RÉDUCTION EIDÉTIQUE

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Dans la phénoménologie de Husserl, la réduction eidétique consiste en une méthode grâce à laquelle le philosophe passe de la conscience des objets individuels et concrets au royaume transempirique des pures essences et atteint ainsi une intuition de l'eidos de la chose, c'est-à-dire de ce qu'elle est dans sa structure essentielle et invariable, une fois éliminé tout ce qui, en elle, est contingent et accidentel. L'eidos est ainsi le principe, la structure nécessaire de la chose. Pour la phénoménologie — science des essences —, cette réduction est la première étape de sa méthodologie, la seconde étant la réduction phénoménologique.

Du fait que la réduction eidétique recourt au procédé de la variation libre, elle ne dépend ni des constructions mentales ni des objets factuels concrets, bien qu'elle ait son point de départ dans la connaissance des faits. Commençant avec un objet concret, le philosophe peut en faire varier par l'imagination les différents aspects. Les limites de la variation imaginaire sont le donné effectif — c'est-à-dire ce qui est donné de façon immédiate et indubitable — et l'eidos lui-même. Les variations empiètent les unes sur les autres, et l'aspect dans lequel elles se recouvrent est l'essence. Ainsi, en allant de l'appréhension dans la sphère perceptive à l'appréhension dans la sphère imaginative, on peut atteindre la structure invariable et essentielle de l'objet.

La réduction eidétique n'est donc ni une forme d'induction ni une abstraction. De même que la réduction phénoménologique, elle s'abstient de toute affirmation concernant l'existence des objets et met entre parenthèses le contenu factuel et concret, ou bien pratique, par rapport à lui, une suspension de jugement. Une telle réduction, d'autre part, ne se ramène pas à une généralisation de type empirique qui se situerait au niveau de l'attitude naturelle de l'homme.

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PHÉNOMÉNOLOGIE

  • Écrit par 
  • Renaud BARBARAS, 
  • Jean GREISCH
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Dans le chapitre « L'« épochè » phénoménologique »  : […] Dès les Recherches logiques , le sens philosophique de la phénoménologie est clairement établi : il réside dans l'idée d'une corrélation a priori et universelle entre l'objet transcendant et ses modes subjectifs de donnée. Autrement dit, la phénoménologie a pour projet de préserver la transcendance du réel tout en respectant sa relativité à la conscience, ce qui revient à en […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/phenomenologie/#i_35190

Pour citer l’article

« RÉDUCTION EIDÉTIQUE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/reduction-eidetique/