SAINT-PÉTERSBOURG, anc. LENINGRAD

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Palais Mikhailovsky

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Première révolution russe

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Manifestation à Petrograd, juin 1917

Manifestation à Petrograd, juin 1917
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Palais d'Hiver à Saint-Pétersbourg

Palais d'Hiver à Saint-Pétersbourg
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Deuxième ville de la Fédération de Russie par la taille (plus de 4,5 millions d’habitants en 2010), Saint-Pétersbourg (en russe Sankt Petersburg, Petrograd de 1914 à 1924 et Leningrad de 1924 à 1991) a joué un rôle essentiel dans l'histoire nationale. Pendant deux siècles, elle a été la capitale de l'Empire russe. Après avoir été le théâtre des révolutions de Février et d'Octobre 1917, la ville a été assiégée et âprement défendue pendant la Seconde Guerre mondiale. Sur le plan architectural, elle fait partie des villes d'Europe les plus harmonieuses.

C'est par ailleurs un centre industriel et un port important, situé à 640 kilomètres au nord-ouest de Moscou et à moins de 10 kilomètres du cercle polaire arctique ; elle est également le centre administratif de l'oblast du même nom.

Histoire

La période ancienne

La fondation et les premiers développements

Le peuplement par les Russes de la zone qui entoure le fond du golfe de Finlande (alors appelée Ingrie) a commencé au viiie ou ixe siècle de notre ère, mais la région est restée longtemps peu peuplée. Au xve siècle, elle passa, avec Novgorod, aux mains des grands princes de Moscou. La Suède annexa l'Ingrie en 1617, et établit des forteresses le long de la Neva. Pendant la seconde guerre du Nord (1700-1721), Pierre le Grand, qui cherchait un passage maritime vers l'ouest, s'empara de la forteresse de Noteburg (auj. Petrokrepost), située à la naissance de la Neva, puis de celle de Nieuschantz, sur le cours inférieur du fleuve, gagnant ainsi le contrôle du delta.

Le 16 (selon le calendrier actuel le 27) mai 1703, le tsar en personne posa la première pierre de la forteresse Pierre-et-Paul sur l'île Zaïatchi. Cette date a été retenue comme celle de la fondation de Saint-Pétersbourg. Au printemps de l'année suivante, Pierre établit la forteresse de Kronchlot, plus tard Kronstadt, sur l'île de Kotline, dans le golfe de Finlande, afin de protéger les abords du delta. À la même époque, il fonda le chantier naval de l'Amirauté, sur la rive opposée à la forteresse Pierre-et-Paul ; en 1706, le premier navire de guerre fut mis à la mer. Autour de la forteresse et du chantier naval, Pierre entreprit la construction d'une ville nouvelle qui devait lui servir de « fenêtre sur l'Europe ».

Bien que les premières habitations fussent en bois et à un seul étage (celle du tsar, juste en amont de la forteresse Pierre-et-Paul, a été conservée jusqu'à aujourd'hui), la pierre ne tarda pas à faire son apparition. Le premier palais de pierre fut achevé en 1714 pour le prince Alexandre Danilovitch Menchikov, premier gouverneur de la ville. Dès le début, celle-ci fut planifiée comme une capitale imposante, avec un plan de rues régulier, des places spacieuses et de larges avenues rayonnant depuis l'Amirauté. Des architectes, des ouvriers et des artisans furent sollicités de toute la Russie et de nombreux pays étrangers, afin d'édifier et d'embellir la nouvelle cité. En 1712, la capitale russe fut transférée de Moscou à Saint-Pétersbourg, bien que la Suède ne cédât à la Russie la souveraineté sur la région qu'en 1721, à la paix de Nystad. Pierre contraignit des membres de la noblesse et de la classe des marchands à venir s'installer dans la nouvelle capitale et à y construire leurs propres demeures. Parmi les bâtiments les plus anciens, on trouvait la Bourse de commerce, la Maison des douanes, ou encore le palais d'Été. Des canaux de drainage furent creusés à travers la rive gauche marécageuse. Le premier pont flottant sur la Neva fut construit en 1727, et bientôt plus de 370 ponts traversèrent les nombreux canaux. Le terrain sujet aux inondations et un climat inhospitalier rendirent la construction coûteuse en vies humaines.

