AVEDON RICHARD (1923-2004)

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La mode

Né dans la mode (son père possède un magasin sur la Cinquième Avenue, ses parents sont abonnés à Vogue, Harper's Bazaar, Vanity Fair, sa sœur est une beauté), le jeune Dick photographie les siens près de voitures rutilantes et de « chiens empruntés ». À dix ans, rappellent Maria Morris Hambourg et Mia Fineman, commissaires de l'exposition Richard Avedon. Portraits, au Metropolitan Museum de New York en 2002, l'obsède l'idée de photographier le compositeur Sergueï Rachmaninov, qui habite l'appartement au-dessus de celui de ses grands-parents, sur Riverside Drive à Manhattan. « Je voulais qu'il me voie, qu'il me reconnaisse, d'une façon ou d'une autre. » Mais surtout : « Je voulais qu'il me donne quelque chose de lui que je pourrais garder, quelque chose d'intime, qui dure toujours et me rattache à lui. » Cela semble le début d'une quête, longue de toute une vie.

Lorsque Avedon, après être passé par Columbia University, rejoint la marine marchande en 1942 pour faire son service militaire, il est chargé de réaliser le portrait d'appelés – photos d'identité, au cadrage frontal, sur fond blanc déjà. Lorsque, à partir de 1944, il suit à la New School for Social Research l'enseignement d'Alexey Brodovitch et lui montre ses travaux, le designer lui demande « la même qualité technique appliquée à la mode ».

Dès 1945, Avedon travaille à Harper's Bazaar, avec le même Brodovitch et Carmel Snow, Diana Vreeland, Marvin Israel. Il y restera vingt ans, et couvrira notamment la présentation des collections de mode parisiennes – de 1947 jusqu'en 1984. Son style évolue, il passe de la haute couture dans toute sa perfection à la vivacité du prêt-à-porter ; sert l'élégance, provocante ou sophistiquée, des Dovima, Twiggy ; expérimente enfin diverses manières de rendre le mouvement du moment. En témoigne Funny Face (Drôle de frimousse, 1957), film de Stanley Donen auquel il collabore en tant que consultant... et bien plus, puisqu'il prête au personnage principal, Dick Avery – incarné, auprès d'Audrey Hepburn, par Fred Astaire qui fait d'elle un mannequin vedette – nombre de ses traits. En 1966, Avedon rallie Vogue, où, avec Diana Vreeland et Alexander Liberman, il travaillera jusqu'en 1990. En 1985, il est en France le photographe exclusif du magazine Égoïste lancé par Nicole Wisniak, et, en 1992, sorte de consécration, le premier photographe jamais salarié par le magazine The New Yorker. À partir de cette date, il prend toutes ses photos de mode en studio.

Photographie de mode de Richard Avedon

Photographie : Photographie de mode de Richard Avedon

Dovima et les éléphants photographiés en 1955 au cirque d'Hiver par Richard Avedon. Le modèle porte une robe du soir de la marque Dior. 

Crédits : Courtesy of The Richard Avedon Foundation

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Richard Avedon et Diana Vreeland

Richard Avedon et Diana Vreeland
Crédits : Sherman/ Hulton Archive/ Getty Images

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Photographie de mode de Richard Avedon

Photographie de mode de Richard Avedon
Crédits : Courtesy of The Richard Avedon Foundation

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Pour citer l’article

Anne BERTRAND, « AVEDON RICHARD - (1923-2004) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/richard-avedon/