ROME, NAPLES ET FLORENCE, StendhalFiche de lecture

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« Je verrai donc cette belle Italie »

Contrairement à ce que le titre indique, le livre suit, sous la forme d'un journal de voyage, un itinéraire quelque peu erratique qui part de Milan le 24 septembre 1816, puis passe, entre autres, par Pavie, Parme, Modène, Bologne, Volterra, Naples, Reggio de Calabre, pour s'achever à Rome le 18 octobre 1817. Ces différentes étapes n'occupent pas une place égale, loin de là : Milan, Bologne et Naples se taillent la part du lion ; viennent ensuite Florence et Rome ; les autres ne bénéficient que d'une page ou deux.

À peine arrivé à Milan, Stendhal se précipite à la Scala. S'il aime à flâner dans les rues et ne manque pas de visiter le Duomo ou d'aller voir La Cène de Léonard de Vinci et les chefs-d’œuvre du musée de Brera, tout le ramène à « ce premier théâtre du monde », véritable épicentre de la vie milanaise. Durant les trois mois et demi de son séjour, il y retourne presque chaque soir, jamais lassé d'écouter une musique qui le ravit (« la musique seule vit en Italie ») et, surtout, d'observer, dans ces loges dont il devient un familier, les comportements si peu compassés des spectateurs (on se fait apporter des sorbets en pleine représentation !) et d'écouter les conversations et les anecdotes.

Quittant Milan à contrecœur, Stendhal, après de brèves haltes à Pavie, où il visite l'université, à Parme, où il admire les fresques du Corrège, et à Modène, où l'omniprésence des jésuites le révulse, arrive à Bologne, où il reste environ trois semaines. S'il garde encore à l'esprit le charme de Milan, il apprécie la ville, dont il admire les monuments célèbres et les œuvres laissées par une famille de peintres, les Carrache. Il occupe ses journées à des promenades ou, les jours de pluie, à des lectures, et ses soirées à fréquenter la société bolognaise. Là, il devient notamment un familier du cardinal Lante, « grand seigneur » dont il apprécie l'ouverture d'esprit et la liberté de parole.

Le voyage se poursuit jusqu'à Florence, abordée avec émotion : « C'est là qu'ont vécu le Dante, Michel-Ange, Léonard de Vinci, me disais-je ; […] C'est dans ces murs que la civilisation a recommencé. » Stendhal parcourt la ville, où « rien ne trouble la belle harmonie [des] rues », et « où respire le beau idéal du Moyen Âge ». Il y assiste à une représentation du Barbier de Séville, de « [son] aimable Rossini ». Pourtant, s'il s'extasie devant les traces de ce passé glorieux, l'esprit florentin lui apparaît froid et étriqué : « En arrivant de Bologne, ce pays des passions, comment n'être pas frappé de quelque chose d'étroit et de sec dans toutes ces têtes ? »

Aussi ne s'attarde-t-il pas et, une semaine après son arrivée, le voici déjà en partance pour le Sud ‒ en passant rapidement par Rome où il ne reste que trois heures ‒ jusqu'à Naples. Après l'austérité florentine, Stendhal retrouve là quelque chose de l'atmosphère milanaise. Comme à Milan et à Bologne, il partage son temps entre les promenades, la visite des musées et des églises dans la journée et, quotidiennement ou presque, un concert, un opéra ou un ballet ‒ essentiellement au théâtre San Carlo ‒, suivi d'une soirée dans quelque salon où il fréquente la société napolitaine, parmi laquelle se trouvent également de nombreux étrangers, surtout des Anglais. Plusieurs excursions sont au programme : l'ascension du Vésuve, qui le laisse épuisé, les visites de Pompéi, qui le « transportent dans l'Antiquité […] sur laquelle on a lu tant de volumes », Paestum, occasion d'un long récit périphérique, par son compagnon de voyage, de la révolution de Naples en 1799 et de la terrible répression qui s'abattit sur la ville. Après une échappée en Calabre, il revient à Naples, qu'il quitte finalement le 25 juillet pour Rome. En tout, il y sera resté près de six mois.

Enfin, le séjour de deux mois et demi à Rome, entrecoupé de brèves villégiatures à Castel Gandolfo, le laisse, comme à Florence, partagé et perplexe : « Je viens de passer cinquante jours à admirer et à m'indigner. » Il y reviendra quelques années plus tard, avec bonheur cette fois, dans ses Promenades dans Rome (1829).

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Guy BELZANE, « ROME, NAPLES ET FLORENCE, Stendhal - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 09 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/rome-naples-et-florence/