RULES RATHER THAN DISCRETION : THE INCONSISTENCY OF OPTIMAL PLANS, F. E. Kydland et E. C. PrescottFiche de lecture

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L'incohérence temporelle des politiques discrétionnaires

Kydland et Prescott comparent l'efficacité de deux types de politique économique. L'autorité publique peut suivre des règles (rules) préétablies ou, au contraire, mener une politique discrétionnaire (discretion) en adaptant ses choix à chaque période selon les circonstances. Ils montrent qu'il est préférable que l'autorité publique s'en tienne à des règles même si, ce faisant, elle se prive d'une certaine liberté d'action. Cette conclusion paradoxale provient de ce que la politique discrétionnaire souffre d'un problème d'incohérence temporelle (time inconsistency) la rendant inefficace.

Il y a incohérence temporelle lorsque, pour la même question, l'autorité publique ne prend pas la même décision à deux instants différents. Au cours du temps, l'autorité publique dévie de la politique initialement suivie. La question porte alors sur la capacité des agents privés à anticiper ou non ces déviations. Pour Kydland et Prescott, les agents privés connaissent les principes régissant le comportement de l'autorité publique (c'est-à-dire ses objectifs, ses contraintes et ses moyens d'action) et, conformément à l'hypothèse d'anticipations rationnelles, ils utilisent toute cette information pour prendre les meilleures décisions en tenant compte, le cas échéant, des déviations attendues. Les politiques discrétionnaires sont donc inefficaces car elles ne tiennent pas compte de ce mécanisme d'influence de la politique économique sur les comportements des agents privés.

Pour illustrer ce mécanisme, Kydland et Prescott prennent le système de brevet comme exemple. Le brevet protège l'inventeur en lui accordant une position de monopole sur son invention afin qu'il puisse rentabiliser son investissement. Ce système ne pourrait pas fonctionner s'il était régi par une politique discrétionnaire. L'autorité publique aurait en effet intérêt à protéger les inventeurs avant qu'ils investissent puis à leur enlever cette protection une fois l'invention réalisée, afin d'en favoriser la diffusion. [...]


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Fabien TRIPIER, « RULES RATHER THAN DISCRETION : THE INCONSISTENCY OF OPTIMAL PLANS, F. E. Kydland et E. C. Prescott - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/rules-rather-than-discretion-the-inconsistency-of-optimal-plans/