants composés de silicate de chaux et d'alumine. Il est fréquemment sphérique ou en forme de cloche, très ajouré, orné de pointes et d'aiguilles. Certains radiolaires sécrètent des spicules de sulfate de strontium.

Les diatomées, algues unicellulaires, sont les seuls végétaux à posséder un squelette silicifié, qui se compose de deux valves emboîtées l'une dans l'autre, ornementées de façon caractéristique.

La plupart des végétaux, unicellulaires ou pluricellulaires, doivent leur rigidité à la combinaison d'un « squelette hydraulique » et d'un squelette dur. Le premier est constitué par les cellules végétales elles-mêmes. Dans les conditions normales de température et d'humidité, les vacuoles du cytoplasme sont pleines d'eau et exercent une pression dite de turgescence sur la membrane cellulaire ; cette turgescence joue un rôle considérable dans le maintien du port de nombreux végétaux.

Indépendamment du « squelette hydraulique », le squelette « figuré » des végétaux est entièrement composé de matières organiques. Au niveau cellulaire, la membrane offre la particularité d'être double. À la pellicule ectoplasmique s'ajoute, en effet, une épaisse paroi de nature pecto-cellulosique dont le rôle mécanique est capital, tant dans le maintien de la rigidité des tissus que dans celui de la cohésion cellulaire. C'est la réaction de cette membrane déformable, mais résistante, qui permet à la pression de turgescence de jouer un rôle mécanique.

Chez les végétaux vasculaires, le port de la plante dépend de tissus différenciés par modification des membranes cellulaires ; ils constituent, d'une part, l'appareil conducteur et, d'autre part, des tissus de soutien (collenchymes, sclérenchymes et fibres) caractérisés par des modifications de la membrane. Les collenchymes sont formés de cellules susceptibles de croissance, à parois cellulosiques épaissies sur toute leur surface ou seulement aux points de contact entre plusieurs cellules voisines. Dans les sclérenchymes, au contraire, les parois cellulosiques se lignifient, et les cellules, bien que vivantes, ne sont plus capables d'allongement. Les fibres sont formées de cellules très allongées, fusiformes, dont le contenu cellulaire meurt ; la cellule fibreuse achevée ne présente plus en son centre qu'une lumière résiduelle entourée par des parois très épaisses de nature cellulosique ou ligneuse. L'accolement de cellules de ce type (faisceau de fibres) constitue les fibres textiles d'origine végétale. Si les collenchymes sont en général superficiels, les sclérenchymes et les fibres sont situés en profondeur et souvent associés aux éléments conducteurs. Parmi ceux-ci, les tubes criblés s'opposent aux vaisseaux dont les parois sont renforcées par des épaississements lignifiés ; les épaississements annelés ou spiralés permettent l'allongement des cellules et se trouvent dans les vaisseaux jeunes ; les épaississements, plus importants mais non extensibles, des vaisseaux âgés formeront (avec les tissus connexes, souvent lignifiés aussi) le bois. Cet assemblage, tant par les propriétés physiques de ses constituants que par leur arrangement précis dans l'espace, confère aux végétaux ligneux leurs propriétés mécaniques bien connues.

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Rôle des muscles, tendons et ligaments

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Les différentes classes d’articulations du squelette

Les différentes classes d’articulations du squelette
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Écrit par :

  • : ancien professeur à la faculté des sciences, université de Paris-VII
  • : professeur au Collège de France, chaire de biologie historique et évolutionnisme

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Pour citer l’article

Yves FRANÇOIS, Armand de RICQLÈS, « SQUELETTE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 30 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/squelette/