RECHERCHE PHILOSOPHIQUE SUR L'ORIGINE DE NOS IDÉES DU SUBLIME ET DU BEAU, Edmund BurkeFiche de lecture

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L'opposition du beau et du sublime

L'ouvrage se compose de cinq parties consacrées respectivement à l'examen du plaisir esthétique (I), à « la passion causée par le sublime » (II), à la beauté (III) ; dans la quatrième partie, Burke revient sur « la cause efficiente du sublime et du beau » ; enfin, dans la cinquième partie, il s'intéresse au pouvoir des mots.

Burke entend procéder de manière empirique en observant la naissance des premières émotions. Pour qualifier la façon dont les choses nous affectent, il distingue d'abord le « plaisir positif » suscité par le beau du « délice » (delight) suscité par le sublime. « Plaisir négatif », le délice naît de l'éloignement ou de l'atténuation d'une douleur dont il conserve l'empreinte. Évoquant une « terreur délicieuse » (delightful horror), qui peut confiner à l'« étonnement » en passant par l'admiration ou le respect, Burke indique que le sublime est lié à la conservation de soi (plaisir mêlé de crainte d'avoir échappé à un danger) alors que le beau repose sur l'amour qui, pour lui, relève des liens sociaux et de la perpétuation de l'espèce. Cette dualité fondamentale de nos sentiments esthétiques trace une ligne de partage fragile entre l'état d'apaisement produit par la beauté et la violence du ravissement provoqué par le sublime.

Une partie de la Recherche est ainsi consacrée à ce qui fait naître le sentiment du beau. Loin d'y reprendre l'exposé du beau idéal (proportion, convenance, lien avec le vrai et le bien), Burke y propose une esthétique inattendue de la douceur, de la délicatesse, du lisse et du moelleux (smoothness). Le beau y prend la forme d'une variation progressive et continue, empruntée à la « ligne de beauté » de Hogarth, qui imprime à l'œil un mouvement sans heurt. Celui-ci s'apparente à un toucher à distance qui rappelle Condillac et semble anticiper la vision tactile revendiquée par Aloïs Riegl et Bernard Berenson. Par ailleurs, l'appui réci [...]

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Écrit par :

  • : maître de conférences en histoire de l'art contemporain à l'université de Paris-I

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SUBLIME, littérature

  • Écrit par 
  • François TRÉMOLIÈRES
  •  • 1 351 mots

Dans le chapitre « Le beau et le terrible »  : […] Abolissant la conscience des moyens, le sublime se donne comme pur effet. En indiquant ce qui demeure irréductible aux règles du discours, ce qui les excède, il rejoint l'interrogation très ancienne sur la finalité de l'art. Mais cette interrogation ne se limite plus au cadre de l'art de persuader (qui veut plaire pour instruire), ni même à la littérature ; elle s'élargit notamment aux arts plasti […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/sublime-litterature/#i_34202

Pour citer l’article

Julie RAMOS, « RECHERCHE PHILOSOPHIQUE SUR L'ORIGINE DE NOS IDÉES DU SUBLIME ET DU BEAU, Edmund Burke - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 septembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/recherche-philosophique-sur-l-origine-de-nos-idees-du-sublime-et-du-beau/