RÉFORMISME

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La politique réformiste

Les événements historiques ont en somme confirmé les analyses des fabiens anglais, de Millerand et de Bernstein : les grands pays industriels occidentaux n'ont pas connu la révolution. La situation matérielle de la classe ouvrière s'est améliorée au fur et à mesure de la croissance économique ; la classe ouvrière continue de s'intégrer à la société et se tourne de moins en moins vers les solutions révolutionnaires. Peut-on dire pour autant que le socialisme réformiste y a triomphé ? Oui sans doute, si l'on se place du point de vue économique : un vaste système de sécurité sociale a été mis en place, l'accès à l'instruction des classes laborieuses a été facilité, les relations professionnelles se sont améliorées en s'institutionnalisant, et les syndicats de travailleurs ont pris une place croissante dans la vie de ces pays. Mais ces succès du réformisme n'ont été qu'exceptionnellement ceux du socialisme : le réformisme apparaît de moins en moins comme une option socialiste particulière et de plus en plus comme la réponse des classes dirigeantes aux menaces que faisait peser sur elles la situation d'extériorité, voire d'exclusion, de la classe ouvrière par rapport à la société globale. De non révolutionnaire, le réformisme est devenu, en raison même de ses succès, contre-révolutionnaire.

Le socialisme réformiste peut se prévaloir de la part prépondérante qu'il a prise dans l'amélioration de la situation des classes laborieuses. Le rôle des syndicats allemands dans la mise en place d'un système de cogestion ; celui des forces socialistes en France, des travaillistes en Angleterre dans l'instauration de la sécurité sociale ; la collaboration des syndicats américains à la législation du New Deal, notamment en matière de relations sociales (Wagner Act de 1935) : tous ces faits montrent assez que les classes dirigeantes ne font des concessions aux travailleurs que sous la pression de ces derniers. En ce sens, le socialisme réformiste et plus encore le syndicalisme réf [...]

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Pour citer l’article

Jacques JULLIARD, « RÉFORMISME », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 03 décembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/reformisme/