RAÏ, musique

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Médias de l’article

Khaled

Khaled
Crédits : Caamalf/ Shutterstock

photographie

Lounès Matoub

Lounès Matoub
Crédits : Getty

photographie


Essor du raï

Parmi les diverses sources qui ont alimenté le raï, retenons le melhoun, souvent porté par des accompagnements bédouins traditionnels (tambours sur cadre, percussions guellal*, flûtes droites en roseau) ; cette poésie chantée qui avait fini par subir l'influence de la musique orientale populaire égyptienne va servir de réservoir thématique principal au raï.

C'est dans un contexte d'ébullition musicale que, dans les années 1970, l'Algérien Khaled (Khaled Hadj-Brahim), un jeune chanteur et instrumentiste touche-à-tout, s'inspire des groupes pop marocains en vogue Jil Jilala et Nass El Ghiwane pour opérer la rencontre entre la tradition orientale arabophone, la musique berbère et le rock. Dans les années 1980, s'opposant aux musiques que l'on peut écouter dans le cercle familial – chaabi algérois et malouf constantinois –, le raï d'Oran va utiliser des textes parfois crus sur des orchestrations mêlant la guitare électrique, l'accordéon et la darabukka (percussion en gobelet). L'existence d'un circuit de cabarets et de discothèques à Oran et dans sa région facilite la diffusion de ce « pop raï », qui aborde des sujets souvent tabous – le sexe libre, l'alcool – et se détache de la musique traditionnelle des cheikh* et des cheikhate*. Le boom de la cassette audio analogique, les nombreuses occasions sociales (mariages...) et l'arrivée sur le marché d'instruments polyvalents et de prix abordable vont favoriser l'essor rapide d'une musique populaire métisse, souvent perçue comme un champ de liberté au sein d'une société largement islamisée et dominée par la caste des militaires. Les premiers synthétiseurs et claviers associés aux boîtes à rythmes permettent aux petites formations de compléter le support rythmique des percussions traditionnelles.

Khaled

Khaled

photographie

Le chanteur algérien Khaled en concert en 2010 lors d'un festival de musique du monde dans la ville de Dun Laoghaire en Irlande. 

Crédits : Caamalf/ Shutterstock

Afficher

Le son du raï subit également l'influence du rock (les accompagnateurs sont souvent d'anciens rockers), de la soul et du reggae, cette dernière musique étant extrêmement populaire en Algérie dès la fin des année 1970. Par ailleurs, celle qui sera une des références majeures des chebs (« jeunes »), Cheikha Djenia, a beaucoup écouté la musique populaire égyptienne, celle de Farid el Atrache, notamment.

1985 est l'année de la consécration pour Khaled, qui fait sa première apparition à la télévision algérienne malgré les réticences des autorités. Dans un autre registre, Houari Benchenet, plus respectueux de la tradition, refuse l'esthétique des chebs et leur vibrato appuyé. De son côté, Bouteldja Belkacem, qui avait perpétué les airs des cheikhate mais aussi des meddahate*, introduit la trompette et raconte des histoires du quotidien.

[...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages




Écrit par :

Classification


Autres références

«  RAÏ, musique  » est également traité dans :

Nouar, RIMITTI (Cheikha)

  • Écrit par 
  • Eugène LLEDO
  •  • 614 mots

Cheikha Rimitti, née le 8 mai 1923, à Tessala, près de Sidi Bel Abbes, en Algérie, est une des figures les plus importantes de la musique populaire algérienne. En plus de cinquante ans de carrière, cette descendante de la tribu berbère des Charguis a enregistré un nombre impressionnant de cassettes, de disques et d'albums […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/nouar-rimitti-cheikha/#i_26242

RIMITTI CHEIKHA (1923 env.-2006)

  • Écrit par 
  • Éliane AZOULAY
  •  • 819 mots

Jusqu'à sa mort d'une crise cardiaque, à Paris, le 15 mai 2006, Saâdia Bedief, alias Cheikha Rimitti (ou Remitti), « la mamie du raï », arborait diadèmes de perles et mains teintées au henné. Cette femme de caractère qui fut si souvent blessée par les aléas de l'existence racontait sans fards ses années de misère, en pleine Seconde Guerre mondiale […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/cheikha-rimitti/#i_26242

Voir aussi

Pour citer l’article

Eugène LLEDO, « RAÏ, musique », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 décembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/rai-musique/