RÉACTION, chimie

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Réaction, transformation, équilibre

Un exemple d'une telle transformation est la formation d'acide chlorhydrique HCl à partir du dihydrogène H2 et du dichlore Cl2, qui répond donc à l'équation : H2+Cl2 → 2HCl (lire « une molécule de dihydrogène H2 se combine avec une molécule de dichlore Cl2 pour produire deux molécules d'acide chlorhydrique HCl »).

Des milliers de réactions chimiques s'opèrent à chaque instant dans l'organisme, en particulier pour transformer les aliments en énergie. D'autres se font en usine, par exemple la synthèse de l'ammoniac NH3 à partir du diazote N2 et du dihydrogène H2, dont l'équation s'écrit : N2+3H2→ 2 NH3, et qui s'effectue grâce au procédé que mirent au point, au début du xxe siècle, les Allemands Fritz Haber et Carl Bosch. Ce procédé exige une catalyse, ainsi que des températures et des pressions élevées au sein du réacteur.

Or toute réaction chimique, surtout celles qui se déroulent dans d'aussi rudes conditions, s'assortit quasi instantanément de sa propre négation, la réaction inverse. Dès que des molécules d'ammoniac NH3 se sont formées, à moins qu'on ne les soutire du réacteur et qu'on les refroidisse au fur et à mesure de leur apparition, elles se décomposent en redonnant les réactants N2 et H2. Ainsi, la réaction directe (formation d'ammoniac) coexiste avec la réaction inverse (décomposition d'ammoniac). Ces deux processus antagonistes se déroulent et s'affrontent jusqu'à ce que s'établisse un état d'équilibre.

De nombreuses autres réactions chimiques sont accélérées par leur chauffage, et elles exigent souvent des pressions élevées. L'agitation des molécules (mouvement brownien) au sein d'un gaz ou d'un liquide les fait entrer en collision, mais il ne peut y avoir réaction que si elles ont l'orientation mutuelle qui convient et si elles sont dotées d'une énergie suffisante.

Toute réaction chimique est un remaniement : les positions relatives des atomes changent entre l'état initial et l'état final. Par exemple, pour former l'acide chlorhydrique HCl dans la réaction précitée, on doit comme [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 5 pages

Écrit par :

  • : professeur honoraire à l'École polytechnique et à l'université de Liège (Belgique)

Classification

Autres références

«  RÉACTION, chimie  » est également traité dans :

ABZYMES

  • Écrit par 
  • Joël CHOPINEAU, 
  • Alain FRIBOULET, 
  • Sabine PILLE, 
  • Daniel THOMAS
  • , Universalis
  •  • 1 035 mots

Le concept d'anticorps catalytique, ou abzyme (contraction d’ antibody et enzyme ), fut énoncé dès les années 1940 par Linus Pauling. S’appuyant sur le fait que la réaction chimique de transformation d'une molécule en une autre passe par un état de transition, qui représente une barrière énergétique à franchir, Pauling suggéra qu'une enzyme, pour favoriser une réaction, abaisse cette barrière én […] Lire la suite

ACIDES & BASES

  • Écrit par 
  • Yves GAUTIER, 
  • Pierre SOUCHAY
  •  • 12 609 mots
  •  • 7 médias

Dans le chapitre « Réactions de déplacement »  : […] Lorsque les atomes de l'acide possèdent leur coordinence maximale, l'atome A sur lequel le donneur (base B) fixe ses électrons doit rompre sa liaison avec un autre atome C ; on assiste ainsi à une réaction de déplacement, dont un exemple a déjà été donné à propos de NH 3 et H 3 O +  ; l'espèce déplacée emporte le doublet de la liaison A — C (réaction 11 ). Ce type s'appelle substitution nucléoph […] Lire la suite

