DAVIES ROBERTSON (1913-1995)

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Si les romans et les pièces de Robertson Davies offrent de pénétrantes observations sur le provincialisme et la pudibonderie au Canada, ils s'intéressent également à la relation entre art et mysticisme, et professent volontiers que la pensée de C. E. Jung peut permettre une connaissance de soi approfondie. Son œuvre la plus connue est sans doute sa trilogie dite de Deptford, une suite romanesque – Fifth Business (1970), The Manticore (1972) et World of Wonders (1975) – qui met en scène trois personnages masculins, issus tous trois de la petite ville canadienne de Deptford et dont les vies s'entrecroisent.

William Robertson Davies est né le 28 août 1913 à Thamesville, dans l'Ontario. Il fit ses études en Angleterre, à Oxford, puis s'initia à l'art dramatique et à la mise en scène avant de devenir membre de l'Old Vic Repertory Company. Il dirigea l'Examiner, un journal que possédait sa famille, de 1942 à 1963, et enseigna l'anglais à l'université de Toronto de 1960 à 1981.

Il se fit connaître avec deux pièces, Eros at Breakfast (1949) et At My Heart's Core (1950), où il traite, sur le mode satirique, des normes et des valeurs canadiennes. Il publia également des recueils d'essais humoristiques, comme The Diary of Samuel Marchbanks (1947), The Table Talk of Samuel Marchbanks (1949) et Samuel Marchbank's Almanack (1967), dans lesquels le personnage récurrent d'un vieux célibataire s'interroge sur les moyens de maintenir le niveau culturel de son pays.

Les trois trilogies romanesques de Davies achevèrent de faire de lui l'un des écrivains les plus en vue du Canada. Si son art de la narration reste traditionnel (on dira plutôt qu'il est non expérimental), son imagination et son esprit, toujours très caustique, captivent le lecteur. Sa première trilogie, qui comprend Tempest-Tost (1951), Leaven of Malice (1954) et A Mixture of Frailties (1958), est une comédie de mœurs située dans une petite ville universitaire de province, Salterton. Après le succès de sa trilogie consacrée à Deptford, il changea une nouvelle fois de décor pour une troisième et dernière série, composée de The Rebel Angels (1981), What's Bred in the Bone (1985) et The Lyre of Orpheus (1988), dans laquelle il s'en prend au monde de l'art, à l'opéra et à d'autres aspects de la vie culturelle des élites au Canada. Il devait publier ensuite Murther and Walkings Spirits, où le point de vue adopté est celui d'un mort (1991). On citera, parmi ses derniers essais, The Mirror of Nature (1983). Davies mourut le 2 décembre 1995 à Orangeville, dans l'Ontario.

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« DAVIES ROBERTSON - (1913-1995) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 septembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/robertson-davies/