SLAVES DU SUD (ART DES)

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Bulgarie

Les sources de l'art bulgare

Ce sont les Thraces qui ont laissé les premières œuvres importantes sur les terres bulgares. Ils occupent les régions centrales et orientales de la péninsule balkanique jusqu'à la fin du deuxième millénaire avant J.-C. et maintiennent de fructueuses relations séculaires avec le monde égéen. L'admiration avec laquelle Homère parle de leur orfèvrerie atteste la renommée de leur artisanat : ils sont aussi habiles que leurs voisins dans l'art de travailler les métaux précieux, et le bestiaire fantastique qu'ils créent rivalise avec succès avec les modèles scythes. Les trésors trouvés à Panagjurište, Letnitza, Vratza, Valtchidram, Lukovit, etc., démontrent l'extension de leurs relations avec la civilisation du Proche-Orient ainsi que la richesse de leurs propres vues esthétiques. Leurs chefs furent inhumés dans des sépultures dont certaines impressionnent par leurs dimensions et leurs hourds qui évoquent les tombeaux de Mycènes (tel le tombeau de Mézek) et d'autres frappent par la splendeur de leurs peintures. Bien qu'elles n'aient pas été célébrées dans les œuvres de Xénocrate et de Philostrate, les fresques du tombeau de Kazanluk (ive s. av. J.-C.) peuvent être comparées aux œuvres classiques grecques les plus célèbres.

La fondation des colonies grecques sur le littoral ouest de la mer Noire – Odessos (actuellement Varna), Apolonia (Sozopol), Messembria (Nesebr), etc., entre le viiie et le viie siècle avant J.-C. – ouvre une nouvelle page dans l'histoire de l'art thrace. Les navires des nouveaux conquérants transportent non seulement des guerriers, des olives et des vins, mais aussi des amphores, des sculptures en pierre et des objets d'or. Ces œuvres introduisent l'esthétique du siècle de Périclès, dont les canons savants reconsidérés sous l'angle des anciennes traditions locales deviennent la base d'une production artistique très variée. Aussi, lorsque les légions de Vespasien et de Trajan font de ces terres des provinces romaines, les voies d'acheminement de la culture antique deviennent-elles plus aisées. Des rives du Danube, où se dressent des villes fortes comme Durastrum (l'actuelle Silistra) et Ulpia-Escus (près du village de Guiguen), jusqu'à la vallée de la Maritza, où selon la mythologie Orphée a pleuré Eurydice, on trace des routes, on construit des aqueducs, des ensembles urbains dotés d'amphithéâtres, de temples et de thermes. Des portraits réalistes et des copies d'antiques célèbres embellissent les habitations des vivants, tandis que des sarcophages de pierre aux motifs hellénistiques (guirlandes, bucranes et feuilles d'acanthe) assurent le calme aux morts. Les édifices publics et les maisons sont ornés de colonnades et de mosaïques ; les sépultures de peintures murales possédant souvent de hautes qualités artistiques (les fresques du tombeau de Silistra, iiie s. ; les mosaïques de la villa située près d'Armira, département d'Ivailovgrad, ive s.). Pour les temples et les sanctuaires, on décore de petites plaques à l'effigie de Dionysos, de Diane, d'Hercule, et le plus souvent d'Éros, le dieu-cavalier qui était particulièrement vénéré par la population thrace. On retrouve nombre de motifs de ces cultures dans les œuvres du premier art chrétien. Les fondations et les parties conservées des superstructures des basiliques de Hissar (département de Plovdiv), de Nesebr, aux environs de Pleven (lieu dit Kailaka), et d'autres, les fragments de la décoration murale de l'église Rouge, près du village de Peruchtitza, les sépultures de l'actuelle église Sainte-Sophie de Sofia prouvent que le processus de développement de l'art nouveau se déroula sur les terres bulgares au même rythme et avec une égale ampleur que dans les autres régions du monde chrétien oriental. Les acquisitions de toutes ces cultures ont une grande importance pour le développement de l'art bulgare du Moyen Âge, bien qu'elles aient été rejetées par l'Église chrétienne comme tout l'héritage de l'Antiquité païenne. Leur utilisation représente assez souvent un préalable à la conquête de nouveaux résultats artistiques. La parenté des motifs tératologiques thraces avec les figures les plus caractéristiques de la sculpture décorative bulgare des ixe et xe siècles, ainsi que la re [...]

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Monastère Saint-Pantéléimon, mont Athos, Grèce

Monastère Saint-Pantéléimon, mont Athos, Grèce
Crédits : M. Gray/ National Geographic/ Getty

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Église de la Dormition à Gracanica, Kosovo

Église de la Dormition à Gracanica, Kosovo
Crédits : Bridgeman Images

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Athanas BOJKOV, Vajislav DJURIC, « SLAVES DU SUD (ART DES) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 avril 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/slaves-du-sud-art-des/