Sonate «L'Astrée» en sol mineur, COUPERIN (François)

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Auteur

François Couperin, dit le Grand, est le plus célèbre représentant d'une dynastie de musiciens français qui compte plus de cinq générations de compositeurs, d'interprètes, de maîtres de musique... La vie de cet homme simple, aux ambitions modestes, de ce musicien profond, tendre et mélancolique se confond avec l'histoire de son œuvre : si François Couperin obtient très jeune des charges à la cour de Louis XIV - il sera notamment organiste et claveciniste du roi -, le déroulement de sa carrière est cependant loin de refléter son immense génie musical.

Genre - Sonate baroque

Genre instrumental libre, la sonate baroque n'est pas gouvernée par les règles strictes de la future sonate classique. La formation la plus répandue rassemble un ou deux violons et une basse continue, ou continuo, c'est-à-dire une partie confiée à un instrument polyphonique, capable de jouer des accords, par exemple un clavecin.

Forme - Sonate en trio

La sonate en trio, forme particulière de la sonate baroque, est flexible dans son effectif instrumental, mais elle fait le plus fréquemment appel à deux instruments mélodiques, parmi lesquels on trouve principalement - outre le violon - la flûte et le hautbois, à un instrument chargé de la basse continue - le clavecin, le plus souvent - et à un instrument à cordes chargé de renforcer la basse continue dans les graves - viole ou violoncelle. La sonate en trio nécessite donc quatre instruments !

Esthétique

François Couperin laisse une œuvre qui synthétise un double héritage, celui de la musique française et celui de la musique italienne (la septième pièce des Goûts réunis s'intitule «Apollon persuade Corelli que la réunion des goûts français et italien doit faire la perfection de la musique»). De la musique française, il met en exergue, selon Philippe Beaussant, «l'élégance mélodique, l'ornementation, l'aspect de la danse»; de la musique italienne, il s'inspire pour «la carrure, la symétrie, l'emploi discret mais caractéristique du chromatisme et maintes formules instrumentales».

Langage

Les quatre sonates («sonades», comme les nommait Couperin) en trio figurant dans le recueil des Nations (1726, où L'Astrée adoptera comme nouveau titre La Piémontoise) sont des sonates à l'italienne qui introduisent chacune une suite de danses à la française, d'écriture plus ancienne. Elles constituent le plus pur témoignage du Couperin italianisant des années 1690-1705. Point de programme ici ; ni La Fontaine ni Honoré d'Urfé ne sont à invoquer.

—  Alain FÉRON

Écrit par :

  • : compositeur, critique, musicologue, producteur de radio

Voir aussi

Pour citer l’article

Alain FÉRON, « Sonate «L'Astrée» en sol mineur, COUPERIN (François) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 octobre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/sonate-l-astree-en-sol-mineur-couperin-francois/