SCULPTURECatégories

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Les types

Très schématiquement, le type d'une sculpture se définit d'abord selon sa localisation : selon qu'elle est intégrée ou non à un ensemble plus vaste, en général de caractère architectural, elle sera qualifiée de sculpture monumentale ou de sculpture indépendante. Il peut aussi se définir en fonction d'un critère intrinsèque : si elle traduit pleinement le volume dans un espace à trois dimensions, elle est qualifiée de ronde-bosse ; si elle est conçue comme un ensemble de saillies se dégageant plus ou moins d'une surface, elle est tenue pour un relief.

Victoire de Samothrace

Photographie : Victoire de Samothrace

Photographie

La Victoire de Samothrace, vers 190 avant J.-C., marbre, hauteur 245 cm, avec la proue 328 cm. Musée du Louvre, Paris. 

Crédits : Slimewoo/ Shutterstock

Afficher

En fait, à l'intérieur de cette double alternative, il existe de nombreux cas ambigus. Faut-il considérer comme des sculptures monumentales les statues placées dans les tabernacles de l'église d'Or San Michele à Florence ? Doit-on qualifier de sculpture indépendante le gigantesque Daibutsu de Kamakura au Japon qui, par sa taille et son caractère « habitable », est presque en lui-même un monument d'architecture. De même, la frontière entre ronde-bosse et relief est très imprécise dans le cas des reliefs à très forte saillie où l'on se trouve presque en présence de figures en ronde bosse placées devant un fond (tympans gothiques du xiiie siècle).

Grand Buddha Amitabha (Daibutsu) de Kamakura

Photographie : Grand Buddha Amitabha (Daibutsu) de Kamakura

Photographie

Grand Buddha Amitabha («Daibutsu») de Kamakura, Kantō, 1252. Bronze, hauteur: 13 m. 

Crédits : E. Graf

Afficher

Notre-Dame de Rouen

Photographie : Notre-Dame de Rouen

Photographie

Scènes de la Passion et de la Résurrection sur le tympan du portail (transept sud) de la cathédrale de Rouen (XIIIe siècle). 

Crédits : Peter Willi/ Bridgeman Images

Afficher

C'est cependant dans le domaine du relief que les définitions sont le plus aisées à donner, car l'importance relative des éléments en saillie par rapport au fond sert de base au classement : relief gravé (respect du plan originel simplement parcouru de sillons), relief méplat (deux niveaux seulement : plan originel et fond), relief aplati (ensemble de saillies faibles et peu différenciées ; c'est le schiacciato italien), bas-relief (saillies faibles ne correspondant qu'au quart du volume réel de l'objet représenté), demi-relief (saillies correspondant à la moitié du volume réel) et haut-relief (les saillies sont suffisantes pour que les objets représentés soient presque totalement dégagés du fond). Il arrive que dans un même relief tous ces types soient associés afin d'introduire par le jeu des différents plans une notion d'espace, les premiers plans étant en haut relief [...]

Vierge à l'Enfant, A. di Duccio

Photographie : Vierge à l'Enfant, A. di Duccio

Photographie

Agostino di DUCCIO, Vierge à l'Enfant, marbre. Musée du Louvre, Paris. 

Crédits : Peter Willi/ Bridgeman Images

Afficher


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 6 pages

Médias de l’article

Victoire de Samothrace

Victoire de Samothrace
Crédits : Slimewoo/ Shutterstock

photographie

Grand Buddha Amitabha (Daibutsu) de Kamakura

Grand Buddha Amitabha (Daibutsu) de Kamakura
Crédits : E. Graf

photographie

Notre-Dame de Rouen

Notre-Dame de Rouen
Crédits : Peter Willi/ Bridgeman Images

photographie

Vierge à l'Enfant, A. di Duccio

Vierge à l'Enfant, A. di Duccio
Crédits : Peter Willi/ Bridgeman Images

photographie

Afficher les 4 médias de l'article


Écrit par :

  • : conservateur général chargé du département des Sculptures, musée du Louvre

Classification

Autres références

«  SCULPTURE  » est également traité dans :

SCULPTURE - Vue d'ensemble

  • Écrit par 
  • Henri VAN LIER
  •  • 1 408 mots

Lorsque, dans les débuts de la civilisation occidentale, Aristote se demande ce que sont les choses naturelles et artificielles, de quoi elles sont composées, et qu'il édifie alors la théorie des quatre causes (matérielle, formelle, efficiente, finale), il invoque avec prédilection l'exemple du sculpteur, à côté de celui de l'artisan. Et quand, à la fin du périple de l'Occi […] Lire la suite

SCULPTURE - L'espace sculptural

  • Écrit par 
  • Henri VAN LIER
  •  • 3 263 mots
  •  • 3 médias

Qu'elle soit de dimension réduite, comme les amulettes dont on joue dans la main ; ou se dresse à notre taille, comme la ronde-bosse classique ; ou nous domine, quand elle prend la forme du monument, menhir ou dolmen ; dans tous ces cas, la sculpture exige qu'on en fasse quelque peu le tour. Par opposition à l'architecture, masse englobante, et à la peinture, surface étalée et impondérable, elle e […] Lire la suite