Un port fut construit et Pierre prit des mesures pour réduire le trafic passant par Arkhangelsk, précédemment le plus grand port de Russie. Dès 1726, 90 p. 100 du commerce extérieur du pays passait par Saint-Pétersbourg. La construction d'un canal Neva-Volga (1703-1709) donna à la ville un accès fluvial direct à la Russie centrale. L'industrie ne tarda pas à se développer. Le chantier de l'Amirauté attira des entreprises destinées à satisfaire ses besoins ainsi que ceux de la flotte, alors en expansion (une fonderie pour les canons, une usine de poudre et une fabrique de goudron). On construisait des navires de commerce aussi bien que des vaisseaux de guerre et, avant la fin du xviiie siècle, les industries du papier, de l'imprimerie, de la porcelaine, de l'alimentation et de l'habillement étaient présentes. En 1765, la population s'élevait à 150 300 habitants et, à la fin du siècle, elle atteignait 220 200 personnes, dont plus d'un tiers dans les forces armées ou l'administration.

Le temps de la splendeur

À l'origine, le style architectural de la ville, illustré par la cathédrale de la forteresse Pierre-et-Paul ou le palais d'Été, était, bien qu'élégant, assez sobre. Au milieu du xviiie siècle, les architectes Bartolomeo Rastrelli, Savva Tchevakinsky et Vassili Stassov, qui travaillaient dans le style baroque russe, alliant des lignes précises, voire austères, à la couleur et à la richesse décorative, marquèrent de leur empreinte l'aspect de la ville. À cette période appartiennent notamment le palais d'Hiver, le couvent de Smolny, et les palais Vorontsov et Stroganov ; en dehors de la ville furent construits les palais d'été de Peterhof et de Tsarskoïe Selo. Après une période de transition, dominée par l'architecture de Jean-Baptiste Vallin de la Mothe et Alexandre Kokorinov, vers la fin du xviiie siècle émergea un pur style classique sous la direction d'architectes tels que Giacomo Quarenghi, Carlo Rossi ou Andreï Voronikhine. Les cathédrales de Kazan et de Saint-Isaac, l'Institut Smolny, la nouvelle Amirauté, le Sénat et le palais Mikhaïlovski (aujourd'hui le Musée russe) sont représentatifs de cette période.

Palais Mikhailovsky

photographie : Palais Mikhailovsky

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Palais Mikhailovsky (aujourd'hui Musée d'État russe), Saint-Pétersbourg. Architecte : Carlo Rossi. 

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Au sein de ce cadre architectural magnifique, la vie culturelle s'épanouit. En 1773 fut fondé l'Institut des mines et, en 1819, l'université de Saint-Pétersbourg. Dans les domaines de la science et des arts, les noms de Mikhaïl Lomonossov, Dmitri Mendeleïev, Ivan Pavlov, Alexandre Pouchkine et Fiodor Dostoïevski, notamment, sont associés à la ville. Dès 1738, la première école de ballet de Russie fut ouverte à Saint-Pétersbourg ; au milieu du xixe siècle, Marius Petipa donne à l'école russe une renommée internationale, qui sera confirmée au début du siècle suivant par les Ballets russes, avec les danseurs Vaslav Nijinski, Tamara Karsavina et Anna Pavlova. En 1862, le premier conservatoire de musique du pays ouvrit ses portes et les œuvres de compositeurs tels que Tchaïkovski, Rimski-Korsakov ou Rachmaninov y furent créées. La splendeur de la cour impériale, à la fois centre et protectrice de la vie culturelle de la ville, était légendaire dans toute l'Europe.

L'évolution de la ville moderne

Le chemin vers la révolution

La magnificence impériale contrastait fortement avec la croissance du prolétariat industriel de Saint-Pétersbourg. Au cours du xixe siècle, l'essor industriel de la ville fut accéléré par l'amélioration des communications et l'extension du commerce. En 1810-1811, de nouvelles voies fluviales remplacèrent un système obsolète. En 1813, le premier vaisseau à vapeur russe fut construit à Saint-Pétersbourg et, en 1837, le premier chemin de fer russe relia la ville au palais d'Été de Tsarskoïe Selo. Une ligne à destination de Moscou fut ouverte au trafic en 1851, une autre vers Varsovie fut construite en 1861-1862. Le travail du coton et celui du métal prospérèrent tout particulièrement, le premier faisant usage de matières premières importées. Dans les années 1840, plus de 60 p. 100 des importations russes entraient par Saint-Pétersbourg. En 1885, un canal fut dragué pour rendre le port accessible à de plus gros navires. La croissance de la ville et l'industrialisation furent stimulées par l'émancipation des serfs russes en 1861. De 539 400 habitants en 1864, la population passa à 1 500 000 habitants en 1900, en grande partie du fait de l'exode rural (en 1910, seul un tiers de la population était né dans la ville). En 1917, le total était passé à 2 500 000 habitants.

