SÉBASTIEN EN RÊVE, Georg TraklFiche de lecture

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Une poésie de l'angoisse et de la souffrance

Tout dans « Sébastien en rêve » est voué à la mort, à l'angoisse et à la souffrance : les êtres humains, mais aussi les animaux, la nature tout entière et même les objets façonnés par l'homme.

Le langage poétique tend vers le silence (« Ô le silence d'une marche au long de la rivière bleue »). L'infirmité des mots de la langue ordinaire, leur inaptitude à dire l'inexprimable obligent le poète à créer un nouveau code de couleurs et de sonorités fortement expressives, un code instauré aux limites du secret, du mystère et de l'ésotérisme. Dans les vers suivants se condensent le culte de la musique, le double mouvement de postulation confiante et de chute mortelle, et le sens de la composition colorée par-delà tout réalisme descriptif et tout symbolisme conventionnel, qui font la puissance poétique de Georg Trakl : « Ô la proximité de la mort. Dans le mur de pierre/ S'inclinait une tête jaune, silencieux l'enfant,/ Quand dans ce mois de mars la lune dépérissait. »

Le silence de mort qui s'installe à la fin de « Sébastien en rêve » est à la fois le silence qui triomphe après que s'est tu le bruit factice des mots humains et le silence dans lequel est plongée toute transcendance depuis que Dieu est mort.


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Jacques LE RIDER, « SÉBASTIEN EN RÊVE, Georg Trakl - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/sebastien-en-reve/