RÉVOLUTION & EMPIRE, armée

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L'armée royale et la Révolution

L'armée royale, en 1789, comptait environ 150 000 hommes, auxquels venaient s'ajouter, en temps de guerre, 75 000 hommes de la milice, réserve de troupes provinciales recrutées dans les campagnes par tirage au sort parmi les célibataires de dix-huit à quarante ans. Armée considérable par son contingent et dont la monarchie s'était efforcée de faire, par une série de réformes, un outil de combat de qualité. L'armée était pourtant, en 1789, traversée par une crise qui rappelait, d'une certaine manière, la crise de la société civile. Les soldats engagés volontaires étaient en majeure partie des Français, et les Suisses, Allemands ou Irlandais au service de la France ne formaient qu'une minorité. Ces soldats, en provenance des régions de l'Est et du Nord, notamment, étaient des hommes jeunes (50 p. 100 des soldats de l'infanterie de ligne avaient de dix-huit à vingt-cinq ans, et 90 p. 100 avaient moins de trente-cinq ans). À côté des briscards ayant quatre ans ou plus de service, on comptait une forte minorité de soldats de fraîche date. C'étaient des paysans et, pour les trois cinquièmes, des artisans des villes ou des campagnes frappés par la crise économique, non des mendiants ou des « gens de sac et de corde ». La monarchie qui s'était essayée à les encaserner, sans y parvenir totalement, n'avait pas réussi à les dissocier complètement de la population. Celle-ci avait à l'égard des militaires une attitude mitigée de crainte et de compassion, elle ne les regardait plus en tout cas comme des gens sans aveux. Ces soldats se plaignaient de leur condition de vie. Le troupier gagnait 6 sous 8 deniers par jour, le pain coûtait 2 sous 6 deniers, et, avec ce qui restait, il fallait acheter de la nourriture, du linge et des chaussures. Beaucoup, malgré la loi, recherchaient un complément de solde en faisant de menus ouvrages pour l'habitant. Misère, indignité de la condition militaire aussi : certes, des officiers proches [...]


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Écrit par :

  • : professeur d'histoire moderne à l'université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne, agrégé de l'Université, docteur ès lettres

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Dans le chapitre « Le manque d'hommes »  : […] Lorsqu'un conflit se prolonge, les hommes valides et en âge de combattre viennent à manquer. Il faut alors remplacer les soldats tués ou blessés par des jeunes gens de plus en plus éloignés de l'âge minimal requis pour combattre, en dépit de leur fragilité physique et morale, de leur inexpérience et de leur indiscipline. Ainsi, à Rome, durant la deuxième guerre punique, il fallut enrôler des jeune […] Lire la suite

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Transfuge de sa classe (pour emprunter au marxisme son vocabulaire), Grouchy offre l'exemple typique de ces nobles qui, choisissant le parti patriote contre le parti aristocrate, embrasseront la cause révolutionnaire avec autant de persévérance que de détermination. Beau-frère de Condorcet et de Cabanis, esprit attentif et curieux, il restera l'ami des idéologues. Par conviction politique, il dema […] Lire la suite

HOCHE LAZARE (1768-1797)

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Pour citer l’article

Jean-Paul BERTAUD, « RÉVOLUTION & EMPIRE, armée », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 février 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/revolution-et-empire-armee/