TRAVAIL SOCIOLOGIE DU

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Alexis de Tocqueville (1805-1859)

Alexis de Tocqueville (1805-1859)
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Saint-Simon

Saint-Simon
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Grève des métallurgistes au Creusot, 1870

Grève des métallurgistes au Creusot, 1870
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De l'âge d'or de la sociologie du travail à sa crise présente

Georges Friedmann, Pierre Naville et Alain Touraine

La naissance de la sociologie du travail proprement dite est associée au nom de Georges Friedmann (1902-1977). Dans l'entre-deux-guerres, ce jeune philosophe d'obédience marxiste s'était attaché, contre les contempteurs spiritualistes du progrès, à penser le monde industriel nouveau qu'il espérait alors en construction dans la jeune Union soviétique, mais aussi, à certains égards, aux États-Unis. C'est dans ce contexte qu'il s'était intéressé aux modernes « prophètes » industriels qu'étaient à ses yeux Frederick Taylor et Henry Ford mais aussi à toute la tradition de psychophysiologie du travail, souvent d'ailleurs très critique à l'égard de Taylor. Sa thèse, préparée avant et pendant la guerre et soutenue en 1946, a fourni l'ouvrage séminal de la sociologie du travail française. Après la guerre, renonçant au marxisme de sa jeunesse et de plus en plus préoccupé par la « déshumanisation » du travail consécutive à l'industrialisation, Friedmann devient un critique inquiet du Travail en miettes selon le titre de son plus célèbre ouvrage, paru en 1956.

Au-delà de son œuvre propre, Friedmann a joué un rôle essentiel dans le développement de la sociologie du travail en fournissant à ses disciples la possibilité de mener sur le terrain industriel les premières enquêtes sociologiques systématiques françaises. Le destin singulier d'un penseur a rencontré ici une conjoncture historique : celle de la reconstruction d'après guerre, qui a conduit les pouvoirs publics français et européens (Communauté européenne du charbon et de l'acier) à commanditer des enquêtes sur « les résistances des travailleurs au changement technique », dans un contexte marqué par l'influence des partis communistes et les tensions de la guerre froide, où l'on s'inquiétait encore de la stabilité politique de la classe ouvrière.

L'étude la plus représentative de cette sociologie friedmannienne, qui fut aussi la plus influente, reste sans conteste celle [...]

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François VATIN, « TRAVAIL SOCIOLOGIE DU », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 septembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/sociologie-du-travail/