ROUERGUE

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Province de l'ancienne France, en Haute-Guyenne, dont l'essentiel a formé le département de l'Aveyron (chef-lieu : Rodez) ; elle fait partie de la région Midi-Pyrénées. Son rôle a toujours été effacé, qu'il ait été le territoire des Ruteni, clients des Arvernes, une cité de l'Aquitaine romaine ou encore un comté carolingien (début ixe s.). Dès 1066, il passe d'ailleurs par héritage sous la suzeraineté de Raymond de Saint-Gilles, futur comte de Toulouse. Celui-ci, croisé besogneux, doit céder environ un tiers de ses domaines au début du xiie siècle, formant ainsi le comté de Rodez. La croisade contre les albigeois bouleverse le pays, mais les comtes de Toulouse le reconstruisent et y fondent une série de bastides et de sauvetés afin d'y asseoir leur puissance. En 1249, le fief passe à la maison capétienne avec Alphonse de Poitiers puis Philippe III le Hardi, qui s'établissent dans la forteresse de Najac. En 1302, Bernard VI d'Armagnac obtient, par mariage, ce comté qui suit dès lors le sort de l'Armagnac jusqu'à son rattachement à la Couronne par Henri IV. Ce pays de causses est aussi une terre d'élection pour les grandes abbayes clunisiennes ou bénédictines, comblées de dons par les comtes de Toulouse et l'évêque de Rodez, qui, au xiiie siècle, tenait en fief la cité, tandis que le bourg relevait des comtes. En s'y installant à son tour au xiie siècle, l'ordre de Cîteaux y développera parallèlement l'élevage, la culture du blé et celle de la vigne sur de grands domaines qui serviront de modèles aux seigneuries voisines. Devenu prospère, le Causse fit la fortune de villes comme Rodez ou Villefranche-de-Rouergue, où s'édifièrent de belles et riches demeures. La guerre de Cent Ans, enfin, profita aux marchands et aux prêteurs sur gages, au détriment des seigneurs obligés d'aliéner leurs domaines pour assurer la défense du pays, et, de cette époque, demeurent églises et greniers fortifiés, villes et maisons fortes. Au xixe siècle encore, de belles demeures, habitations entourées de vignobles, formaient le paysage familier du Rouergue ; mais il fut ruiné par le phylloxéra et l'exode rural ; il est maintenant un haut lieu du tourisme en France.

—  Gabriel LLOBET

Écrit par :

  • : docteur de troisième cycle, professeur au lycée Léonard-Limosin, Limoges

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Pour citer l’article

Gabriel LLOBET, « ROUERGUE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/rouergue/