TAMOUL SÉPARATISME, Sri Lanka

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

La situation avant 1980

Jusque dans les années 1950, une forme de coopération existe entre les bourgeoisies tamoule et cinghalaise, toutes deux anglophones, qui jouissent d'un traitement de faveur. Mais après l'arrivée au pouvoir de S.W.R.D. Bandaranaike, chef du Parti de la Liberté du Sri Lanka (S.L.F.P.), dont le programme exalte la religion bouddhiste, ainsi que la langue et la culture cinghalaises, les violences entre Cinghalais et Tamouls éclatent dès 1956 à Colombo et dans les colonies de peuplement de l'Est. Le Parti fédéral tamoul (F.P.), tout en acceptant le jeu politique, revendique alors l'établissement d'un État linguistique tamoul au sein d'une union fédérale. Un accord est signé en 1957 entre Bandaranaike et Chelvanayakam, dirigeant du parti fédéral tamoul ; il reconnaît la langue tamoule comme langue de l'administration dans le Nord et l'Est et accorde aux Tamouls une certaine autonomie. Cela laisse présager une détente ; mais les groupes extrémistes au sein du S.L.F.P. et de l'United National Party (parti conservateur d'opposition) contraignent le Premier ministre à annuler le pacte en avril 1958. Quatre jours de violences, qui font entre 300 et 400 victimes, enveniment les relations entre les deux communautés qui vivaient jusque-là en bonne entente.

La Constitution de 1972, qui accorde à la langue cinghalaise et à la religion bouddhiste une place privilégiée, achève de dresser les Tamouls contre l'État. La même année, Velupillai Prabhakaran et trente jeunes hommes forment les Tamil New Tigers. En 1976, le parti séparatiste Tamil United Liberation Front ou T.U.L.F. (fusion du F.P. et du Tamil Congress) revendique un État indépendant et laïque, l'Eelam, alors que les Tamil New Tigers deviennent les Liberation Tigers of Tamil Eelam (Tigres de libération de l'Eelam tamoul, L.T.T.E.) et commencent à utiliser la violence pour atteindre ce même objectif.

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 4 pages

Écrit par :

  • : doctor of philosophy (D. Phil Oxon), university of Oxford, senior lecturer, department of history and political science, university of Colombo

Classification

Autres références

«  TAMOUL SÉPARATISME, Sri Lanka  » est également traité dans :

BANDARANAIKE KUMARATUNGA CHANDRIKA (1945- )

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 670 mots

Membre d'une famille politique influente au Sri Lanka, Chandrika Bandaranaike Kumaratunga fut la première femme à présider le pays, de 1994 à 2005. Née le 29 juin 1945 à Colombo, dans l'île de Ceylan (auj. Sri Lanka), Chandrika Bandaranaike est la fille de deux anciens Premiers ministres. Son père, S.W.R.D. Bandaranaike, fondateur du Parti de la liberté de Sri Lanka (socialiste) dirigea le gouver […] Lire la suite

DHEEPAN (J. Audiard)

  • Écrit par 
  • René PRÉDAL
  •  • 1 026 mots

Dans le chapitre « L’homme qui n’aimait plus la guerre »  : […] Le projet initial était de « faire un remake des Chiens de paille dans une cité d’aujourd’hui » (J. Audiard, Positif n°655, septembre 2015). De fait, comme chez Sam Peckinpah ( Straw d ogs , 1971), le héros est un homme tranquille qui se transforme un jour en justicier sauvage pour sauver sa famille. Schéma commun à beaucoup de films américains (pas seulement des westerns, mais aussi des films d […] Lire la suite

JAFFNA

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 311 mots

La ville de Jaffna (145 600 hab., estim. 2001) est située sur la péninsule plate et sèche de l'extrême nord de l'île du Sri Lanka. Son port, relié au reste du pays par route et par voie ferrée, assure le transit des produits agricoles de la péninsule et des îles voisines. Aujourd'hui ce n'est plus un très grand port, mais il a conservé un certain volume d'échanges avec l'Inde méridionale. La pêch […] Lire la suite

PRABHAKARAN VELUPILLAI (1954-2009)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 222 mots

Né le 26 novembre 1954 à Valvedditturai, dans la péninsule de Jaffna, à Ceylan (aujourd'hui Sri Lanka), Velupillai Prabhakaran fonde en 1972 les Tamil New Tigers, rebaptisés Liberation Tigers of Tamil Eelam (Tigres de la libération de l'Eelam tamoul, L.T.T.E.). Il fait bientôt de cette organisation rebelle l'une des plus actives du monde. Prabhakaran consacre sa vie à réaliser son objectif : ét […] Lire la suite

SRI LANKA

  • Écrit par 
  • Osmund BOPEARACHCHI, 
  • Delon MADAVAN, 
  • Éric MEYER, 
  • Édith PARLIER-RENAULT
  •  • 21 644 mots
  •  • 16 médias

Dans le chapitre « Le retour au libéralisme économique et la montée du séparatisme tamoul »  : […] En juillet 1977, le S.L.F.P. subit une défaite électorale sans précédent. La gauche s'effondre, perdant toute représentation parlementaire. Le nouveau dirigeant de l'U.N.P., J. R.  Jayawardene, est issu de la classe politique établie, mais il s'est entouré d'hommes nouveaux, comprenant qu'un apport populiste pouvait régénérer son parti. Il inverse aussitôt la stratégie économique poursuivie par M […] Lire la suite

TERRORISME

  • Écrit par 
  • Gérard CHALIAND, 
  • Pierre DABEZIES, 
  • Sylvia PREUSS-LAUSSINOTTE, 
  • Jean SERVIER
  •  • 13 244 mots
  •  • 11 médias

Dans le chapitre « Une nouvelle formule : l'attentat-suicide »  : […] Les Tigres tamouls du Sri Lanka ont formé une des plus redoutables organisations dites terroristes. Il s'agit en fait, comme dans le cas du Hezbollah libanais, d'un mouvement politique menant des opérations militaires de guérilla, mais recourant aussi aux attentats terroristes. Le mouvement indépendantiste des Tigres de la libération de l'Eelam tamoul (Liberation Tigers of Tamil Eelam, L.T.T.E.) […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Nira WICKRAMASINGHE, « TAMOUL SÉPARATISME, Sri Lanka », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 octobre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/separatisme-tamoul-sri-lanka/