ROYAUME-UNIGéographie

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

quelques données-clés.
CapitaleLondres
Langues officiellesanglais ; gaélique et gallois (langues officielles localement)
Unité monétairelivre sterling (GBP)
Population67 406 000 (estim. 2021)
Superficie (km2)242 500

Une nouvelle économie, de nouveaux territoires

Exposée à une concurrence internationale croissante et à de lourds handicaps structurels, l'économie britannique de la fin des années 1960 a été complètement refondée sur la base d'une philosophie néolibérale pleinement assumée par des gouvernements conservateurs volontaristes. Pour autant, un certain nombre des éléments de cette économie dorénavant postindustrielle n'ont rien d'inédit. C'est vrai en particulier de sa grande ouverture au reste du monde ou des spécialisations productives régionales très marquées.

Les mutations de l'outil industriel

Figurant au rang de 3e économie mondiale en 1945 et, par exemple, de première puissance textile, le Royaume-Uni a bénéficié du « long boom » (l'équivalent des Trente Glorieuses en France) pour développer encore son tissu industriel. Cette période faste n'efface pourtant pas les nombreux handicaps structurels de l'économie britannique (déficit commercial, faiblesse des investissements industriels, faible productivité, etc.) qui se muent peu à peu en difficultés insurmontables. Celles-ci sont bien illustrées par la rapide érosion de la part du Royaume-Uni dans le commerce mondial des produits manufacturés qui passe de 25,5 p. 100 en 1950 à 16,5 p. 100 dix ans plus tard et à tout juste 10 p. 100 en 1970. D'ailleurs, souffrant de sous-investissement, peu compétitif et insuffisamment rentable, le secteur industriel est souvent présenté comme le point faible de l'économie nationale. Dès les années 1960, les signes de faiblesse se multiplient et c'est pour tenter d'en limiter les contrecoups que l'État procède à la nationalisation de pans entiers de l'industrie, automobile avec British Leyland (futur Rover) et Rolls-Royce, ou sidérurgique avec British Steel.

Malheureusement, les années 1970 confirment l'inexorable déclin de l'industrie britannique, dont le nombre d'emplois passe de 8,5 millions en 1966 à 7,4 millions en 1979. Plus encore, une conjoncture désastreuse et la mise en œuvre rigoureuse d'une politique néolibérale (abandon des aides publiques aux entreprises en difficulté, privatisations, politique monétariste pesant sur la compétitivité, mise au pas des syndicats, etc.) précipitent la désindustrialisation du pays : 2 millions d'emplois sont supprimés entre 1979 et 1986. Des secteurs entiers disparaissent du paysage économique britannique, parmi lesquels la sidérurgie, la construction navale ou l'extraction minière, figure emblématique de ces bouleversements. Pesant quelque 710 000 emplois répartis sur près de mille sites au sortir de la Seconde Guerre mondiale, après la fermeture brutale et systématique des puits non rentables au début des années 1980 (d'où les grèves de 1984-1985), puis la privatisation en 1994 de British Coal, le secteur minier ne représente plus aujourd'hui qu'à peine plus de 10 000 emplois.

Depuis les années 1980, faute de politique publique de réindustrialisation significative et en dépit de l'implantation d'industries étrangères attirées par un marché du travail très sensiblement dérégulé (avec par exemple la suppression du salaire minimum), le nombre d'emplois industriels a continué de fléchir : 5,2 millions en 1990, 3,3 millions en 2005, et 2,5 millions en 2009 soit 10 p. 100 de la population active.

Dans le détail, l'étude de ce processus global de désindustrialisation mérite d'être affinée. D'abord, du point de vue géographique puisque, en fonction de leur profil, toutes les régions n'ont pas été affectées de manière similaire. Pour schématiser, les régions les plus méridionales, à savoir le Sud-Ouest, le Sud-Est, l'Est et le Grand Londres ont été les moins concernées. Inversement, les régions les plus durement touchées se situent au nord et à l'ouest, avec le cas particulier d'une Irlande du Nord aujourd'hui encore particulièrement sinistrée. Pourtant, en dépit de leur long déclin, ces régions ont maintenu des systèmes productifs fortement industriels au regard de la contribution du secteur à la production régionale totale (entre 16,8 et 18,4 p. 100 dans le Yorkshire, le Nord-Est, le Pays de Galles et les East Midlands), ou de la structure de l'emploi (17,4 p. 100 en Yorkshire ou au pays de Galles en 2005).

Mais le constat de la désindustrialisation du Royaume-Uni doit également être nuancé du point de vue sectoriel. En effet, à l'image du textile qui ne s'est pratiquement plus concentré que sur les segments les plus techniques de la production, la plupart des industries traditionnelles n'ont pas résisté. À cet égard, la sidérurgie peut être considérée comme une exception dans le sens où, marquée par la fusion de British Steel et de Hoogovens en 1999 qui a accouché du leader national Corus (propriété de l'indien Tata Steel depuis 2007), elle pesait toujours 10 p. 100 de la production industrielle totale en 2003. Pour autant, d'autres secteurs ont relativement bien tiré leur épingle du jeu. C'est le cas de l'agroalimentaire et de ses multinationales de premier ordre (Cadburry, Heinz, Schweppes ou Nestlé UK Ltd), qui représentent 15 p. 100 de la production industrielle nationale. Les brasseurs (Tetley's, Scot & Newcastle), britanniques ou non, ainsi que les producteurs de whisky, ou de scotch écossais, contribuent grandement au succès et aux exportations de la branche agroalimentaire. Surfant sur la diffusion de la langue anglaise qui accompagne la mondialisation de l'économie, les industries graphiques et de l'édition sont elles aussi dans une dynamique positive et génèrent un produit équivalent à celui de l'agroalimentaire. L'industrie chimique, classée parmi les meilleures en Europe, repose sur des assises solides et déjà anciennes (dont Unilever, sur la rive sud de la Mersey à Liverpool, demeure un excellent exemple) que le développement du secteur de la santé a renforcé. Quatrième producteur mondial de médicaments en 2003 (avec GlaxoSmithKline, AstraZeneca), le Royaume-Uni se positionne en particulier comme leader européen en matière de biotechnologies. Dans le secteur de l'aéronautique, l'intégration et la coopération européennes bénéficient au Royaume-Uni par l'intermédiaire d'industriels britanniques comme le motoriste Rolls-Royce et le groupe BAE Systems ou étrangers tels qu'Airbus (qui y conçoit et fabrique les ailes des A 318 et 380 notamment), Thales ou Bombardier.

