ROCOCO

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Théories et problèmes

Le rococo n'a pas eu ses théoriciens propres. L'enseignement artistique au xviiie siècle repose apparemment sur les mêmes principes qu'au siècle précédent, et les institutions ne changent pas. En France, l'Académie de peinture et de sculpture et celle d'architecture continuent à fonctionner dans la forme que leur ont donnée Louis XIV et Colbert. L'étude de l'Antiquité et des maîtres de la Renaissance demeure la base de la formation donnée aux futurs artistes, et c'est là un système que nul ne songe à mettre en cause. Le couronnement des études est, pour les lauréats des concours académiques, le séjour à Rome qui permet de mieux travailler d'après les grands modèles.

Si les fondements du système sont les mêmes, il apparaît cependant que l'esprit a quelque peu changé. L'Antiquité, Raphaël, Vignole sont des dieux auxquels on rend toujours hommage, mais la foi qu'on porte en eux s'est sensiblement attiédie. L'idée d'une relativité du goût s'est introduite ; des théoriciens de l'architecture comme Frézier (Dissertation théorique et critique sur les ordres d'architecture, 1739) ou le père André (Essai sur le beau, 1741) soutiennent que les ordres, point essentiel de la doctrine classique, constituent une beauté d'habitude et de convention ; à l'occasion, ils font même l'éloge de l'architecture gothique dont les principes de construction leur paraissent particulièrement clairs et logiques. Aux jeunes peintres qui séjournent à Rome on continue de proposer les mêmes exemples : Raphaël, les Carrache, le Dominiquin, Poussin, mais, dans les trente premières années du xviiie siècle, les directeurs successifs, Poërson, puis Wleughels, laissent aux élèves la plus grande liberté ; vers la fin de sa vie, Boucher, qui avait été à Rome de 1730 à 1733, reconnaissait qu'il s'était fort peu soucié des grands maîtres, moins encore de l'antique, et conseillait plutôt l'étude de Guido Reni et de l'Albane.

L [...]

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Intérieur de l'église d'Ottobeuren

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Eglise de pèlerinage de la Wies

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Renaud et Armide surpris par Charles et Ubald, G. Tiepolo

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César devant Alexandrie, G. A. Pellegrini

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Écrit par :

  • : ancien élève de l'École normale supérieure, agrégé de lettres, conservateur des objets d'art des églises de la Ville de Paris
  • : professeur à l'université de Chicago
  • : psychanalyste, membre de la Société de psychanalyse freudienne, musicologue, président de l'Association française de défense de l'orgue ancien

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Pour citer l’article

Georges BRUNEL, François H. DOWLEY, Pierre-Paul LACAS, « ROCOCO », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 03 décembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/rococo/