L'environnement industriel de Saint-Pétersbourg devint le terreau de la révolution. Avec le développement de la métallurgie et de la construction mécanique, apparut une catégorie d'ouvriers qualifiés, de plus en plus consciente politiquement. En outre, les ouvriers de l'industrie, qui étaient près de 250 000 en 1914, étaient souvent regroupés dans des usines d'une taille exceptionnellement grande pour la Russie ; les manufactures d'armement Poutilov (renommées ensuite Kirov) employaient à elles seules environ 13 000 personnes. Il était ainsi plus facile pour les révolutionnaires de répandre leurs idées et pour les groupes d'ouvriers de s'organiser. Au même moment, le lent développement des transports publics obligeait les ouvriers à vivre à proximité de leur lieu de travail, dans des conditions de surpopulation effroyable (près de 70 000 personnes au km2 dans le centre). L'administration de la ville manquait d'efficacité et de fonds, et les services publics (y compris l'approvisionnement en eau) étaient insuffisants. Les épidémies étaient fréquentes.

Le 14 (26) décembre 1825 débuta l'insurrection décembriste, largement organisée par des aristocrates libéraux et des officiers de l'armée qui aspiraient à une Constitution libérale et à la fin du servage. Elle fut réprimée sans pitié. Pendant le reste du xixe siècle, l'agitation ouvrière ne cessa de croître, avec des grèves et des flambées de violence de plus en plus fréquentes. En janvier 1905, environ 150 000 ouvriers prirent part à une grève générale. Le 9 (22) du même mois, le « Dimanche rouge », une foule marcha sur le palais d'Hiver, portant une pétition adressée au tsar, et fut arrêtée par la troupe, qui ouvrit le feu ; près de mille personnes furent tuées et des centaines d'autres blessées. Le ferment révolutionnaire s'étendit à tout le pays. Bien qu'elle fût à nouveau réprimée, l'activité révolutionnaire se poursuivit dans la clandestinité.

Première révolution russe

photographie : Première révolution russe

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Le 22 janvier 1905, devant le palais d'Hiver, à Saint-Pétersbourg, une manifestation pacifique d'ouvriers réclamant des réformes sociales et la fin de la guerre en Mandchourie est réprimée dans le sang. Le «dimanche rouge» marque le début de la révolution de 1905. Scène du film Devjatoe... 

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Le déclenchement de la Première Guerre mondiale en 1914 suscita une vague de ferveur patriotique centrée sur la personne du tsar. La forme germanique du nom de la ville fut changée en sa version russe, Petrograd. Cependant, les désastres militaires et de sévères pénuries d'approvisionnement ranimèrent le mécontentement. Le 26 février (11 mars) 1917, des troubles éclatèrent sur fond de grève générale. Le 27 (12 mars), le soviet des députés ouvriers et soldats de Petrograd fut formé. Le 2 (15) mars, le tsar abdiqua. Un gouvernement provisoire fut mis sur pied, dont la présidence revint finalement à Alexandre Kerenski. Le 3 (16) avril, Lénine revint de Suisse à Petrograd et se mit à organiser le renversement du gouvernement provisoire. En juillet, des manifestations furent réprimées mais le 25 octobre (7 novembre), des ouvriers et des marins menés par les bolcheviks prirent d'assaut le palais d'Hiver, déposant le gouvernement provisoire et portant le parti bolchevique au pouvoir. En janvier 1918, une Assemblée constituante se réunit dans la capitale, mais les bolcheviks, qui n'avaient remporté qu'une minorité de sièges, la dispersèrent.

Manifestation à Petrograd, juin 1917

photographie : Manifestation à Petrograd, juin 1917

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Alors que la manifestation organisée par le soviet de Petrograd le 18 juin 1917 est censée soutenir l'action du gouvernement provisoire mené par les socialistes modérés, la montée en puissance des bolcheviques se précise. De nombreux manifestants arborent des banderoles portant des slogans... 

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La période soviétique

En mars 1918, la capitale du jeune État soviétique fut ramenée à Moscou. Les années de guerre civile (1918-1920) eurent un effet désastreux sur l'économie de Saint-Pétersbourg. La production industrielle faillit s'arrêter totalement. La population chuta à 722 000 habitants en 1920. Beaucoup de gens moururent de faim. Le redressement commença après la guerre. En 1924, à la suite du décès de Lénine, Saint-Pétersbourg fut renommée Leningrad. Lorsqu'en 1928 commença l'ère des plans quinquennaux, la charge de développer l'économie nationale reposa en grande partie sur la ville. En 1939, Leningrad assurait 11 p. 100 de la production industrielle soviétique, et sa population était passée à trois millions d'habitants.

