CAILLOIS ROGER (1913-1978)

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Du surréalisme à la sociologie

Malgré ses réticences à l'égard de l'écriture automatique, Caillois, que Breton avait recruté en 1932, fut d'abord un membre fidèle du groupe surréaliste. Comme la psychanalyse et le marxisme, auxquels il adhère aussi, le surréalisme permettrait, pensait-il, « la liquidation définitive de la littérature », qu'il voulait remplacer par l'étude « psychologique ou sociologique des pulsions ou instincts qu'elle tendait à satisfaire ». Ainsi, après avoir fait en 1935 le Procès intellectuel de l'art et créé en 1938, avec Bataille et Leiris, le Collège de sociologie, il analysera en 1941, dans Puissances du roman (où il attirera d'ailleurs l'attention de la critique sur le roman policier), le rôle du roman dans la société. Caillois ne tarda néanmoins pas à considérer les activités surréalistes « comme de simples jeux de société » et, tout en reconnaissant l'apport de Marx et de Freud, à suspecter en raison de leur prétention à l'infaillibilité les « sortes d'églises » auxquelles leurs œuvres ont donné naissance (Description du marxisme reviendra sur ce sujet en 1950). La querelle des « haricots sauteurs » révéla en 1934 les profondes divergences qui existaient entre Breton et Caillois sur la conduite à adopter en face du merveilleux : alors que Caillois, soucieux d'en percer le mystère, proposait que l'on ouvrît ces fèves, Breton s'y opposa en criant au sacrilège. Le lendemain, Caillois quittait le groupe surréaliste en expliquant : « L'irrationnel, soit ; mais j'y veux d'abord la cohérence. » Il ne renoncera jamais à cette exigence qu'illustrera, dès 1937, La Mante religieuse. Dans cet essai, qui annonce les réflexions plus vastes du Mythe et l'homme (1938) et de L'Homme et le sacré (1939), celui qui avait été aussi l'élève de Mauss et de Dumézil entendait en effet « étudier l'insecte de près » afin de rechercher « la nature et la signification du mythe » auquel il donne naissance.


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Écrit par :

  • : ancien élève de l'École normale supérieure, agrégé de lettres, assistant de littérature française à l'université de Paris-IV-Sorbonne

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Pour citer l’article

Vital RAMBAUD, « CAILLOIS ROGER - (1913-1978) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 08 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/roger-caillois/