SAINT-GILLES-DU-GARD

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Le monastère alors dédié à saint Pierre et à saint Paul remonte à l'époque mérovingienne (ce n'est qu'à l'époque carolingienne qu'il prit le nom de Saint-Gilles). Il fut placé sous l'obédience de l'abbaye de Cluny en 1074, ce qui entraîna peu après la reconstruction complète de l'église. Les travaux étaient en cours lorsqu'en juillet 1096 Urbain II consacra l'autel. Le chantier fut interrompu, mais rouvert en 1116 pour des réparations. On en profita pour modifier le plan primitif et substituer à un édifice unique une église à deux niveaux : crypte et église haute. De nouvelles difficultés financières provoquèrent un arrêt dans les travaux qui reprirent dans la seconde moitié du siècle : le chœur et son déambulatoire furent alors édifiés et la façade reçut son prodigieux décor sculpté. Les derniers travaux, en particulier la liaison entre la nef et le transept, ne paraissent dater que du xive siècle. En 1650, les murs extérieurs des six premières travées de la nef furent arasées jusqu'au niveau des grandes arcades ; pendant la Révolution le chœur fut détruit.

La crypte constitue une véritable église inférieure de vingt-cinq mètres de large sur cinquante mètres de long, dont les parties basses appartiennent à la phase des travaux antérieurs à 1106. L'église haute est actuellement très mutilée et se trouve à l'emplacement de la nef romane, fermée à l'est par un chevet plat. À l'ouest, la façade, détruite dans la partie supérieure, conserve un porche sculpté encadré par deux tours carrées arasées. La composition horizontale est, en fait, le fruit des remaniements subis par l'édifice au cours de sa construction. Cependant, il s'en dégage une grandeur indéniable qui prouve la très grande influence de l'Antiquité en Provence dans la seconde moitié du xiie siècle. À la différence des artistes du Nord qui poursuivent alors leurs recherches pour lier la statue et la colonne, les sculpteurs de Saint-Gilles ont dégagé nettement les statues de la pierre dans laquelle elles sont sculptées. Deux mondes séparent ces deux courants qui ne se rejoindront jamais.

—  Alain ERLANDE-BRANDENBURG

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Pour citer l’article

Alain ERLANDE-BRANDENBURG, « SAINT-GILLES-DU-GARD », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 juillet 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/saint-gilles-du-gard/