SCANDINAVIE

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La Fenno-Scandie

Géologie

La Fenno-Scandie – limitée par la mer de Norvège sur sa façade occidentale, la mer du Nord et le Skagerrak au sud-ouest, la mer Baltique, le golfe de Finlande et les lacs Ladoga et Onega au sud-est, la mer Blanche et la mer de Barents au nord-est – forme un ensemble original dans la géologie européenne. En effet, le socle ancien, constituant le bouclier précambrien, appelé ici bouclier baltique, affleure largement dans cette région alors qu'ailleurs en Europe, et en particulier vers le sud-est, il est surmonté par une épaisse couverture sédimentaire. De plus, il est recouvert en écharpe par une chaîne de montagnes paléozoïques, les Calédonides, qui n'a pas d'équivalent sur l'ensemble de l'Europe. Une autre caractéristique de ce domaine est l'absence d'orogenèse cadomienne entre la fin du Précambrien et le cycle paléozoïque. Enfin, sa spécificité réside également dans la vigueur de son relief, relativement récent par rapport à l'âge des roches du substratum rocheux (bed-rock), ce relief étant à mettre en relation avec des événements tertiaires et quaternaires contemporains, pour les premiers, de l'ouverture de l'Atlantique nord et résultant, pour les seconds, des glaciations et des phénomènes associés.

La qualité des affleurements et la fraîcheur des roches du socle fenno-scandien en font une région privilégiée pour l'analyse des zones internes des orogènes et, d'une façon générale, pour l'étude de l'étage tectonique profond, ou « infrastructure ». C'est pourquoi de nombreux chercheurs ont utilisé, depuis la fin du xixe siècle, des exemples scandinaves et finlandais pour proposer des modèles géologiques. On peut citer les plus classiques : A. E. Törnebohm a mis en évidence l'existence de nappes de charriage (« nappes du second genre » de P. Termier) dans les Calédonides scandinaves ; P. Eskola y a défini les mantle gneiss domes et y a établi les principes des faciès minéralogiques, toujours appliqués pour l'étude des roches métamorphiques ; E. Wegmann y a pris des exemples pour préciser les notions d'étages tectoniques et J. J. Sederholm y a étudié le problème de la formation des granites et des migmatites.

Les méthodes d'études pour la Fenno-Scandie sont voisines de celles qui sont utilisées pour l'analyse des zones profondes des autres bâtis cristallophylliens. L'analyse structurale et la cartographie sont indispensables pour établir la géométrie des différents domaines. Les études pétrologiques et géochimiques, aussi bien celle des éléments majeurs que celle des isotopes, ont déjà fourni des résultats importants. Elles sont appelées, comme les précédentes, à être développées.

Le bouclier baltique

Le bouclier baltique forme la partie visible de la plate-forme est-européenne. Il s'agit d'un socle polyorogénique dont l'organisation spatiale présente des enveloppes successives dont l'âge diminue du nord-est au sud-ouest. On passe ainsi de roches mises en place au cours des cycles orogéniques archéens (antérieurs à 2 600 millions d'années, Ma) dans la presqu'île de Kola, dans la province Biélomorienne ou en Carélie, à des unités consolidées au cours du Protérozoïque (entre 2 500 et 900 Ma), lors des cycles svécofennien (de 2 000 à 1 700 Ma) dans la majeure partie de la Suède orientale, gothien puis svéconorvégien (de 1 300 à 900 Ma) dans la zone la plus occidentale du bouclier.

Le domaine archéen fenno-scandien a servi de base à des études concernant la formation précoce de la lithosphère. Il comporte plusieurs cycles successifs dont le plus ancien est l'orogène saamien (de 3 100 à 2 900 Ma), témoin de la plus vieille croûte continentale du bouclier baltique. Les roches archéennes les plus communes sont des granitoïdes, dont la composition, pour les plus vieilles, est tonalitique-trondhjémitique. Des observations géologiques et des mesures isotopiques mettent en évidence l'existence d'une ceinture de roches vertes reposant sur un socle granitoïdique plus ancien en Carélie, en Laponie et sur la péninsule de Kola. La suite magmatique saamienne proviendrait de la recristallisation d'une croûte tholéiitique (basaltique) précoce issue de la fusion du m [...]

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Écrit par :

  • : conservateur en chef du département médiéval du Musée historique de l'université d'Oslo
  • : professeur émérite (langues, littératures et civilisation scandinaves) à l'université de Paris-IV-Sorbonne
  • : directeur honoraire de l'Institut de géographie de l'université de Paris
  • : maître de conférences à l'université de Caen
  • : agrégée de l'Université, docteur en histoire, professeur d'histoire et géographie, chargée de cours à l'université de Rouen
  • : docteur ès sciences, maître de conférences

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Pour citer l’article

Martin Edvard BLINDHEIM, Régis BOYER, Georges CHABOT, Lucien MUSSET, Nicole PÉRIN, Jean-Michel QUENARDEL, « SCANDINAVIE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/scandinavie/