WEIL SIMONE (1909-1943)

Les trois leçons de Simone Weil

Née à Paris, dans une famille d'israélites cultivés, Simone Weil, élève d'Alain, dont elle retient le rationalisme volontaire, devient agrégée, professeur de philosophie, et déjà milite dans le mouvement anarchiste. Elle décide, en 1934 et 1935, de travailler en usine comme manœuvre sur machines à l'entreprise Alsthom, puis chez Renault. Elle s'engage, en 1936, aux côtés des républicains dans la guerre d'Espagne. Elle professe cependant face à la montée du nazisme un pacifisme résolu, qui se mue, après l'entrée des Allemands à Prague en 1938, en appel à la lutte armée contre Hitler. L'occupation de Paris, en juin 1940, lui fait gagner Marseille, puis l'Ardèche, où elle travaille comme ouvrière agricole. Sa découverte du Christ, qui s'approfondit, a alors pour interlocuteurs à Marseille le père Perrin, à Saint-Marcel-d'Ardèche Gustave Thibon. Puis, par le Maroc et les États-Unis, où sa famille a fui la persécution, elle gagne Londres où elle travaille dans les bureaux de la « France libre », et demande à rejoindre le combat de la résistance sur le sol national. Malade, elle se laisse peu à peu mourir de faim à Ashford (Kent).

Cette vie, cette mort sont déjà sa doctrine, qu'on manquerait à ne chercher que dans ses écrits proprement spirituels, qui datent presque tous des années 1940-1943. Avant même d'ouvrir ses ouvrages posthumes, on peut retenir trois leçons. La première est celle de l'analyse politique. Elle a démonté les ressorts de la redoutable frénésie du nazisme, et cela dès 1932. Le nazisme n'est pas la création d'Adolf Hitler : c'est une maladie de l'âme moderne, qui a livré celle-ci au premier chef de bande. Dans l'Allemagne de 1932, Simone Weil voit la tragédie se nouer, autant par la démission des élites bourgeoises que par la division entre les partis populaires. Hitler encourage les ouvriers en grève, les communistes allemands les désavouent, Hitler enfin les mate. Qu'on accepte ou non les positions personnelles de Simone Weil, l'acuité des [...]


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François HEIDSIECK, Sylvie COURTINE-DENAMY, « WEIL SIMONE - (1909-1943) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 septembre 2017. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/simone-weil/