SÉCRÉTIONS VÉGÉTALES

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Les appareils sécréteurs

Morphologie

Les appareils sécréteurs peuvent être constitués de cellules isolées ou groupées, d'origine épidermique ou parenchymateuse, ainsi que de poils épidermiques, de canaux ou de poches.

Rose, pélargonium, lavande, orange : appareils sécréteurs

Diaporama : Rose, pélargonium, lavande, orange : appareils sécréteurs

Morphologie d'appareils sécréteurs (d'après H. Camefort, 1972). 

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Lactifères : appareils sécréteurs

Dessin : Lactifères : appareils sécréteurs

Morphologie d'appareils sécréteurs (d'après H. Camefort, 1972). 

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Les cellules sécrétrices élaborent des essences (rose), des mucilages (mauve) ou, pour certaines d'entre elles, un liquide sucré, le nectar, qui, par l'attrait qu'il présente pour les insectes et par sa localisation fréquente dans les pièces florales, favorise la pollinisation. Les poches et les canaux montrent en coupe ( d) une cavité centrale remplie du produit de la sécrétion ; cette cavité est parfois limitée par une bordure de cellules qui peuvent ou non jouer un rôle dans la sécrétion (cf. infra). Selon que le produit formé est libéré dans l'espace intercellulaire (correspondant à la lumière du canal ou de la poche), avec ou sans destruction de la membrane des cellules, on dit que le canal ou la poche a une origine lysigène ou schizogène.

L'appareil sécréteur du latex comprend deux types d'éléments : les laticifères vrais ou non articulés ( b), issus de l'allongement d'une seule cellule qui entre en division sans cytodiérèse (coenocyte), et les laticifères articulés ( a), constitués de cellules disposées en files ou articles ; chez ceux-ci, les cellules formant une sorte de canal restent distinctes (liseron), ou entrent en communication par des pores (chélidoine). On a montré que ces canaux à latex s'édifient soit à partir d'un nombre limité de cellules embryonnaires s'allongeant avec la plante, soit par différenciation de nouvelles cellules formées continuellement dans les méristèmes.

Lactifères : appareils sécréteurs

Dessin : Lactifères : appareils sécréteurs

Morphologie d'appareils sécréteurs (d'après H. Camefort, 1972). 

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Lactifères : appareils sécréteurs

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Les canaux à mucilage des Sterculiacées sont constitués de cellules qui accumulent du mucilage. Au cours de l'évolution du canal, les cellules périphériques, comprimées par la sécrétion des éléments centraux, prennent l'apparence de cellules bordantes. Au contraire, lors de la sécrétion d'essences et de résines (oranger, Conifères) dans des poches ou des canaux, le produit élaboré est émis par des cellules de bordure et s'accumule au centre de la formation ( d).

Cytophysiologie

On distingue deux processus physiologiques de sécrétion au niveau cellulaire selon qu'il s'agit de la sécrétion de substances hydrophiles ou hydrophobes.

Dans le premier type, caractérisé par la sécrétion de substances hydrophiles, l'appareil de Golgi joue un rôle prépondérant : les vésicules émises par les dictyosomes apparaissent remplies d'une substance en général glucidique (mucilage et nectar) ; elles migrent selon une polarité définie et se déchargent à l'extérieur au travers du plasmalemme. Des mucilages se forment ainsi couramment au niveau de la coiffe des racines ; suivant les conditions de température et d'humidité ambiante, on a observé une véritable exsudation de gouttelettes de mucilage à l'extrémité de la racine ou bien une simple sécrétion au-dessous des membranes pectocellulosiques. Dans ces cellules, on observe toujours un nombre particulièrement élevé de dictyosomes de grande taille ; les vésicules golgiennes ont alors pour rôle de véhiculer le composant glucidique, comme elles le font au cours de la formation de la membrane pectocellulosique.

Dans le cas des cellules à mucilage situées à l'intérieur même des parenchymes ou dans les épidermes, le produit sécrété demeure toujours sous la membrane pectocellusosique, qu'il peut faire éclater sous sa pression (pseudo-poches). Contrairement au cas précédent, sous l'influence du produit sécrété, la sécrétion s'arrête par « étouffement », puis dégénérescence du cytoplasme. L'examen de ces mucilages au microscope électronique montre une structure fibreuse, analogue à celle des membranes pectiques. Le rôle de l'appareil de Golgi dans la sécrétion des mucilages a également été mis en évidence dans certains poils sécréteurs (poils peltés de Pharbitis, poils des plantes carnivores, Pinguicula, Drosera) ou dans les enveloppes de certaines graines (Psyllium) et fruits (Hibiscus). Le revêtement mucilagineux de nombreuses algues microscopiques (Desmidiées) ou des grandes algues marines (Laminaires) se forme de la même façon.

Les nectaires sont des groupements de cellules qui sécrètent une solution concentrée essentiellement composée de glucides. Cette sécrétion met en œuvre à la fois le réticulum endoplasmique et l'appareil de Golgi, le nombre des dictyosomes étant en rapport avec la quantité de nectar formé (observations sur le nectaire du stipule de la fè [...]

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Philippe BOUCHET, Jean-Charles MESTRE, « SÉCRÉTIONS VÉGÉTALES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/secretions-vegetales/