SHI JING [CHE KING]

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Étude chronologique des pièces

Nous étudierons ces pièces dans leur ordre chronologique, c'est-à-dire dans l'ordre inverse du précédent.

Les chants religieux sont en effet les textes les plus anciens ; ces poèmes étaient chantés lors des danses religieuses ou des sacrifices offerts aux grands rois de la dynastie des Zhou, ainsi qu'à certaines divinités naturelles. Ils ont une forme assez primitive ; le style est simple, sans ornement, la rime est absente ou très irrégulière, la strophe n'existe pas encore. Plutôt que de préoccupations littéraires, ils témoignent du sentiment religieux de l'époque. On croit qu'ils datent des quatre premiers rois de la dynastie (c'est-à-dire, approximativement, du xe s. av. J.-C.). Les hymnes du pays de Lu sont sensiblement postérieurs et imités de ceux des Zhou, de même que les hymnes dits des Shang qui ne datent pas de cette dynastie, mais proviennent de la principauté de Song.

Les poèmes de cour, petits et grands Ya, sont moins anciens et plus élaborés. Ils comprennent des pièces narratives, des panégyriques commémorant l'investiture d'un prince ou la fondation d'une ville seigneuriale, et d'autres poèmes, les uns lyriques, les autres satiriques critiquant les mœurs décadentes ; d'autres enfin évoquent les malheurs de la guerre. Au cours des banquets, on avait l'habitude de répartir les convives appartenant à des maisons princières distinctes en deux groupes antagonistes qui s'adonnaient à des sortes de joutes poétiques. Chaque convive choisissait un poème en rapport avec la circonstance, et le faisait chanter par des chanteurs accompagnés de musiciens. Si le groupe d'en face ne savait y répondre par un morceau approprié, il était perdant ; parfois même, une bagarre s'ensuivait.

Les ministres et les grands faisaient un autre usage encore des petits Ya : leur symbolisme bien connu et admis permettait de les citer pour adresser subtilement des remontrances au prince sans arrogance apparente. De plus grande valeur littéraire que les Song, les poèmes Ya sont parfois très expressifs par la vérité des sentiments et le caractère concret, év [...]

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Écrit par :

  • : maître assistant honoraire de l'Institut national des langues et civilisations orientales

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Pour citer l’article

Odile KALTENMARK, « SHI JING [CHE KING] », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 octobre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/shi-jing-che-king/