SIKKIM

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Le milieu naturel

Son unité physique est nette et sa constitution simple. Le haut bassin de la Tista, qui en forme l'essentiel, est vigoureusement circonscrit par des montagnes élevées. Au nord, il est limité par la haute chaîne du Grand Himalaya, ici mince et dépassant 6 000 mètres. À l'est et à l'ouest, il en part deux grands éperons nord-sud, qui forment des cloisons remarquables. À l'ouest, la chaîne des Singalila est très élevée et très continue. Elle se raccorde à la haute chaîne par le massif du Kanchenjunga (8 586 mètres d'altitude), qui est le troisième plus haut sommet de l'Himalaya et du monde. À l'est, la chaîne de Donkhya est moins élevée, et comporte plusieurs cols aisément franchissables, menant vers la vallée de la Chambi. Celle-ci, orientée du nord au sud, forme à l'est du Sikkim un saillant de la province chinoise du Xiziang (Tibet) le séparant du Bhoutan. Les cols offraient des voies de passage vers les centres les plus importants du Tibet, et notamment vers Lhasa. Le plus connu est celui de Tong La, situé à 4 600 mètres d'altitude, mais largement ouvert et assez facilement franchissable. La largeur du bassin de la Tista, la profondeur de la vallée aussi s'expliquent par l'humidité du climat, liée aux abondantes pluies de mousson qui s'abattent pendant l'été, et par la prépondérance de roches résistant mal à l'érosion (schistes plus ou moins métamorphiques essentiellement). La pyramide du Kanchenjunga, en revanche, est due à l'affleurement d'une masse cristalline au cœur d'un gigantesque anticlinal.

Malgré la simplicité des grandes lignes du relief, le Sikkim est varié en raison de l'étagement des zones climatiques, et donc de la végétation et de l'agriculture, et aussi à cause de la diversité ethnique, linguistique et culturelle des populations.

Les plus hautes régions du Sikkim sont à plus de 8 000 mètres d'altitude, mais les plus basses, très restreintes il est vrai, sont aux environs de 200 mètres. L'organisation de l'espace est donc essentiellement fonction de l'étagement.

Au sud, quelques vallées appartiennent à la zone tropicale, avec une forêt de feuillus de climat chaud et des cultures de riz. La partie la plus vivante du pays s'étend entre 1 200 et 2 200 mètres environ, avec un climat de type déjà tempéré, une forêt de feuillus semblables à ceux de l'Europe occidentale. La culture dominante est celle du maïs, associée à celle de l'orge, de l'avoine, des cardamomes. L'élevage repose sur l'utilisation des yacks, mais aussi d'un hybride yack-vache, le zomo. Les fonds de vallée, très étroits à cette altitude, où l'empreinte glaciaire est faible, sont assez peu occupés. Les hommes sont installés sur des versants, soigneusement aménagés en terrasses, sur lesquels les habitations se dispersent. Il n'est pas rare de voir un même groupe humain exploiter des champs étagés sur plusieurs centaines de mètres de dénivelé, voire sur plus de mille.

De 2 200 à 3 600 mètres environ règne un climat tempéré froid, avec encore des feuillus, mais moins de défrichements. Le maïs cède ici la place au blé, aux pommes de terre. La forêt de conifères, entre 3 000 et 3 600 mètres, est utilisée comme zone pastorale, avec d'importants mouvements de troupeaux, car la neige y est assez abondante chaque hiver. Cet élevage utilise aussi la zone des alpages, de 3 600 à 5 000 mètres environ, au-dessus de laquelle commencent les neiges persistantes.

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 6 pages

Écrit par :

Classification

Autres références

«  SIKKIM  » est également traité dans :

LEPCHA ou RONG

  • Écrit par 
  • Yvan BARBÉ
  •  • 451 mots

Population habitant le Népal oriental, le Bhoutan occidental, l'État indien du Sikkim et le district de Darjeeling (Inde). Leur nombre est évalué à environ 76 000. Il semble que les Lepcha, qui s'appellent eux-mêmes Rong (« ravins »), soient les plus anciens habitants du Sikkim, car ils ne possèdent aucune tradition de migration et situent la demeure de leurs ancêtres dans une des vallées du Kangc […] Lire la suite

TIBET (XIZIANG)

  • Écrit par 
  • Chantal MASSONAUD, 
  • Luciano PETECH, 
  • David SNELLGROVE, 
  • Pierre TROLLIET
  • , Universalis
  •  • 26 829 mots
  •  • 12 médias

Dans le chapitre « Le Tibet entre l'Angleterre et la Chine »  : […] Depuis 1792, le Tibet s'était hermétiquement fermé aux étrangers, le clergé et le gouvernement impérial étant d'accord pour mener cette politique. Mais elle se heurtait de plus en plus à l'expansion anglaise ; pour les vice-rois de l'Inde britannique, qui se méfiaient des intrigues russes en Asie centrale, le Tibet était le glacis de la forteresse indienne et ils croyaient ne pouvoir s'en désinté […] Lire la suite

Pour citer l’article

François DURAND-DASTÈS, Chantal MASSONAUD, « SIKKIM », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/sikkim/