La ville fut alors à nouveau frappée par une période de pertes et de destructions. En septembre 1941, les troupes nazies étaient à ses portes. De nombreux habitants et près des trois quarts des équipements industriels furent évacués vers l'est. Pendant le « siège de neuf cents jours » (8 septembre 1941-27 janvier 1944), Leningrad opposa une résistance désespérée face aux nombreux assauts, aux bombardements incessants et au manque d'approvisionnement. On estime qu'environ 660 000 personnes périrent, dont beaucoup du scorbut, de la faim ou encore du froid (l'hiver 1941-1942 fut particulièrement rigoureux). La seule voie de ravitaillement était la « route de la vie », à travers les glaces du lac Ladoga ; plus tard un pipe-line et des câbles électriques furent posés au fond du lac. Les bombardements causèrent d'énormes dommages et, avant de se replier, les nazis détruisirent les palais de Petrodvorets et de Pouchkine. Son rôle dans la guerre valut à Leningrad le titre de « cité héroïque » et l'ordre de Lénine. La ville ne retrouva sa taille de trois millions d'habitants que pendant les années 1960 ; dans les années 1980, ce chiffre passa à quatre millions.

Le premier plan quinquennal d'après-guerre fut en partie consacré à la reconstruction de l'industrie de Leningrad et à la restauration de son patrimoine architectural. À la fin des années 1950, un programme de construction de logements dans les nouvelles banlieues fut mis en place ; la rénovation des appartements très recherchés du centre-ville commença dans les années 1970.

La légalisation, au niveau national, des partis autres que le Parti communiste, en mars 1990, eut un impact particulièrement fort sur Leningrad : deux mois plus tard, les élections au conseil municipal donnèrent une majorité confortable à un groupe de communistes réformistes et à des réformateurs extérieurs au parti. Le conseil imposa rapidement une série de mesures en faveur de l'économie de marché et entreprit de dépouiller le Parti communiste de ses privilèges. Lors d'un référendum municipal en juin 1991, les électeurs, reflétant ce mouvement de démarcation par rapport au passé communiste, choisirent de rétablir l'ancien nom de Saint-Pétersbourg.

Après la chute de l'Union soviétique cette même année, la ville enregistra une augmentation de la criminalité. Assassinats et enlèvements devinrent courants. En outre, pendant les années 1990, le centre économique et financier du pays se déplaça vers Moscou. En 1994, la participation aux élections fut si faible que la ville fut, durant une grande partie de l'année, dépourvue de conseil.

La configuration de la ville et les activités

Le site

Saint-Pétersbourg se trouve sur le delta de la Neva, au fond du golfe de Finlande, et recouvre 42 îles. Le site très plat et à l'origine marécageux a rendu la ville sujette à des inondations récurrentes, particulièrement en automne, lorsque de forts vents cycloniques repoussent les eaux du golfe vers l'amont, ainsi que lors du dégel printanier. Des inondations d'une gravité exceptionnelle se sont produites en 1777, 1824 et 1924. Afin de maîtriser les eaux de crue destructrices, la ville a entrepris dans les années 1980 la construction d'une digue d'environ 30 kilomètres de long en travers du golfe de Finlande. Plusieurs canaux ont également été creusés pour améliorer le drainage.

Le grand Saint-Pétersbourg, la ville elle-même avec ses satellites, forme un fer à cheval autour du fond du golfe de Finlande et inclut l'île de Kotline. Au nord du golfe, il s'étend vers l'ouest le long de la côte sur près de 80 kilomètres, jusqu'à Zelenogorsk. Cette zone septentrionale comprend des cités-dortoirs, des stations balnéaires, des sanatoriums, des camps de vacances et des résidences estivales, ou datchas, installés à la lisière de vastes forêts de conifères et bordés de plages de sable. Au sud du golfe, la métropole englobe Petrodvorets et Lomonossov en direction de l'ouest, tandis qu'elle s'étire à l'est le long de la Neva jusqu'à Ivanovskoïe.

