BONNAIRE SANDRINE (1967- )

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Une présence rebelle

L'actrice semble avoir été plongée dès sa naissance dans le bain du cinéma comme d'autres dans le « chaudron magique », expliquera Pialat. Sa spontanéité, son jeu simple et immédiat, où l'effort ne se trahit jamais, rappelle deux qualités rares et indispensables chez un acteur de cinéma : la présence et l'évidence, et lui valent le césar du meilleur espoir féminin. Sa relation avec Pialat est très forte. D'autant qu'il interprète dans le film le rôle du père de Suzanne, la seule personne au sein de la famille avec qui elle s'entende. Mais la méthode « Pialat » est difficile, et les relations de Pygmalion et de sa Galatée ne sont pas toujours au beau fixe. Elle refuse le rôle qu'il lui propose dans Police (1985), se trouvant trop âgée, mais tient néanmoins un second rôle dans le film. Toujours au côté de Gérard Depardieu, elle sera une magnifique Mouchette dans Sous le soleil de Satan (1987), un de ses rôles préférés.

Alors qu'on la voyait presque comme l’actrice d'un seul rôle – une sorte de prolongement un peu plus déluré du « nouveau naturel » des années 1970 –, elle refuse de se prêter au jeu en mêlant à son naturel quelque chose de fier, de sulfureux, de lumineux aussi, comme l'héroïne de Georges Bernanos. En la choisissant pour incarner Jeanne d'Arc (Jeanne la Pucelle I et II, 1994), et plus tard le personnage de Sylvie dans Secret défense (1998), Jacques Rivette remarquera que rares sont les actrices se tenant aussi droit.

Sandrine Bonnaire trouve sans doute dans ses origines familiales cette plasticité et cette fermeté de caractère qui l'ont fait apprécier d'un vaste public à travers les aventures télévisuelles de Margaux Dampierre, héroïne de deux miniséries télévisuelles, Une femme en blanc (1997) et La Maison des enfants (2003), d’Aline Issermann d’après les romans populaires de Janine Boissard. Ces téléfilms lui ont sans doute également permis de travailler avec les meilleurs réalisateurs du cinéma fra [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages

Écrit par :

  • : critique et historien de cinéma, chargé de cours à l'université de Paris-VIII, directeur de collection aux Cahiers du cinéma

Classification

Autres références

«  BONNAIRE SANDRINE (1967- )  » est également traité dans :

PIALAT MAURICE (1925-2003)

  • Écrit par 
  • Joël MAGNY
  •  • 1 748 mots

Dans le chapitre « Quand vient la fin »  : […] L'histoire d'amour de Nous ne vieillirons pas ensemble (1972) commence au moment où cette histoire même est déjà finie entre Jean (Jean Yanne) et Colette (Marlène Jobert). Comme François, Jean mêle tentatives de « recoller les morceaux » et comportements odieux, provoquant l'irréversible. Par la suite, Loulou (1980), À nos amours (1983), Police (1985) donneront à voir des personnages en situat […] Lire la suite

SOUS LE SOLEIL DE SATAN, film de Maurice Pialat

  • Écrit par 
  • Michel CHION
  •  • 990 mots

Dans le chapitre « Une foi vécue physiquement »  : […] Admirablement servi par l'image de Willy Kurant, qui utilise la lumière pâle de l'Artois et capte de magnifiques paysages vallonnés sous des ciels immenses, Pialat situe discrètement le film dans une France d'hier, mais qui paraît proche, sans automobile, sans radio, en même temps qu'il fuit tout pittoresque d'époque. Une France qu'on voit rarement au cinéma, celle des champs, où le langage des pe […] Lire la suite

Pour citer l’article

Joël MAGNY, « BONNAIRE SANDRINE (1967- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 septembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/sandrine-bonnaire/