ROMAN DE TROIE, Benoît de Sainte-MaureFiche de lecture

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Un roman des origines

Mettant en « roman », c'est-à-dire en français, des textes dont la connaissance est alors réservée au monde des clercs (la Thébaïde de Stace, l'Énéide, mais aussi les œuvres d'Ovide), les auteurs de ces trois récits – dits « romans antiques » – ont pour objet explicite d'ouvrir au public laïc des cours seigneuriales l'accès à un savoir présenté comme historique, ainsi qu'à des modèles de conduite et de comportement social et individuel transposables dans la « modernité » du xiie siècle. En rivalité ouverte avec leurs modèles latins, ils ont également inventé en français, dans le moule contraignant du couplet d'octosyllabes à rimes plates, un art du récit fondé sur la recherche d'un style orné et sur la place de plus en plus importante donnée à la représentation et à l'analyse du sentiment amoureux. De cette entreprise, le Roman de Troie est à plus d'un titre le représentant le plus abouti.

Par son ampleur déjà. C'est en plus de trente mille vers que le clerc Benoît a conté l'histoire troyenne. Le récit prend naissance aux origines mêmes de la cité, avec l'expédition des Argonautes et les amours de Jason et de Médée, expédition qui entraîne la première destruction de Troie et sa splendide reconstruction par Priam : « Les Troyens avaient trouvé leur cité dévasté, mais ils la reconstruisirent cent fois mieux, refaisant une ville de toute beauté et de noble allure. Priam mit tout son cœur à la relever. Il l'entoura soigneusement d'une bonne muraille de marbre, haute, épaisse et solide. Les parapets s'élevaient très haut, au moins à une portée d'arc. » La partie essentielle est consacrée à la guerre. Le rapt d'Hélène par Pâris, les treize batailles qui opposent Grecs et Troyens alternent avec les longues scènes de conseils et de débats politiques, les portraits des héros grecs et troyens, les descriptions des nombreuses merveilles de la cité, surtout les difficiles amours des différents couples brisés par la guerre. En dépit de l'ul [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages

Écrit par :

Classification

Autres références

«  ROMAN DE TROIE, Benoît de Sainte-Maure  » est également traité dans :

BENOÎT DE SAINTE-MAURE (fin XIIe s.)

  • Écrit par 
  • Jean-Paul MOURLON
  •  • 178 mots

Auteur du Roman de Troie , poème de 30 000 octosyllabes, où se mêlent la légende et l'histoire des Grecs. Il ignorait le grec et utilisa deux narrations latines du siège de Troie, tenues pour véridiques ; l'une, composée au vi e siècle, était attribuée à un Phrygien, Darès, l'autre, datant du iv e siècle, était attribuée au Crétois Dictis. Tous deux étaient censés avoir été les témoins oculaires […] Lire la suite

MOYEN ÂGE - La littérature en prose

  • Écrit par 
  • Nicola MORATO
  •  • 6 837 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Narration et textualité »  : […] La prose des premiers textes narratifs n’a pas l’aspect de la prose latine et ne prétend pas avoir le même statut rhétorique. L’absence presque totale de codification explicite avant Brunetto Latini est compensée par un investissement formel très important ; il s’agit surtout d’une compétence collective des écrivains, une codification implicite qui touche en premier lieu à la cohérence et à la coh […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Emmanuèle BAUMGARTNER, « ROMAN DE TROIE, Benoît de Sainte-Maure - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 mai 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/roman-de-troie/