La configuration

Le centre de Saint-Pétersbourg est divisé en quatre parties par des défluents de la Neva. Le côté de l'Amirauté s'étend le long de la rive gauche (sud) de la Neva elle-même. Entre les deux bras principaux de cette dernière, la Bolchaïa (grande) Neva et la Malaïa (petite) Neva, se trouve l'île Vassilievski. La Malaïa Neva et la Bolchaïa Nevka entourent un groupe d'îles appelé le côté de Petrograd. À l'est de la Bolchaïa Nevka et au nord de la Neva s'étend le côté de Vyborg.

Le côté de l'Amirauté

L'Amirauté, qui est le noyau de la ville originelle, fut reconstruite en 1806-1823 par Andreïan D. Zakharov à partir de l'ancien bâtiment d'Ivan K. Korobov, remodelé en 1727-1738, mais qui conservait la configuration de l'original. Sa flèche élégante, coiffée d'une girouette en forme de navire, est l'un des principaux points de repère de la ville. Le bâtiment abrite aujourd'hui une école navale.

À l'est se trouve la place du Palais, la plus ancienne de la ville. En son centre se dresse la colonne Alexandre (1830-1834), monolithe de granit de 600 tonnes et de 50 mètres de haut.

Entre la place et le fleuve s'élève le palais d'Hiver, l'ancienne résidence principale des tsars. La structure actuelle (1754-1762), la cinquième sur le même emplacement, fut le chef-d'œuvre baroque de Bartolomeo Rastrelli. Détruit par le feu en 1837 (à l'exception du bâtiment de l'Ermitage), le palais d'Hiver fut reconstruit en 1839. Son aspect imposant est rehaussé par des colonnes blanches sur fond vert, avec des moulures en stuc doré ; 176 statues bordent le toit. L'ensemble du complexe, appelé aujourd'hui l'Ermitage, abrite un musée national dont les collections (notamment de peinture et sculpture d'Europe occidentale) ont une importance mondiale et remontent, en tant que collection privée de Catherine II, à 1764.

Palais d'Hiver à Saint-Pétersbourg

photographie : Palais d'Hiver à Saint-Pétersbourg

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Le palais d'Hiver, à Saint-Pétersbourg, Russie. 

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Face au palais d'Hiver, l'état-major général (Carlo Rossi, 1811-1829) domine la place. Les deux ailes du bâtiment sont jointes par un immense arc de triomphe, surmonté de figures héroïques et couronné par un chariot transportant une allégorie de la Gloire, qui exprime la victoire russe dans la campagne de 1812.

À l'ouest (en aval) de l'Amirauté se trouve l'ancienne place du Sénat, aujourd'hui appelée place des décembristes en commémoration de la révolte de 1825. Les bâtiments des anciens Sénat et Synode (qui abritent aujourd'hui des archives) dominent le côté ouest de la place ; leurs façades décorées datent des années 1830 et représentent le dernier grand ouvrage de Rossi. Ils sont séparés par une arche qui regarde vers le centre de la place, où se dresse la statue équestre de Pierre le Grand ou Cavalier d'airain (Étienne Falconet, 1782). Au sud s'élève le front classique de l'École d'équitation des gardes à cheval, ou Manège (1804-1807) ; plus loin, dominant le côté sud de la place Saint-Isaac, se trouve la cathédrale du même nom. Monument exceptionnel de l'architecture classique russe tardive, Saint-Isaac, édifiée par Auguste Montferrand (1818-1858), est l'un des plus grands bâtiments à dôme du monde ; sa coupole dorée, recouverte d'environ 100 kilogrammes d'or pur, s'élance à plus de 100 mètres de hauteur. C'est aujourd'hui un musée.

Saint-Isaac

photographie : Saint-Isaac

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La cathédrale Saint-Isaac, à Saint-Pétersbourg, édifiée de 1819 à 1858 sur les plans de Ricard de Montferrand. 

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Vue de la cathédrale Saint-Isaac, M. N. Vorobiev

photographie : Vue de la cathédrale Saint-Isaac, M. N. Vorobiev

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Vue de la cathédrale Saint-Isaac à Saint-Pétersbourg. Huile sur toile de M. N. Vorobiev (1787-1865). 

