DEPARDON RAYMOND (1942- )

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La part de l'intime dans le documentaire

Le cinéma lui a apporté la notoriété, notamment Reporters (le travail au quotidien des photographes de presse, 1981), pour lequel il a reçu le césar du meilleur documentaire. Mais c'est la photographie qui a permis à ce fils de cultivateurs du Beaujolais de se faire une place au soleil parisien, d'avoir accès au cinéma et, surtout, qui lui a permis de définir quelques obsessions qui viennent, sans cesse, marquer son œuvre : l'information et la façon dont elle est rapportée, le souci des « à-côtés » pour dire le monde tel qu'il va, les interférences entre sa vie intime et la vie tout court, entre la réalité et la fiction.

Depardon a également choisi des territoires où il se sent bien, où il retourne toujours. Son œuvre est marquée par ces lieux qu'il photographie ou filme, parfois en même temps, parfois à des années d'écart : la ferme familiale, le désert, l'Afrique, le Vietnam... « Le désert me porte chance », a dit Depardon à Frédéric Sabouraud. Il découvre le Sahara à dix-huit ans, obtenant ainsi un reportage retentissant sur des soldats français perdus et assoiffés (SOS-Sahara, 1960) et se rend au Tchad dix ans plus tard pour l'affaire Françoise Claustre, pays où il retournera pour réaliser quelques films où l'actualité vient nourrir la narration : Empty Quarter (1984-1985), La Captive du désert (1989), Afriques : comment ça va avec la douleur ? (1996), Lumière de Paris (1997), Un homme sans l'Occident (2003). Bref, tantôt Depardon filme, tantôt il photographie, opérant un dialogue permanent entre les deux procédés. Il a par exemple réalisé un reportage de fond sur les petites fermes en voie de disparition, dont quelques fragments ont été montrés au centre photographique de Pontault-Combault (Seine-et-Marne), en 1995.

Ce travail sur les fermes, Depardon l'a réalisé en pensant à ses parents et à ses années de jeunesse. « Le Raymond », comme l'appellent quelques anciens camarades de jeux, est né le 6 juillet 1942 à Villefranche-sur-Saône et a grandi à la ferme du Garet, bâtisse du xive siècle, située près du fleuve. Son certi [...]


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Michel GUERRIN, « DEPARDON RAYMOND (1942- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/raymond-depardon/