Soul Makossa, DIBANGO (Manu)

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Dans les années 1950, le saxophoniste, pianiste et compositeur Manu Dibango (de son vrai nom Emmanuel Dibango N'Djocké, né à Douala au Cameroun le 12 décembre 1933 ou le 10 février 1934) effectue des tournées au sein de diverses formations en Afrique et en Europe (il joue à Saint-Germain-des-Prés, en Belgique...). Il appartient, de 1956 à 1961, à l'African Jazz de Joseph Kabasélé. À Paris, dans les années 1960, il commence à accompagner des chanteurs comme Nino Ferrer, qui est alors en pleine ascension.

Devenu, selon l'expression consacrée, un «Négropolitain», Manu Dibango obtient des autorités camerounaises le financement d'un 45-tours qui doit aider à supporter l'équipe nationale de football dans le cadre de l'organisation au Cameroun de la Coupe d'Afrique des nations. Le disque est un échec... et l'équipe du Cameroun est éliminée au premier tour de la compétition. Sur la face B de ce 45-tours figure Soul Makossa, un titre auquel personne ne croit, pas même la maison de disques de l'artiste, Decca. Le morceau franchit par hasard l'Atlantique: à la surprise générale, il devient un tube aux États-Unis, puis en Europe. C'est la consécration pour l'enfant de Douala, qui va jouer au Madison Square Garden de New York et côtoyer les stars de la soul music américaine. Les Afro-Américains s'arrachent ses disques, dont ils apprécient le son authentiquement africain.

Soul Makossa emprunte à la soul music un style d'arrangement rythmique (basse et batterie) qu'affectionne James Brown, ainsi que divers éléments d'orchestration, comme les tenues ou le break joué par les cuivres, tout droit sortis de Soul Power, de James Brown. Soul Makossa est un titre d'afro-beat avant la lettre: ce terme sera inventé par le Nigérian Fela (Fela Ransome-Kuti, 1938-1997), que Manu Dibango a fréquenté.

Manu Dibango s'inspire du makossa, un rythme de danse de la région de Douala, également utilisé de manière moderne par Lapiro de Mbanga, ce dernier l'accompagnant de textes rev [...]


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Pour citer l’article

Eugène LLEDO, « Soul Makossa, DIBANGO (Manu) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 janvier 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/soul-makossa-dibango-manu/