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Depuis l'Amirauté rayonnent trois avenues. La plus connue est la perspective Nevski, qui traverse en direction du sud-est la péninsule que forme la boucle de la Neva vers le nord. Elle enjambe les cours de la Moïka, puis de la Fontanka, et se prolonge jusqu'aux abords de l'abbaye Alexandre-Nevski. L'architecture de l'avenue, l'une des plus grandes au monde, est majestueuse. Sur la perspective Nevski se dressent les palais Stroganov, Chuvalov et Anitchkov (anciennes résidences privées de la noblesse), ainsi que plusieurs églises, dont l'église luthérienne Saint-Pierre (1833-1838), l'église catholique romaine Sainte-Catherine (1763-1783) et la cathédrale Notre-Dame de Kazan (1801-1811). Cette dernière, le plus bel édifice de l'avenue, a été conçue par Andreï Voronikhine dans le style russe classique et possède, derrière une magnifique colonnade semi-circulaire frontale, un intérieur riche de peintures et de sculptures. Des grands magasins, tel le Gostiny Dvor (Jean-Baptiste Vallin de la Mothe, 1761-1785), bordent la perspective Nevski, ainsi que de nombreux théâtres, dont le Théâtre Pouchkine.

La Galerie de tableaux du comte Stroganoff, dans son palais de Saint-Pétersbourg

photographie : La Galerie de tableaux du comte Stroganoff, dans son palais de Saint-Pétersbourg

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La Galerie de tableaux du comte Stroganoff, dans son palais de Saint-Pétersbourg. Dessin de A. N. Voronikhine. 

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À l'extrémité sud-est de la perspective Nevski, la place Alexandre-Nevski fait face à l'entrée principale de l'abbaye du même nom. Derrière cette entrée se trouvent, respectivement à gauche et à droite, le cimetière du xviiie siècle Saint-Lazare (où sont enterrés Mikhaïl V. Lomonossov et de nombreux architectes de la ville) et le cimetière du xixe siècle Tikhvinskoïe (où reposent, entre autres, Dostoïevski, Moussorgski et Tchaïkovski). Au-delà s'élèvent les flèches et les coupoles de l'église de l'Annonciation (Domenico Trezzini, 1720), aujourd'hui un musée, et de la cathédrale de la Sainte-Trinité (Ivan Starov, 1778-1790).

Parmi les canaux qui traversent le côté de l'Amirauté et qui ont valu à Saint-Pétersbourg son surnom de Venise du Nord, les plus importants sont ceux formés par la Moïka et la Fontanka, ainsi que les canaux Griboïedov et Obvodny (Dérivation). En aval du débouché nord de la Fontanka dans la Neva se trouve le Champ-de-Mars, commencé sous Pierre le Grand et alors appelé « Champ de divertissement ». Le nom actuel de cet espace, à l'origine destiné aux festivités populaires et aux feux d'artifice, provient d'un monument érigé en 1801 et représentant le chef militaire russe Alexandre Souvorov sous les traits du dieu de la guerre. Au xixe siècle, le Champ-de-Mars était utilisé pour les exercices et les parades militaires. Les victimes de la révolution de Février et de la guerre civile y sont enterrées et commémorées par une flamme permanente.

Juste à l'est se trouve le jardin d'Été. Créé sur une île en 1704, il contenait à la fin du xviiie siècle plus de 250 statues et bustes, pour la plupart œuvres de maîtres vénitiens. Dans la partie nord-ouest se dresse le palais d'Été (1710-1714), qui fut le premier palais érigé par Pierre dans la cité, conçu dans le premier style baroque russe par Trezzini. La grille (1784), qui donne sur la rive de la Neva, est réputée pour son travail de ferronnerie.

À l'extrémité nord-est de la ville centrale se trouve le complexe architectural de Smolny, qui comprend l'ancien couvent (Rastrelli, commencé en 1748), avec sa cathédrale à cinq coupoles, ainsi que le bâtiment classique de l'Institut Smolny (Giacomo Quarenghi, 1806-1808). L'Institut fut utilisé comme quartier général par Lénine en 1917.

L'île Vassilievski

L'île Vassilievski, qui a été aménagée très tôt du fait de sa position aisément défendable, forme le secteur nord-ouest de la ville centrale. Face à l'Amirauté et au palais d'Hiver, à la pointe est de l'île, se trouve le complexe architectural de la Strelka (la « Flèche »). Derrière les deux grandes colonnes rostrales, décorées de proues de navire sculptées, la place Pouchkine s'élève majestueusement jusqu'à l'ancienne Bourse (Thomas de Thomon, 1805-1810), dont l'apparence rappelle un temple grec classique ; elle abrite aujourd'hui le musée central de la Marine de guerre.

