TRAVAIL SOCIOLOGIE DU

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Médias de l’article

Alexis de Tocqueville (1805-1859)

Alexis de Tocqueville (1805-1859)
Crédits : Istituto Geografico De Agostini

photographie

Saint-Simon

Saint-Simon
Crédits : Hulton Getty

photographie

Grève des métallurgistes au Creusot, 1870

Grève des métallurgistes au Creusot, 1870
Crédits : AKG

photographie


De la question sociale à l'organisation scientifique du travail

La question du travail et la genèse de la pensée sociologique

La sociologie s'est toujours préoccupée de la question du travail. La mutation profonde, au xixe siècle, des formes techniques et du statut social du travail participe à la genèse même de la sociologie, en rupture avec l'économie politique. Au xviiie siècle, les penseurs du progrès, philosophes et économistes, étaient convaincus que la libéralisation des échanges et la suppression du despotisme suffiraient à garantir la prospérité publique et l'ordre social. Dès le début du xixe siècle, cette pensée libérale fut mise à l'épreuve de la révolution industrielle, qui générait de nouvelles classes pauvres urbaines, perçues comme mettant en péril l'équilibre général de la société. Pour nombre de penseurs sociaux de la première moitié du xixe siècle, l'économie politique se révélait donc incapable de réaliser ses promesses. Les auteurs contre-révolutionnaires furent les premiers à tenir un tel discours ; au rationalisme individualiste du xviiie siècle, ils opposèrent une conception de la société comme un être en propre, un corps organique, dont il fallait connaître les lois, sous peine de voir la Terreur révolutionnaire faire retour. De Comte à Durkheim, en passant par l'organicisme social, la sociologie naissante doit beaucoup à cette pensée contre-révolutionnaire, qui rendait possible une science holiste du social.

Le nouvel ordre social qui succède à la Révolution française fait apparaître une dissociation entre les notions de « propriété » et de « travail » que les penseurs révolutionnaires auraient voulues inséparables. Le projet idéal d'une société de petits propriétaires échangeant librement les produits de leur travail se dissolvait au moment même où les conditions politiques semblaient enfin réunies pour l'accomplir. Avec la naissance de la grande industrie, les observateurs sociaux sont am [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 8 pages


Écrit par :

Classification


Autres références

«  TRAVAIL SOCIOLOGIE DU  » est également traité dans :

CARRIÈRE, sociologie

  • Écrit par 
  • Mathilde SEMPÉ
  •  • 1 129 mots

Le terme de carrière, issu du sens commun pour désigner les étapes de la vie professionnelle, est par ailleurs envisagé, dans sa construction savante, comme un outil de recherche. Objet d’appropriations méthodologiques différenciées au sein du champ scientifique, la notion constitue dès lors un enjeu de luttes pour sa définition légitime. C’est pourquoi rendre compte du travail d’objectivation d’u […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/carriere-sociologie/#i_42686

CLASSES SOCIALES - Classe ouvrière

  • Écrit par 
  • Julian MISCHI, 
  • Nicolas RENAHY
  •  • 4 407 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Une existence courte dans un temps long »  : […] En France, le processus de formation de la classe ouvrière, entamé pendant la période révolutionnaire s'inscrit dans le temps long, sur un siècle et demi, et prolonge l'histoire des corporations. Sa genèse, au cours du long xix e  siècle, est inséparable des luttes sociales pour l'autonomie ouvrière (sans-culottisme, journées révolutionnaires de 1 […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/classes-sociales-classe-ouvriere/#i_42686

CROZIER MICHEL (1922-2013)

  • Écrit par 
  • Claude JAVEAU
  •  • 875 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Une sociologie de la bureaucratie »  : […] Alors que ses premiers travaux sont encore principalement consacrés à l'histoire du mouvement ouvrier et à l'action des syndicats, Crozier s'est intéressé à partir de son entrée au C.N.R.S., en 1952, au rôle des employés et des petits fonctionnaires dans la structure sociale française. Il aborde cet univers sous les angles des phénomènes de la conscience de classe et de la participation sociale. […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/michel-crozier/#i_42686

ÉCONOMIE SOCIOLOGIE DE L'

