SAINTETÉ

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Le judaïsme et le christianisme

L'apport biblique

Les Écritures juives

Les aspects dégagés par l'histoire des religions touchant le sacré (mana, tabou, numinosum selon R. Otto) se rencontrent dans la Bible : crainte du redoutable, interdiction d'approcher, vertu contagieuse des objets du culte, interdits et règles de pureté. Ce ne sont pas là les valeurs caractéristiques de l'idée biblique de sainteté, qui est marquée par la personnalité de Dieu et son unicité jalouse, exclusive d'autres dieux. En hébreu, sainteté se dit qôdeš et saint, qadoš, d'une racine qui signifie « séparé » ou, d'après d'autres exégètes, « pur, brillant », et dont la Septante a rendu la valeur sémantique par hagios de préférence à hiéros. Cette valeur est déterminée par l'application de l'expression, d'abord, non à des choses, mais à Dieu. Dans « saint » se résume ce que l'israélite peut dire pour exprimer la sublimité de Dieu, son ordre propre d'existence au-dessus de tout le créé : Is., vi, 3-6 ; Ps. XCIX (cf. dieu L'affirmation de Dieu). Dieu est saint parce qu'il est Dieu. Ainsi, tout ce qu'il fait est saint, tout ce qu'il touche, tout ce qui a un rapport exprès avec lui. Et d'abord le peuple d'Israël, en vertu de son élection comme peuple de Dieu, et de l'alliance (par exemple, Ex., xix, 5-6 ; Deut., vii, 6 et suiv. ; xxvi, 19) ; plus spécialement les lévites et les prêtres (cf. Lév., xvii-xxiii, la « loi de sainteté ») ; mais aussi les lieux où Dieu habite plus particulièrement et se manifeste (ciel, buisson ardent, tente du désert, Terre promise, Jérusalem, le Temple) et les temps consacrés à Dieu (sabbat, fêtes).

Cette idée de sainteté était à dominante cultuelle. Le « Soyez saints parce que je suis saint » du Lévitique exigeait une pureté identifiée avec les règles du culte que Dieu agrée : « se sanctifier », c'était se mettre dans les conditions qui permettent d'approcher Dieu. Mais les prophètes (ixe-ive s. av. J.-C.) ont proclamé [...]


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Écrit par :

  • : professeur au Collège de France, chaire d'étude du bouddhisme
  • : professeur à l'Institut catholique de Paris
  • : ancien professeur au collège philosophique et théologique de Toulouse, co-directeur de la collection Études musulmanes, collaborateur de l'Encyclopédie l'Islam
  • : membre de l'École française d'Extrême-Orient

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Pour citer l’article

André BAREAU, Yves CONGAR, Louis GARDET, Françoise MALLISON, « SAINTETÉ », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 septembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/saintete/