À l'arrière, le bâtiment des Douze Collèges (Trezzini, 1722-1742), à l'origine destiné à abriter les organes gouvernementaux suprêmes, héberge aujourd'hui l'université de la ville. Divisé en douze sections identiques mais indépendantes, il forme un angle droit avec le quai de la Neva, dominé par les façades de l'Académie des sciences, du palais Menchikov et de l'Académie des beaux-arts. Au nord de la Bourse se trouve la Maison des douanes (Giovanni Luchini, 1829-1832), aujourd'hui le musée de la Littérature russe et l'Institut de littérature ou « maison Pouchkine ».

Le côté de Petrograd

En amont de la boucle de la Neva se trouve le côté de Petrograd, où la forteresse Pierre-et-Paul fait face à la Strelka de l'autre côté de la Malaïa. Fondée en 1703, cette fortification avait à l'origine des murs de terre, mais ils furent bientôt remplacés par des murs de pierre de 12 mètres de hauteur et de 3,5 mètres d'épaisseur, avec 300 canons sur les bastions. Au-dessus des lignes massives et horizontales de l'enceinte jaillit la mince flèche dorée de la cathédrale Pierre-et-Paul (Trezzini, 1712-1733) où sont enterrés les tsars et tsarines de Russie depuis l'époque de Pierre le Grand (à l'exception de Pierre II et Nicolas II). On doit également à Trezzini l'entrée est de la forteresse, ou porte Saint-Pierre (1718), tandis que la porte de la Neva (1787) fut conçue par Nikolaï Lvov. À partir du début du xixe siècle, la forteresse a accueilli des détenus, notamment politiques. C'est aujourd'hui un musée. Juste à l'est de la forteresse Pierre-et-Paul, au début de la Bolchaïa Nevka, le croiseur Aurore qui, en 1917, tira à blanc pour donner le signal de l'assaut contre le palais d'Hiver, est mouillé en permanence et sert à la fois de musée et de vaisseau d'entraînement pour l'école navale.

Le côté de Vyborg

À la fin du xixe siècle, le nord-est de la ville centrale s'est développé en tant que faubourg industriel. On y trouve notamment la gare de Finlande, par laquelle Lénine revint en Russie en avril 1917, ainsi que la cathédrale Saint-Samson, sur la perspective Karl-Marx.

La région périphérique

La périphérie de Saint-Pétersbourg inclut de vastes espaces verts, mais les densités de population dans les zones construites restent extrêmement élevées. Les trajets journaliers sur de longues distances sont monnaie courante. Parmi les banlieues, les plus remarquables pour leur valeur historique et culturelle sont Petrodvorets, Pouchkine, Pavlovsk et Gatchina.

Petrodvorets

Le complexe de parcs et de jardins de Petrodvorets (Peterhof avant 1944), s'élevant en terrasses au-dessus du golfe de Finlande, recèle des œuvres représentatives de deux siècles d'architecture et d'art des jardins russes. Le Grand Palais, l'ancienne résidence de Pierre le Grand, se dresse en bordure de la seconde terrasse ; ses murs jaune éclatant contrastent avec les décorations en stuc blanc et les dômes dorés de ses ailes. Construit dans le style baroque (1714-1728), il fut reconstruit et agrandi par Rastrelli autour de 1750. Au nord, l'édifice dispose d'une vue sur la Grande Cascade, ensemble grandiose comprenant une grotte, 64 fontaines et deux cascades en escalier, qui mènent à un immense bassin semi-circulaire contenant une statue de Samson luttant avec un lion. Cette statue, qui symbolise la gloire militaire de la Russie, est une copie de l'original de Mikhaïl Kozlovski, emporté par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. Cet ensemble magnifique est d'autant plus remarquable qu'il s'agit en grande partie d'une restauration d'après-guerre.

Château de Peterhof, vue intérieure

photographie : Château de Peterhof, vue intérieure

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La cage d'escalier du château de Peterhof, à Saint-Pétersbourg, dessinée par l'architecte italien Francesco Bartolomeo Rastrelli (1700-1771). 

Crédits : Bridgeman Images

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Pouchkine

La ville de Pouchkine (Tsarskoïe Selo avant 1917, Detskoïe Selo de 1918 à 1937) apparut au début du xviiie siècle, en tant que résidence des tsars. Le palais de Catherine (1717-1723 ; agrandi par Alekseï V. Kvassov et Savva Tchevakinsky, 1743-1748 ; reconstruit par Rastrelli, 1752-1757) est remarquable par ses formes majestueuses et sa riche décoration sculptée. Sa suite de salles dorées (dont le Salon d'ambre, restauré et inauguré en 2003) illustrent le baroque russe à son apogée. La ville est également le site du Village chinois (1782-1796), dans le parc Alexandre, et de la galerie Cameron (du nom de son architecte, 1780-1790). Le lycée, fréquenté par la noblesse, eut pour étudiant Alexandre Pouchkine et une statue du poète se dresse près des Portes égyptiennes de la ville.

