SALONS, histoire de l'art

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L'Ancien Régime : les Salons corporatifs

L'institution des Salons est une conséquence directe de la création de l'Académie (1648). Celle-ci, d'abord en subordonnant selon l'article 18 des statuts de 1663 la délivrance des lettres d'académicien à l'acceptation d'un morceau de réception, héritier du « chef-d'œuvre », conservé dans ses locaux, ensuite en créant une école, enfin en soumettant au concours des sujets choisis par elle, devait normalement prouver par l'exposition de ces œuvres la qualité de ses membres et de son enseignement, et justifier ainsi le privilège qui leur permettait d'échapper au règlement de la maîtrise. L'article 25 des statuts de 1663 prévoit une « fête de l'Académie au premier samedi de juillet où chacun des officiers et académiciens sera obligé d'apporter quelque morceau de son ouvrage pour servir à décorer le lieu de l'Académie quelques jours seulement et après les remporter si bon leur semble ». En 1664 et 1665 les difficultés furent grandes et le résultat, semble-t-il, peu convaincant. Le 9 janvier 1666, Colbert ordonne que « tous les deux ans, dans un des jours de la semaine sainte, chacun apportera son ouvrage », et l'exposition d'avril 1667, tenue dans la grande salle et la cour du palais Brion et visitée par Colbert, peut être considérée comme la première. Des témoignages décrivent le succès, la presse, le nombre élevé des œuvres exposées « dans toutes les diverses parties de la peinture, je veux dire l'histoire, le portrait, le paysage, les mers, les fleurs, les fruits » (H. Testelin).

Les académiciens restent néanmoins réticents à cette obligation et, sous le règne de Louis XIV, on ne compte que dix expositions (1667, 1669, 1671, 1673, 1675, 1681, 1683, 1699, 1704, 1706). Le hiatus est dû pour une part à la pauvreté de l'Académie, mais aussi au moindre intérêt montré par Louvois, à la différence de Colbert, aux solennités de cette institution. Le Salon de 1673 est mémorable : la date avait été repoussée d'avril à août pour coïncider avec la fête du r [...]


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Jeune Femme à la voilette, A. Renoir

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Portrait de madame Monet, A. Renoir

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CENSURE (art)

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Pour citer l’article

Bruno FOUCART, « SALONS, histoire de l'art », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 février 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/salons-histoire-de-l-art/