RAÏ, musique

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Essor du raï

Parmi les diverses sources qui ont alimenté le raï, retenons le melhoun, souvent porté par des accompagnements bédouins traditionnels (tambours sur cadre, percussions guellal*, flûtes droites en roseau) ; cette poésie chantée qui avait fini par subir l'influence de la musique orientale populaire égyptienne va servir de réservoir thématique principal au raï.

C'est dans un contexte d'ébullition musicale que, dans les années 1970, l'Algérien Khaled (Khaled Hadj-Brahim), un jeune chanteur et instrumentiste touche-à-tout, s'inspire des groupes pop marocains en vogue Jil Jilala et Nass El Ghiwane pour opérer la rencontre entre la tradition orientale arabophone, la musique berbère et le rock. Dans les années 1980, s'opposant aux musiques que l'on peut écouter dans le cercle familial – chaabi algérois et malouf constantinois –, le raï d'Oran va utiliser des textes parfois crus sur des orchestrations mêlant la guitare électrique, l'accordéon et la darabukka (percussion en gobelet). L'existence d'un circuit de cabarets et de discothèques à Oran et dans sa région facilite la diffusion de ce « pop raï », qui aborde des sujets souvent tabous – le sexe libre, l'alcool – et se détache de la musique traditionnelle des cheikh* et des cheikhate*. Le boom de la cassette audio analogique, les nombreuses occasions sociales (mariages...) et l'arrivée sur le marché d'instruments polyvalents et de prix abordable vont favoriser l'essor rapide d'une musique populaire métisse, souvent perçue comme un champ de liberté au sein d'une société largement islamisée et dominée par la caste des militaires. Les premiers synthétiseurs et claviers associés aux boîtes à rythmes permettent aux petites formations de compléter le support rythmique des percussions traditionnelles.

Khaled

Photographie : Khaled

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Le chanteur algérien Khaled en concert en 2010 lors d'un festival de musique du monde dans la ville de Dun Laoghaire en Irlande. 

Crédits : Caamalf/ Shutterstock

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Le son du raï subit également l'influence du rock (les accompagnateurs sont souvent d'anciens rockers), de la soul et du reggae, cette dernière musique étant extrêmement populaire en Algérie dès la fin des année 1970. Par ailleurs, celle qui sera une des références majeures des cheb [...]


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Pour citer l’article

Eugène LLEDO, « RAÏ, musique », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/rai-musique/