  • Écrit par 
  • Frédéric LEBARON
  •  • 4 580 mots

Dans le chapitre «  Mort et résurrection d'une sociologie de l'économie »  : […] La sociologie économique ainsi conçue s'efface ensuite assez rapidement de l'horizon intellectuel des sciences sociales. En économie, le succès de l'économie mathématique et de l'économétrie, qui s'affirment à partir des années 1930 dans le prolongement de la « révolution néoclassique », ne laisse guère de place à une problématique sociologique (autre que « résiduelle »), malgré les travaux quan […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/sociologie-de-l-economie/#i_42686

ETHNOMÉTHODOLOGIE

  • Écrit par 
  • Louis QUÉRÉ
  •  • 2 353 mots

Dans le chapitre « L'étude du travail et de la science »  : […] À partir des années 1970, une partie des recherches ethnométhodologiques s'est orientée vers l'étude du travail, notamment du travail scientifique. L'argument de départ est que quelque chose manque dans les recherches habituelles en sciences sociales sur le travail : on ne sait pas comment celui-ci est concrètement accompli, en tant que cours d'action sériel, organisé de manière coopérative par l […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/ethnomethodologie/#i_42686

FRIEDMANN GEORGES (1902-1977)

  • Écrit par 
  • Jean-Daniel REYNAUD
  •  • 978 mots

Par son œuvre, par son enseignement, par son exemple, Georges Friedmann a été l'un des principaux responsables de la renaissance des sciences sociales en France au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Le jeune intellectuel des années 1930 est d'abord un philosophe : entré, après de premières études de chimie, à l'École normale supérieure, agrégé de philosophie (1926), il interroge la société e […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/georges-friedmann/#i_42686

GRÈVE

  • Écrit par 
  • Hélène SINAY
  • , Universalis
  •  • 12 474 mots
  •  • 8 médias

Dans le chapitre «  Sociologie des grèves modernes »  : […] Le monde salarié s'est approprié les principaux éléments qui caractérisent la civilisation industrielle au xx e  siècle et les a appliqués aux grèves. Parmi eux, on peut noter : la rationalisation scientifique, d'où l'effort pour rationaliser et planifier tout l'ensemble des grèves dont les formes ont profondément changé ; la primauté dévolue à l' […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/greve/#i_42686

OBSERVATION (sciences sociales)

  • Écrit par 
  • Laurent WILLEMEZ
  •  • 1 075 mots

L’observation, qu’elle soit ou non participante, fait désormais partie des méthodes canoniques des sciences sociales, transmises aux étudiants dans les enseignements de sociologie et d’anthropologie et utilisées dans un grand nombre de recherches et sur une multiplicité de terrains. En France, cette généralisation des usages de l’observation renvoie à ce que l’on pourrait appeler un « tournant et […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/observation-sciences-sociales/#i_42686

PROFESSIONS SOCIOLOGIE DES

  • Écrit par 
  • Jean-Michel EYMERI-DOUZANS
  •  • 3 415 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « La sociologie française et les professions »  : […] En dépit des raisonnements précurseurs de Durkheim, la notion de profession a ensuite été délaissée par notre tradition sociologique, tandis que l'I.N.S.E.E. organisait cette singularité française d'une mise en cases, en ordre et en sens de notre population dans et par une nomenclature des « catégories socioprofessionnelles » (C.S.P.) , devenues « professions et catégories sociales » (P.C.S.). I […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/sociologie-des-professions/#i_42686

RECONNAISSANCE, sociologie

  • Écrit par 
  • Wenceslas LIZÉ
  •  • 1 058 mots

La notion de reconnaissance doit une part de son succès à l’omniprésence des phénomènes qu’elle désigne dans le fonctionnement du monde social. Pour saisir simplement cette notion particulièrement labile, on peut dire que la reconnaissance a lieu à chaque fois qu’un individu, un groupe ou une institution valide une identité revendiquée par autrui (celle d’« artiste », par exemple) ou le crédite d […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/reconnaissance-sociologie/#i_42686

TOURAINE ALAIN (1925- )

  • Écrit par 
  • François DUBET
  •  • 981 mots

Né en 1925, normalien agrégé d'histoire et diplômé de l'E.H.E.S.S., Alain Touraine a forgé sa vocation de sociologue au moment où la France s'engageait dans la reconstruction et dans une grande modernisation industrielle. Ses travaux de sociologie du travail ont été guidés par un double refus : celui de la sociologie fonctionnaliste américaine, incarnée alors par Talcott Parsons, et celui d'un ma […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/alain-touraine/#i_42686

Voir aussi

Pour citer l’article

François VATIN, « TRAVAIL SOCIOLOGIE DU », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/sociologie-du-travail/