Concernant les industries fortement intégratrices des technologies les plus récentes, les années 1980 et 1990 ont été marquées par la création de nombreux parcs scientifiques et technologiques (mouvement comparable aux technopôles français), souvent à l'initiative des pouvoirs publics (gouvernement central et collectivités locales) et d'acteurs parapublics tels que les universités. En 2003, le secteur des matériels électriques, électroniques, informatiques et [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 23 pages


Médias de l’article

Royaume-Uni : carte physique

Royaume-Uni : carte physique
Crédits : Encyclopædia Universalis France

carte

Snowdonia

Snowdonia
Crédits : Travelpix Ltd/ The Image Bank/ Getty Images

photographie

Chaussée des Géants, Irlande

Chaussée des Géants, Irlande
Crédits : Tom Till/ The Image Bank/ Getty Images

photographie

Loch Shiel, Royaume-Uni

Loch Shiel, Royaume-Uni
Crédits : Philippe Lemonnier

photographie

Afficher les 17 médias de l'article


Écrit par :

Classification

Autres références

«  ROYAUME-UNI  » est également traité dans :

ROYAUME-UNI - Géologie des îles Britanniques

  • Écrit par 
  • Frederick Wiar DUNNING
  •  • 4 171 mots
  •  • 1 média

Les îles Britanniques sont constituées de roches dont l'âge s'échelonne du Précambrien ancien (le plus ancien identifié à ce jour en Europe occidentale) jusqu'au Néogène récent et au Quaternaire. Cette succession comporte peu de lacunes : les sédiments de l'époque miocène, bien que largement développés dans les fonds sous-marins adjacents, manquent sur la terre ferme ; dans le Précambrien moyen d' […] Lire la suite

ROYAUME-UNI - Histoire

  • Écrit par 
  • Bertrand LEMONNIER, 
  • Roland MARX
  •  • 43 828 mots
  •  • 67 médias

L'espace géographique britannique n'a pas coïncidé, pendant longtemps, avec une réalité politique. Seuls l'Angleterre et le pays de Galles réalisèrent leur unité au cours du Moyen Âge (bien que l'intégration totale soit le fait de Henri VIII Tudor) ; l'Écosse ne fut unie à sa voisine du Sud, au x […] Lire la suite

ROYAUME-UNI - L'empire britannique

  • Écrit par 
  • Roland MARX
  •  • 21 754 mots
  •  • 46 médias

Du xvie siècle des Tudors aux années 1960, l'Angleterre s'identifie avec le « grand large ». « Rocher » à la pointe du continent européen, elle a étendu sa domination sur des territoires de plus en plus vastes, au point que son empire a représenté, au début du xxe siècle, le quart des terres émergées et u […] Lire la suite

ROYAUME-UNI - Le système politique

  • Écrit par 
  • Jacques LERUEZ
  •  • 11 105 mots
  •  • 4 médias

Beaucoup de bons esprits, en France, estimaient autrefois que le Royaume-Uni « n'avait pas de Constitution ». Ce n'était pas faux en ce sens qu'il n'y a pas de texte fondamental unique décrivant en détail les institutions politiques et la façon dont elles fonctionnent. Il existe néanmoins un cadre constitutionnel général qu'on appelle le « modèle de Wes […] Lire la suite

ROYAUME-UNI - La société britannique contemporaine

  • Écrit par 
  • Jacques LERUEZ
  •  • 7 542 mots
  •  • 5 médias

Depuis 1945 et les grandes réformes socio-économiques d'après-guerre, la société britannique n'a cessé d'évoluer à vive allure. On peut distinguer dans cette époque contemporaine deux grandes périodes à peu près égales mais contrastées. La première, avec l'épanouissement de l'État-providence (Welfare State), correspond à une évolution vers plus d'égalité et à un gommage des dif […] Lire la suite

ROYAUME-UNI - Économie

  • Écrit par 
  • Emmanuel HACHE
  •  • 7 982 mots
  •  • 2 médias

Le Royaume-Uni est l'un des rares pays de l'OCDE, avec les États-Unis et le Canada, à bénéficier de ressources énergétiques importantes, ressources sur lesquelles il a pu fonder son développement et sa puissance industrielle. Le charbon au xixe siècle, l'énergie nucléaire dans les années 1950, le pétrole et le gaz dès 1975 lui ont longtemps donné l'im […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Jacqueline BEAUJEU-GARNIER, Catherine LEFORT, Frédéric RICHARD, « ROYAUME-UNI - Géographie », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 07 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/royaume-uni-geographie/