SORTIE DU NUCLÉAIRE CIVIL

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Un système électrique sans nucléaire pour la France en 2030 ?

Avant de prévoir un système de production pour 2030, il est impératif de définir tout d'abord les besoins en électricité de cette population métropolitaine qui aura atteint à cette date 67 millions d'habitants.

Dans la plupart des scénarios officiels produits par le gouvernement, ces besoins continuent d'augmenter : ils passeraient de 498 térawattheures (TWh) en 2011 à 523 TWh en 2030, selon le scénario central du ministère de l'Industrie. Sur les 498 TWh consommés en 2011, 416 TWh ont été réellement délivrés aux usagers, le reste (soit 82 TWh) représentant la consommation du système énergétique et les pertes du système électrique. De même, sur les 523 TWh prévus en 2030, 432 TWh parviendraient aux usagers. Cette augmentation des besoins, considérée comme particulièrement modeste parmi nos dirigeants (tant l'idée d'économiser de l'électricité leur apparaît comme encore incongrue), n'a rien d'inéluctable. En fait, le potentiel d'économies d'électricité accessible en France à des coûts économiques attractifs est considérable. C'est en particulier le cas dans les secteurs résidentiel et tertiaire qui, à eux seuls, ont utilisé 300 TWh sur les 416 TWh consommés par les usagers en 2011. Sur ces 300 TWh, environ 90 TWh ont servi pour le chauffage électrique et l'eau chaude sanitaire et 210 TWh pour des applications qui sont spécifiques de l'électricité : l'éclairage, le froid, l'électroménager, l'audiovisuel, les télécommunications.

L'équation « chauffage électrique à convecteurs = nucléaire » a longtemps justifié le développement du nucléaire en France. Mais cette application saisonnière sur quatre ou cinq mois est très mal adaptée aux caractéristiques techniques et économiques du nucléaire, qui imposent à cette filière de fonctionner de dix à douze mois par an pour être rentable. De ce fait, l'électricité nécessaire à ce type de chauffage est bien souvent issue de centrales à charbon, françaises ou étrangères. Non seulement le nucléaire est loin d'être suffisant pour répondre à cette pointe saisonnière de consommation, mais l'électricité consommée par ce chauffage est responsable d'émissions importantes de dioxyde de carbone puisque celle-ci est majoritairement d'origine fossile. Voilà de bonnes raisons d'éradiquer, d'ici à 2030, ce système de chauffage inadapté, coûteux pour les usagers et pour E.D.F., et contre-performant du point de vue de l'effet de serre, pour le remplacer par des pompes à chaleur trois fois plus efficaces ou des chauffages utilisant des énergies renouvelables.

En ce qui concerne les applications spécifiques de l'électricité, la comparaison entre l'Allemagne et la France est très instructive. En 1999, la consommation spécifique d'électricité domestique d'un Allemand était identique à celle d'un Français. Dix ans plus tard, grâce à une politique d'économie d'électricité, elle était déjà de 28 p. 100 plus faible qu'en France. En 2011, toutes applications confondues, le secteur du bâtiment (résidentiel tertiaire) en Allemagne a consommé 40 p. 100 de moins par habitant qu'en France.

Avec un programme d'économie d'électricité du même type que celui qui a été mis en place en Allemagne, l'éradication progressive du chauffage électrique à convecteurs et un effort supplémentaire dans le secteur industriel, on peut limiter les besoins d'énergie électrique à une valeur de l'ordre de 390 TWh en 2020 et 340 TWh en 2030 (contre 432 dans le scénario central du ministère de l'Industrie).

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Centrale nucléaire de Tricastin

Centrale nucléaire de Tricastin
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Électricité : coûts estimés en 2030

Électricité : coûts estimés en 2030
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Électricité : coûts des investissements pour 2030

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Écrit par :

  • : ingénieur, économiste, président de l'association Global Chance

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ALLEMAGNE (Politique et économie depuis 1949) - L'Allemagne unie

  • Écrit par 
  • Anne-Marie LE GLOANNEC
  •  • 7 695 mots
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Dans le chapitre « Crise sociale, réformes et recomposition de la scène politique »  : […] La société allemande souffre de faiblesses. Le déclin démographique (depuis 2003, pour la première fois en vingt ans, la population allemande diminue) inquiète l'État fédéral et les Länder, ainsi que les chefs d'entreprises quant au futur manque d'apprentis dans le système d'éducation dual (alliant enseignement et formation). En l'absence d'une véritable politique migratoire – après l'échec de la […] Lire la suite

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Pour citer l’article

Benjamin DESSUS, « SORTIE DU NUCLÉAIRE CIVIL », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 15 avril 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/sortie-du-nucleaire-civil/