MARTIN DU GARD ROGER (1881-1958)

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Une vie d'écrivain

L'œuvre a été la grande affaire de sa vie : l'auteur a pu s'y consacrer librement et s'est efforcé de faire le vide et le silence à son profit. Né à Neuilly d'une famille de magistrats et de financiers, après ses études secondaires (Fénelon, Janson-de-Sailly) – et un échec à la licence ès lettres –, Roger Martin du Gard est admis en 1903 à l'École des chartes, dont il sort, en 1905, archiviste-paléographe, avec une thèse sur les Ruines de l'abbaye de Jumièges. En 1906, l'année de son mariage et d'un séjour de plusieurs mois en Afrique du Nord, la lecture de La Guerre et la Paix ayant éveillé sa vocation de narrateur, il entreprend un roman en plusieurs volumes, Une vie de saint, minutieuse biographie d'un prêtre. Il ne parvient pas à l'achever, et, très ébranlé par cet échec, il consultera en 1908 divers psychiatres et neurologues. À la fin de l'année, il écrit d'un seul jet, à Barbizon, son premier roman, Devenir. L'année suivante, il commence un autre roman, Marie, qu'il pousse assez loin, mais abandonne et détruit. Il décide de s'installer à la campagne pour se mettre dans les meilleures conditions de travail : il vit d'abord dans le Cher, puis à Clermont, dans l'Oise, enfin au château du Tertre, à Bellême (Orne), qu'il achète en 1925 et où il mourra. De 1910 à 1913, il écrit son premier grand livre, Jean Barois, qui lui vaut l'attention et l'amitié des dirigeants de La N.R.F., Jean Schlumberger, André Gide, et aussi Jacques Copeau. Car le roman qu'est Jean Barois emprunte sa technique au théâtre, et Martin du Gard écrit peu après une farce paysanne, Le Testament du père Leleu, que monte le théâtre du Vieux-Colombier au début de 1914. À son retour de la guerre (qu'il fera dans les services de l'intendance), il s'enferme à Clermont où il va accumuler notes et plans pour le nouveau roman, « l'histoire de deux frères, deux êtres de tempéraments aussi différents, aussi divergents que possible, mais foncièrement marqués par les obscures similitudes que crée, e [...]


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  • : directeur d'études à l'École pratique des hautes études

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LES THIBAULT, Roger Martin du Gard - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Alain CLERVAL
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Roger Martin du Gard (1881-1958) , Prix Nobel de littérature en 1937, souffre aujourd'hui d'une relative désaffection, due sans doute à la situation charnière qu'il occupe entre le xix e et le xx e  siècle. Malgré son amitié avec André Gide (1869-1951) et sa participation à La Nouvelle Revue française , Roger Martin du Gard doit beaucoup au positivisme d'Auguste Comte (1798-1857), à la rationalit […] Lire la suite

Pour citer l’article

Gaëtan PICON, « MARTIN DU GARD ROGER - (1881-1958) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 septembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/roger-martin-du-gard/