SCULPTURE - Matériaux et techniques

  • Écrit par 
  • Jean-René GABORIT
  •  • 7 455 mots
  •  • 4 médias

Dresser un tableau exhaustif des matières premières utilisées par les sculpteurs est presque impossible. Des gemmes les plus précieuses au mélange de boue et de cendre humaine dont sont constituées certaines figures magiques de l'Asie centrale, il est peu de matériaux qui n'aient pu, à un moment ou à un autre de l'histoire, servir de support à l'art du sculpt […] Lire la suite

ACROLITHE STATUE

  • Écrit par 
  • Jean-René GABORIT
  •  • 419 mots

Dans son acception la plus rigoureuse, l'adjectif acrolithe sert à caractériser une statue dont la tête, les mains et les pieds sont taillés dans la pierre ou le marbre, tandis que le reste du corps est représenté à l'aide d'un matériau moins coûteux (plâtre, stuc, terre crue ou cuite, voire même simple bâti de bois dissimulé par des étoffes). On admet en général que ce type de figuration est d'or […] Lire la suite

AFGHANISTAN

  • Écrit par 
  • Daniel BALLAND, 
  • Gilles DORRONSORO, 
  • Mir Mohammad Sediq FARHANG, 
  • Pierre GENTELLE, 
  • Sayed Qassem RESHTIA, 
  • Olivier ROY, 
  • Francine TISSOT
  • , Universalis
  •  • 34 325 mots
  •  • 21 médias

Dans le chapitre « La période barbare »  : […] On connaît l'époque pendant laquelle les Saka, les Parthes et les Kouchans envahissent ou traversent l'Afghanistan pour aller en Inde (fin du ii e  siècle av. J.-C. -  ii e  siècle apr. J.-C.) sous le nom de période barbare. Les orfèvres saka connaissaient depuis longtemps les différentes techniques de transformation du métal, ainsi que le montage des pierres dures ; ils ont travaillé pour toutes […] Lire la suite

AFRIQUE NOIRE (Arts) - Un foisonnement artistique

  • Écrit par 
  • Louis PERROIS
  •  • 6 825 mots
  •  • 7 médias

Dans le chapitre « La sculpture »  : […] Les expressions esthétiques les plus connues de l'Afrique noire sont des objets sculptés, masques et statues, qu'on peut étudier en eux-mêmes, mais qui, il ne faut jamais l'oublier, participent d'une expression d'ensemble, irréductible aux seules formes plastiques. […] Lire la suite

AFRIQUE NOIRE (Arts) - Histoire et traditions

  • Écrit par 
  • Jean DEVISSE, 
  • Francis GEUS, 
  • Louis PERROIS, 
  • Jean POLET
  • , Universalis
  •  • 6 686 mots

Dans le chapitre « Entre l'au-delà et les vivants  »  : […] La religion fondamentale des peuples de l'Afrique équatoriale atlantique est le culte familial rendu aux ancêtres du lignage. Dans ces sociétés dont le fonctionnement repose quasi exclusivement sur la parenté et les relations de proximité, le culte des ancêtres avait, jusqu'au début du xx e  siècle, une grande importance pour assurer la cohésion sociale. Les individus se situent tous par rapport a […] Lire la suite

AFRIQUE NOIRE (Arts) - Aires et styles

  • Écrit par 
  • Claire BOULLIER, 
  • Geneviève CALAME-GRIAULE, 
  • Michèle COQUET, 
  • François NEYT
  • , Universalis
  •  • 15 141 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « La sculpture »  : […] L'art dogon est surtout connu pour ses sculptures. Les sculpteurs sont généralement les forgerons, sauf en ce qui concerne les masques, autrefois taillés par leurs porteurs. Beaucoup de ces œuvres sont liées à des institutions religieuses. D'autres sont des objets fonctionnels, mais ils sont décorés, leur facture est soignée et on les juge également « beaux » ( ezu , terme signifiant aussi « bon » […] Lire la suite

ARC DE TRIOMPHE

  • Écrit par 
  • Gilbert-Charles PICARD
  •  • 1 622 mots
  •  • 7 médias

Dans le chapitre « Origine et évolution des portes magiques »  : […] La signification de l'arc de triomphe s'explique par la plus ancienne religion romaine de la guerre ; à l'issue des campagnes, on faisait passer les guerriers sous une porte magique, pour les décharger des énergies destructrices qu'ils portaient en eux et qui auraient été dangereuses pour leurs compatriotes. Ces portes étaient placées soit à l'entrée de la ville, soit à l'entrée du forum. Il exis […] Lire la suite

ARCHITECTURE (Matériaux et techniques) - Bois

  • Écrit par 
  • Yves LESCROART
  •  • 4 628 mots
  •  • 22 médias

Dans le chapitre « Le décor des constructions de bois »  : […] La nature du bois le prédispose au ciseau du sculpteur et au pinceau de l'ornemaniste : sa matière ferme et fibreuse, perméable, en fait un support idéal que n'ont pas manqué d'exploiter les maîtres d'œuvre de chaque époque. En Norvège, plusieurs « stavkirke » du xii e siècle ont ainsi conservé leurs reliefs à entrelacs peuplés de monstres. En Extrême-Orient, les consoles des constructions sont […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Jean-René GABORIT, « SCULPTURE - Catégories », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 novembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/sculpture-categories/