Pavlovsk et Gatchina

À Pavlovsk se dresse un palais de style classique créé comme résidence de campagne pour le tsar Paul Ier. Le Grand Palais central (Cameron, 1782-1786) est couronné d'une coupole soutenue par 64 colonnes. Gatchina se distingue par son palais (Antonio Rinaldi, 1766-1781) édifié pour un favori de Catherine II, le comte Grigori Orlov. Un parc y fut créé simultanément. Ses monuments, sculptures et jardins, comme ceux de tout Saint-Pétersbourg, sont protégés par l'État.

Les activités économiques

Saint-Pétersbourg est un des centres industriels majeurs de la Russie : plus de la moitié de sa population active est employée dans le secteur secondaire. C'est également un centre de recherche scientifique (Institut de recherche arctique et antarctique, Institut d'hydrologie) et technique.

Les constructions mécaniques (lourdes ou de précision) représentent plus de la moitié de la production industrielle de la ville ; parmi elles, la construction de navires (brise-glace – dont certains à propulsion nucléaire –, pétroliers, navires pour le transport du bois et vaisseaux de pêche) reste importante. Les industries basées sur la chimie (engrais, caoutchouc synthétique, matières plastiques, fibres synthétiques, peintures et préparations pharmaceutiques) occupent le deuxième rang. L'industrie produit également une grande variété de biens de consommation dont la ville représente le marché principal : laines et cotons, vêtements, chaussures, cigarettes, bière et produits alimentaires. Saint-Pétersbourg possède par ailleurs une ancienne et importante industrie de l'imprimerie.

L'électricité nécessaire à ces industries provient d'usines hydroélectriques implantées sur le Volkhov, le Svir et la Vuoksa et, plus récemment, de centrales nucléaires. Le gaz naturel est acheminé par gazoducs depuis le sud de la Russie européenne et de l'Asie centrale.

Saint-Pétersbourg est un carrefour des transports au niveau de la Russie. Son port est un des premiers du pays ; le port principal est protégé par des brise-lames et est relié à Kronstadt par un chenal dragué. Des paquebots assurent en été des liaisons régulières avec Stockholm et Tilbury (Londres). Les navires plus petits peuvent remonter la Neva jusqu'au lac Ladoga et, de là, rejoindre la mer Blanche et la côte arctique russe, ainsi que l'ensemble du réseau fluvial de la Russie d'Europe. L'aéroport international de Pulkovo est situé à 18 kilomètres au sud de la ville.

À partir de Saint-Pétersbourg, des lignes de chemin de fer rayonnent en direction d'Helsinki ou de Varsovie, ainsi que vers Moscou et les principales villes de Russie. Le trafic intérieur de la ville est assuré par un système de métro (ouvert en 1955) et un réseau bien développé de bus, de tramways et de trolleybus.

—  Elena Matveïevna DOROCHINSKAÏA, Richard Antony FRENCH, Grigory IOFFE, Mary MCAULEY, Universalis

Bibliographie

J. H. Bater, St. Petersburg : Industrialization and Change, E. Arnold, Londres, 1976

W. Berelowitch & O. Medvedkova, Histoire de Saint-Pétersbourg, Fayard, Paris, 1996

D. T. Cattell, Leningrad : A Case Study of Soviet Urban Government, Praeger, New York, 1983

D. Fernandez, La Magie blanche de Saint-Pétersbourg, Gallimard, Paris, 1992

N. Gosling, Leningrad : History, Art, Architecture, Studio Vista, Londres, 1965_/ J._Gregory & A. Ukladnikov, Leningrad's Ballet : Maryinsky to Kirov, Robson Books, Londres, 1981

A._Orlov & D. O. Chvidkovski, Saint-Pétersbourg : l'architecture des tsars, Mengès, Paris, 1995

H. E. Salisbury, Les 900 jours : le siège de Leningrad, Albin Michel, Paris, 1970.

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Pour citer l’article

Elena Matveïevna DOROCHINSKAÏA, Richard Antony FRENCH, Grigory IOFFE, Mary McAULEY, « SAINT-PÉTERSBOURG, anc. LENINGRAD », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 juillet 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/saint-petersbourg-leningrad/