SHARAKU TŌSHŪSAI (actif 1794-1795)

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Le peintre du théâtre

L'ère Kansei (1789-1801), durant laquelle Sharaku a travaillé, correspond, avec la période précédente (ère Temmei, 1781-1788), à l'âge d'or de l'Ukiyo-e et au point culminant de la culture des riches marchands d'Edo. Le théâtre kabuki jouit toujours d'une grande popularité et ses acteurs sont les idoles du peuple. C'est parmi les trois troupes d'Edo – Miyako-za, Kawarazaki-za, Kiri-za – que Sharaku prend ses modèles. La grande majorité de ses estampes, en effet, sont des portraits d'acteurs. Il faut y ajouter ceux de quelques lutteurs de sumo (lutte japonaise) et de rares images de guerriers. L'estampe de théâtre est l'héritière d'une longue tradition, maintenue depuis la fin du xviie siècle par l'école des Torii. Ceux-ci cherchaient surtout à évoquer l'atmosphère du kabuki, la somptuosité de ses costumes, les attitudes outrées de ses acteurs. Au cours du xviiie siècle, avec Bunchō, Shunshō, Kiyonaga, le réalisme se développe avec des visages « à la ressemblance » (nigao-e), qui conduisent au portrait en buste (okubi-e). Sharaku donnera à cette formule une expression magistrale.

L'œuvre de Sharaku se répartit en quatre groupes, qui jalonnent l'évolution de son art :

– 28 estampes de format ōban (38,2 × 23 cm), portraits en buste, à fond micacé (kirara), d'acteurs ayant joué dans les trois théâtres durant le cinquième mois de 1794 ;

– 38 estampes, dont 8 ōban et 30 hosoban (33 × 14,3 cm), portraits en pied, avec parfois deux personnages groupés, correspondant aux représentations données durant les septième et huitième mois de 1794 ;

– 61 estampes, dont 3 ōban, 45 hosoban et 13 aiban (34,5 × 22,6 cm), se référant au onzième mois de 1794 : portraits d'acteurs en pied (sauf trois en buste) et quatre portraits d'athlètes ayant participé à un tournoi de sumo durant le même mois ;

– 14 estampes (1 ōban, 10 hosoban, 3 aiban), portraits en pied d'acteurs, de guerriers et d'un lutteur, datant de la saison du nouvel an (début 1795).

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Dans le chapitre « Les grands genres de l'Ukiyo-e »  : […] Attentive aux intérêts les plus variés d'une société dont elle se voulait l'interprète, la xylographie ukiyo-e aborda pratiquement tous les sujets. Mais elle montra une prédilection pour le portrait de jolies femmes (souvent lié à l'érotisme ) et le portrait d'acteurs de kabuki , ainsi que pour le paysage. Tout au long de sa carrière, l'Ukiyo-e fit une place privilégiée à la […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/japon-arts-et-culture-les-arts/#i_38400

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Daisy LION-GOLDSCHMIDT, « SHARAKU TŌSHŪSAI (actif 1794-1795) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 septembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/sharaku-toshusai-actif-1794-1795/