RATIONALISME

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Quelques variantes historiques du rationalisme

Le rationalisme de l'Antiquité classique

Dans un grand nombre de systèmes philosophiques apparaissent les traits d'une attitude rationaliste dominant l'organisation de thèses tout à fait diverses, et à certains égards opposées. Ainsi peut-on qualifier de rationalistes, quoique à des titres différents, Platon et Aristote, les épicuriens, les stoïciens, les pyrrhoniens ou sceptiques... Nonobstant les contenus « idéalistes », « empiristes », « conceptualistes » de leurs doctrines en ce qui concerne la nature de ce qui est et le rapport de ce qui est à la pensée, ces systèmes expriment tous à leur manière un certain accord sur les points suivants, qui contribuent à définir une attitude rationaliste.

En premier lieu, la raison est λ́ογος, c'est-à-dire une pensée articulée dans un discours. La sensation elle-même, qu'elle soit prise par certains philosophes comme source originaire ou principale de notre connaissance du monde, ou comme ne nous en révélant qu'une apparence, doit, pour être représentation, s'exprimer sous la forme linguistique d'un énoncé. Platon, Aristote, les stoïciens analysent de façons différentes cette mise en forme dans un langage : liaison entre le nom d'un substrat et le nom d'une propriété, chez l'un, affirmation ou négation d'un fait existant chez les autres. Mais, dans tous les cas, le passage par le symbolisme de la langue et par la réglementation d'une grammaire est requis.

On s'écarterait au contraire du rationalisme si l'on recevait comme connaissance achevée et authentique l'impression pure et simple prise comme telle, ou l'image. Et les épicuriens et les stoïciens eux-mêmes, qui placent de telles impressions reçues par les sens à la source du savoir, décrivent chacun à leur manière une activ [...]

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Pour citer l’article

Gilles Gaston GRANGER, « RATIONALISME », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/rationalisme/