SOCRATE (469-399 av. J.-C.) ET ÉCOLES SOCRATIQUES

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Comment nous connaissons Socrate

Nous n'atteignons Socrate qu'indirectement, par les reflets qu'en donnent des écrivains très différents les uns des autres, et qui n'ont guère en commun que de n'avoir pas voulu faire œuvre d'historiens. Il devint très tôt le personnage central d'un véritable genre littéraire, la « discussion socratique », qui servit de mode d'expression philosophique à une génération entière ; encore n'avons-nous gardé qu'une partie de cette production. Il faut mettre à part l'image que donne de lui la comédie Les Nuées d'Aristophane : c'est la plus ancienne et la plus inattendue, celle d'un maître à penser ridicule et dangereux ; caricature que l'historien ne peut négliger, et que le procès de 399 empêche de trouver tout à fait drôle. Les textes essentiels de Xénophon et de Platon, postérieurs à la mort du sage, visent à défendre sa mémoire et à illustrer son action. Xénophon (né en 430) avait connu et fréquenté Socrate. Esprit prosaïque et assez conventionnel, il a souvent été tenu pour le témoin par excellence, à raison même de sa médiocrité ; mais l'on ne peut jurer que la médiocrité soit une condition favorable pour peindre Socrate. Avec Platon (né en 427) le problème est inverse. Socrate est partout, ou presque, dans son œuvre ; mais c'est un Socrate toujours plus profondément repensé, repris en sous-œuvre, rattaché aux conditions métaphysiques ultimes de sa propre possibilité ; de sorte que l'on passe, sans frontière visible, du Socrate de fait à un Socrate de droit, et que toutes les positions ont pu être prises sur la valeur documentaire du témoignage platonicien. On a parfois cru trouver dans les quelques notations d'Aristote le moyen de déterminer ce qui appartient en propre à Socrate. Né en 384, vingt ans familier de l'académie platonicienne, Aristote, bien qu'il n'ait pas connu le maître de son ma [...]

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ANTIQUITÉ - Naissance de la philosophie

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Dans le chapitre « La philosophie à Athènes aux Ve et IVe siècles avant J.-C. »  : […] L'exemple d'Anaxagore, bientôt suivi de celui, plus tragique, de Socrate, montre quelles difficultés dut surmonter la philosophie pour s'implanter à Athènes. La tradition proprement athénienne était en effet tout autre et rien moins que spéculative. L'intérêt exclusif que les Athéniens accordaient à la parole comme lieu privilégié des relations humaines les condamnait à se désintéresser du spectac […] Lire la suite

ANTISTHÈNE (env. 440-env. 370 av. J.-C.)

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Disciple de Socrate et maître de Diogène le Cynique, Antisthène, comme le firent un peu plus tard les mégariques, considérait le langage discursif comme étant incapable de décrire adéquatement la réalité concrète des unités individuelles. On ne peut dire « un homme est bon », mais seulement « le bon est bon », « l'homme est homme » (Platon, Sophiste , 251 a). Définir une chose par autre chose qu'e […] Lire la suite

APORIE

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ARISTIPPE DE CYRÈNE (425-355 av. J.-C.)

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Disciple de Socrate, fondateur de l'école cyrénaïque. Les écrits d'Aristippe de Cyrène sont tous perdus, mais on possède à son sujet de nombreuses anecdotes (« chries ») ou paroles fameuses prononcées dans une situation typique. Diogène Laërce, qui en a conservé beaucoup ( Vies, doctrines et sentences des philosophes illustres , II, 65) donne la raison du succès de ces histoires : « Il était capab […] Lire la suite

ARISTOPHANE (445-380 av. J.-C.)

  • Écrit par 
  • Jean DEFRADAS
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Dans le chapitre « « Les Nuées » »  : […] Au moment du concours de 423, une trêve venait d'être conclue entre Athéniens et Lacédémoniens : laissant l'action politique, Aristophane compose une pièce plus abstraite, plus subtile, où il ne recourt pas aux moyens grossiers pour provoquer le rire de la foule. Cette comédie, qu'il considérait comme la meilleure qu'il eût écrite, ne toucha pas le public et n'obtint que le dernier rang. Le sujet […] Lire la suite

LE BANQUET, Platon - Fiche de lecture

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  • François TRÉMOLIÈRES
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Sans doute le plus connu des dialogues platoniciens, Le Banquet ( Sumpósion ) ou Sur l'amour , rédigé vers 375 avant notre ère – soit, comme La République , Le Phédon et Le Phédre , durant la période dite de la maturité de Platon (428 env.-347 env. av. J.-C.) – demeure un texte énigmatique. La structure virtuose du récit – la relation par un témoin, Aristodème, à son tour rapportée par un autre […] Lire la suite

ÉDUCATION - Philosophie de l'éducation

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  • Daniel HAMELINE
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Dans le chapitre « Les éducateurs philosophes »  : […] La liste des « grands philosophes », de Platon à Kant, recoupe d'assez près celle des grands pédagogues. Cependant, l'écart entre les deux listes, joint à l'incertitude même de la désignation et du statut social du « philosophe », laisse apparaître un flottement instructif : théologiens et pasteurs d'âmes, apôtres de l'enfance, praticiens ingénieux ou illuminés se faisant les théoriciens plus ou m […] Lire la suite

CIVISME

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Dans le chapitre « Civisme et patriotisme »  : […] Il est devenu évident qu'un groupe fortement intégré, puisqu'il ignore le quant-à-soi et refuse l'indépendance à ses éléments, ne saurait faire appel au civisme. Le civisme est absent par nature de la cité-État. Ni la Grèce ni Rome ne l'auraient imaginé, et les références héroïques des conventionnels trahissent surtout la médiocrité de leur culture historique. Lorsque Platon écrivait « ... entre […] Lire la suite

CYRÉNAÏQUE ÉCOLE (Ve-IVe s. av. J.-C.)

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  • Pierre HADOT
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Groupe de philosophes qui tire son nom de Cyrène, d'où était originaire son fondateur, Aristippe, disciple de Socrate. Les principaux successeurs d'Aristippe furent : sa fille Arété (une des rares femmes philosophes de l'Antiquité) ; le fils de celle-ci, Aristippe Metrodidactos (c'est-à-dire le « Disciple de sa mère ») ; Hêgêsias Péisithanatos (« qui conseille la Mort ») ; Annicéris ; Théodore l'A […] Lire la suite

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Dans le chapitre « Logique et dialectique »  : […] Malgré leur caractère hypothétique, les mathématiques offrent à Platon un modèle dont il va s’inspirer en « mettant en scène » les dialogues de son maître Socrate dont il aurait été le témoin. Dans ces dialogues, qualifiés d’« aporétiques » (adjectif issu d’un mot grec signifiant « sans solution »), et qui nous présentent un Socrate se limitant à un travail critique, le modèle mathématique est omn […] Lire la suite

Pour citer l’article

Jacques BRUNSCHWIG, « SOCRATE (469-399 av. J.-C.) ET ÉCOLES SOCRATIQUES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 janvier 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/socrate-et-ecoles-socratiques/