RAY SATYAJIT (1921-1992)

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Un héritier de la Renaissance bengali

Satyajit Ray est lui-même issu d'une famille d'écrivains, amis de Tagore. Son grand-père était imprimeur, éditeur traducteur et écrivain pour enfants, et son père, grand admirateur de Lewis Carroll et d'Edward Lear, est l'auteur d'une œuvre où l'on peut voir l'équivalent bengali d'Alice au pays des merveilles. À travers sa famille et Tagore, Satyajit Ray est aussi l'héritier d'un mouvement intellectuel de la seconde moitié du xixe siècle, connu sous le nom de Renaissance bengali. Ce mouvement, qui prônait un juste échange culturel entre l'Orient et l'Occident, s'est élevé contre le système des castes en Inde, dénonçant le dogmatisme religieux préconisé par les fondamentalistes hindous. Il a favorisé l'émancipation de la femme (thème central dans La Grande Ville et Charulata) et s'est vu naturellement associé aux grands mouvements progressistes qui contribuèrent, au début du siècle, à l'indépendance.

Héritier de la Renaissance bengali, Ray a choisi le cinéma pour se démarquer de la voie explorée par sa famille. Adolescent, à Calcutta, il découvre dans les salles obscures le cinéma américain classique (Lubitsch, Chaplin, Douglas Fairbanks), et c'est à Santiniketan, l'université fondée par Tagore, qu'il s'initie au début des années 1940 à l'art oriental (la peinture et la calligraphie chinoises). À son retour, il travaille comme dessinateur dans une agence de publicité, illustre des éditions de classiques pour enfants et fonde, en 1947, un ciné-club avec des amis, tourné vers le cinéma soviétique et américain. Le désir de véritablement faire du cinéma, Ray l'a éprouvé en rencontrant Jean Renoir, venu en 1949 faire des repérages puis tourner Le Fleuve à quelques kilomètres de Calcutta. Peu de temps après, le choc du néo-réalisme et la découverte du Voleur de bicyclette le mettent sur la voie de Pather Panchali.

À l'époque, pour tourner un film, il faut passer par l'assistanat, travailler avec des stars, accepter de tourner en studio. Autant de contraintes que refuse Ray. C'est ainsi que, e [...]



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Écrit par :

  • : critique de cinéma, maître de conférences en histoire et esthétique de cinéma à l'université de Paris-III-Sorbonne nouvelle

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Pour citer l’article

Charles TESSON, « RAY SATYAJIT - (1921-1992) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/satyajit-ray/