SAINT-MORITZ (JEUX OLYMPIQUES DE) [1928]Contexte, organisation, bilan

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Cette fois, contrairement à 1924, les compétitions de Saint-Moritz reçoivent officiellement l'appellation « jeux Olympiques d'hiver ». Néanmoins, le C.I.O. souhaitait – ce sera le cas jusqu'en 1936 – que Jeux d'hiver et Jeux d'été se déroulent dans le même pays. Mais, le 2 juin 1921, jour où Amsterdam fut désignée ville d'accueil des Jeux d'été de 1928, de Jeux d'hiver il n'était alors bien sûr point question. Si les Pays-Bas sont le berceau du patinage de vitesse, il n'est pas possible d'organiser dans ce plat pays des épreuves de ski ou de bobsleigh, par exemple. Le C.I.O. déroge donc à la règle qu'il a établie, et confie l'organisation des IIes jeux Olympiques d'hiver à la Suisse. Les villes de Davos, Engelberg et Saint-Moritz se portent candidates. Le 6 mai 1926, le C.I.O., réuni pour sa vingt-quatrième session à Lisbonne, choisit Saint-Moritz.

Saint-Moritz, station de sports d'hiver huppée et prisée de la haute société depuis la fin du xixe siècle, en profite pour s'offrir une cure de rajeunissement. La municipalité investit des sommes importantes pour rénover les installations sportives existantes ou en construire de nouvelles, telles que la patinoire, immense, et le tremplin de saut à skis. La station des Grisons se pare aux couleurs olympiques, de grands anneaux multicolores sont installés le long de la route accidentée qui conduit au village depuis la gare. Chaque train amène des voyageurs en grand nombre, et les hôtels de la ville affichent rapidement complet. Certains spectateurs doivent même « loger » dans les couloirs des hôtels. Néanmoins, personne n'envisage de renoncer à la fête olympique, surtout que fréquenter la rue centrale vêtu des dernières tenues à la mode est du meilleur ton...

Un nouveau sport est inscrit au programme olympique, le skeleton, qui est né à Saint-Moritz à la fin du xixe siècle et dont les épreuves se déroulent sur la célèbre Cresta Run, piste de 1 213 mètres reliant Saint-Moritz à Celerina. En outre, les spectateurs peuvent assister à des démonstrations de courses de chevaux sur neige. Du 11 au 19 février 1928, quatre cent quatre-vingt-quatre sportifs et sportives, représentant vingt-cinq pays, dont le Japon, prennent part à quatorze épreuves, sans compter la patrouille militaire en biathlon.

Néanmoins, les conditions météorologiques nuisent au bon déroulement des Jeux : au début de la semaine, les patineurs de vitesse doivent affronter un froid glacial, alors que, quelques jours plus tard, la température atteint + 25 0C, ce qui oblige les organisateurs à annuler le 10 000 mètres car la glace de la patinoire a fondu. Pour certains journalistes, ces aléas climatiques condamnent même la pérennité des Jeux d'hiver...

Le bilan sportif se traduit par une domination de la Norvège encore plus nette qu'en 1924 : les Norvégiens s'adjugent sept médailles d'or, quatre médailles d'argent et cinq médailles de bronze, soit seize médailles au total, le patineur de vitesse Bernt Evensen (trois médailles, dont une en or) et le skieur de fond Johan Gröttumsbråten (deux médailles d'or) contribuant grandement à ce bilan. Dans ce classement officieux apparaissent à la deuxième place les États-Unis (deux médailles d'or, deux médailles d'argent et deux médailles de bronze), qui devancent les deux autres pays nordiques, Suède et Finlande (deux médailles d'or, deux médailles d'argent et une médaille de bronze pour les deux nations). La France est cinquième, avec une médaille d'or, remportée par Andrée Joly et Pierre Brunet en patinage par couple. Douze nations obtiennent une médaille au moins.

Enfin, durant ces Jeux, la Fédération internationale de ski, réunie à Saint-Moritz, accepte, sur proposition du Britannique Arnold Lunn, la mise à l'essai de courses de descente et de slalom dans l'avenir...

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Écrit par :

  • : historien du sport, membre de l'Association des écrivains sportifs

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Pierre LAGRUE, « SAINT-MORITZ (JEUX OLYMPIQUES DE) [1928] - Contexte, organisation, bilan », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/saint-moritz-jeux-olympiques-de-1928-contexte-organisation-bilan/