SAINT-SIMON CLAUDE HENRI DE ROUVROY comte de (1760-1825) ET SAINT-SIMONISME

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Un « industrialisme » progressiste

La théorie des classes sociales chez Saint-Simon met l'accent sur l'exploitation d'une immense majorité de travailleurs de toute nature par une faible minorité d'oisifs. En accord avec la masse, une élite de Lumières, à la fois intellectuelle et professionnelle, issue pour la plus grande part du monde des chefs d'entreprise, délivrera de cette exploitation la société tout entière et organisera progressivement le règne de l'abondance et du travail.

Une société dichotomique

Saint-Simon présente cette société antithé-tique, dichotomique, qui réapparaîtra dans l'analyse et la propagande socialistes des écoles ou partis du xixe siècle. Son vocabulaire – comme celui de bien d'autres théoriciens, Marx y compris – flotte d'ailleurs en matière de « classes ». On y voit figurer tour à tour, et dans des sens très voisins, les termes de classe et de parti. Les « cultivateurs » forment une classe, les « fabricants » aussi, sans oublier les « prolétaires ». Mais finalement, au-delà des mots, des subdivisions et des nuances, deux classes fondamentales s'opposent : une pincée d'exploiteurs, une multitude d'exploités.

Exploiteurs les « oisifs », les « propriétaires-rentiers », les « frelons », les « sangsues de la nation », les gens du « parti antinational » : en somme toute la pointe de la pyramide sociale de l'Ancien Régime politique et du vieux régime économique, tous ceux qui n'« entreprennent » rien, tous les non-producteurs qui continuent de vivre « noblement » ou « bourgeoisement ». Une idéologie imprègne ce parti de « rétrogrades », où foisonnent, sous la Restauration, « les nobles qui travaillent au rétablissement de l'Ancien Régime, ceux des prêtres qui font consister la morale dans la crédulité aveugle aux décisions du pape et du clergé [...] les juges qui soutiennent l'arbitraire, les militaires qui leur prêtent leur appui, en un m [...]


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Écrit par :

  • : professeur à l'université de Provence
  • : professeur honoraire à la faculté des lettres et sciences humaines de Paris, directeur d'études à l'École pratique des hautes études

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Pour citer l’article

Pierre GUIRAL, Ernest LABROUSSE, « SAINT-SIMON CLAUDE HENRI DE ROUVROY comte de (1760-1825) ET SAINT-SIMONISME », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 09 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/saint-simon-et-saint-simonisme/