AFFINITÉ CHIMIQUE

  • Écrit par 
  • Paul GLANSDORFF
  •  • 1 174 mots

La notion d'affinité chimique est relativement ancienne. On la rencontre déjà, bien que sous un aspect encore purement qualitatif, dans les spéculations des alchimistes sur la transmutation des métaux au Moyen Âge (Albert le Grand, 1193-1280). Quant au terme lui-même, il semble avoir été introduit en chimie vers 1773 par le Hollandais Boerhaave de Leyde. Il faut attendre ensuite la seconde moit […] Lire la suite

ASTROCHIMIE

  • Écrit par 
  • David FOSSÉ, 
  • Maryvonne GERIN
  •  • 4 379 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « La chimie sur les grains de poussière interstellaire »  : […] En plus des PAH, il existe dans l'espace toute une gamme de particules solides contenant du carbone. Fullerènes, graphite, suies, nanotubes et même diamants (de quelques nanomètres) constituent probablement une partie des poussières interstellaires (cf. figure) . Les grains de silicates, formés dans les enveloppes d'étoiles en fin de vie, riches en oxygène, sont au moins aussi importants. Le rôle […] Lire la suite

CARBONYLATION

  • Écrit par 
  • Dina SURDIN
  •  • 24 mots

Réaction par laquelle on fait apparaître un groupement carbonyle c'est-à-dire une fonction cétone ou aldéhyde dans une molécule. […] Lire la suite

CARBOXYLATION

  • Écrit par 
  • Dina SURDIN
  •  • 35 mots

Réaction par laquelle on introduit la fonction acide COOH dans une molécule. Inversement, la décarboxylation élimine du dioxyde de carbone, CO 2 , et fait disparaître la fonction acide. […] Lire la suite

CATALYSE

  • Écrit par 
  • Henri Jean-Marie DOU, 
  • Jean-Eugène GERMAIN
  •  • 8 404 mots
  •  • 8 médias

Le terme catalyse a été forgé par Berzelius en 1835 pour désigner l'ensemble des effets chimiques produits par les catalyseurs. On appelle catalyseur « toute substance qui altère la vitesse d'une réaction chimique sans apparaître dans les produits finaux » (Ostwald, 1902). La catalyse est donc une branche de la cinétique chimique qui, de façon plus générale, étudie l'influence de tous les facte […] Lire la suite

CATALYSEURS MÉTALLOCÈNES

  • Écrit par 
  • Roger SPITZ
  •  • 2 049 mots
  •  • 5 médias

Dans le chapitre « La chimie de la polymérisation »  : […] Les polymères produits par réactions en chaîne, en particulier l'essentiel des polymères thermoplastiques, se sont développés en deux temps : il a fallu tout d'abord connaître les réactions, puis les contrôler parfaitement. Pour la polymérisation, on peut utiliser les outils de base de la synthèse organique, par exemple en faisant interagir une espèce électrophile, pauvre en électrons, et une espè […] Lire la suite

CHIMIE - La chimie aujourd'hui

  • Écrit par 
  • Pierre LASZLO
  •  • 10 832 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Catalyse hétérogène »  : […] Les réactants et le catalyseur se trouvent dans des phases distinctes (d'où le qualificatif « hétérogène ») : un catalyseur solide et des réactants le plus souvent en phase gazeuse. Ainsi, les molécules gazeuses diffusent jusqu'à ce qu'elles s'adsorbent (s'accrochent) à des atomes à la surface du catalyseur. On assiste alors à l'affaiblissement ou à la rupture de liaisons chimiques dans les mol […] Lire la suite

CHIMIE - Chimie durable

  • Écrit par 
  • Hagop DEMIRDJIAN
  •  • 2 940 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Une approche méthodologique : l'économie d'atomes »  : […] L' économie d'atomes est une méthodologie de synthèse qui consiste à maximiser le nombre d'atomes de réactifs transformés en produit (celui souhaité) au cours de la synthèse. Barry M. Trost (né en 1941), de l'université de Stanford (États-Unis), l'a introduite en 1991, et a défini le pourcentage d'économie d'atomes (PÉA) par la formule : PÉA = (masse molaire totale des atomes utilisés/masse molair […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Pierre LASZLO, « RÉACTION, chimie », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 juin 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/reaction-chimie/