SOCIO-HISTOIRE

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Socio-histoire et construction d'objet

La seconde exigence que se fixe la démarche socio-historique tient au respect des principes épistémologiques de construction de l'objet de recherche posés, en 1968, par Pierre Bourdieu, Jean-Claude Chamboredon et Jean-Claude Passeron dans Le Métier de sociologue. Attachée au principe de la reformulation des « problèmes » d'actualité ou des enjeux de mémoire, en questions proprement scientifiques définies par les étapes de la recherche, la démarche socio-historique a pu être définie comme une « histoire-problème », une histoire du « passé-présent » (Gérard Noiriel), en référence aux fondateurs des Annales, Marc Bloch et Lucien Febvre. Saisir l'historicité des phénomènes sociaux contemporains, c'est tout à la fois en reconstituer la genèse (le passé du présent), examiner pour eux-mêmes les processus du passé à l'origine du présent (le présent du passé), rendre visibles, du même coup, tous ceux qui n'ont pas abouti (le passé du passé). Le recours à la conceptualisation sociologique permet alors de rompre avec ces prénotions que sont les questions politiquement et socialement constituées.

La construction de l'objet concerne ensuite l'élaboration du corpus de sources. Contre l'érudition pointilliste, la démarche socio-historique rejette l'idée que la série de cartons d'archives puisse, de par la seule homogénéité nominale de son contenu, circonscrire un objet d'étude : ce n'est pas le carton qui fait l'objet, mais l'objet qui fait le carton (selon l'expression de Michel Offerlé). Considérant en outre que le point de vue crée l'objet, le socio-historien ne s'interdit a priori le recours à aucun des savoir-faire des sciences sociales pour interroger les sources, et adosse à la conceptualisation sociologique aussi bien les outils de l'historien (archive, histoire orale) que ceux de l'ethnographe (observation participa [...]

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  • : chargé de recherche au CNRS, Centre universitaire de recherches administratives et politiques de Picardie
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  • Écrit par 
  • Patrick LEHINGUE
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Dans le chapitre « La socio-histoire comme détour de production »  : […] Dans le concert international des études sur le vote, un pays comme la France se singularise moins par ce brillant prophète sans grand successeur qu'a été Siegfried que par l'inventivité et les apports des recherches socio-génétiques. À partir de « l'invention » et plus encore des « appropriations pratiques » des instruments du cérémonial électoral (l'urne, l'isoloir, le décompte des bulletins), c […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/elections-sociologie-electorale/#i_57388

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Pour citer l’article

Nicolas MARIOT, François BUTON, « SOCIO-HISTOIRE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 septembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/socio-histoire/