QUININE

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Écorce de quinquina

Écorce de quinquina
Crédits : Heike Rau/ Shutterstock

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Fleurs et feuilles de l’arbre à quinquina

Fleurs et feuilles de l’arbre à quinquina
Crédits : Wellcome Collection

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Historique

En 1569, le médecin de Philippe II d’Espagne, Francisco Hernández, est chargé de réaliser l’inventaire des savoirs, pratiques et remèdes utilisés par les Indiens de l’Amérique espagnole : à nouveaux territoires, nouvelles ressources... L’écorce d’un arbre, le quina-quina qui pousse sur l’Altiplano péruvien, fait partie de l’inventaire. Quel que soit l’usage particulier que les Indiens des Andes avaient pu faire de cette écorce, sans doute pour se prémunir des frissons dus au froid, l’écorce, broyée en fine poudre est utilisée avec succès contre les fièvres intermittentes (plus ou moins synonymes de paludisme) dès la fin du xvie siècle par les notables espagnols au Pérou. Le remède arrive peu après en Espagne, sans doute vers 1620. Utilisé comme fébrifuge, son usage se répand sous le nom de « poudre des jésuites » dans toute l’Europe. Louis XIV est guéri de ses fièvres grâce à cette poudre, d’ailleurs connue en France plutôt sous le nom de « remède anglois ». La Fontaine en fait l’éloge dans le « Poème du quinquina » (1682). À la fin du xviiie siècle, plus personne ne doute que l’écorce de l’arbre appelé Cinchona par Linné en 1753, ou encore quinquina, contient un principe actif contre les fièvres. Elle entre dans la pharmacie des vaisseaux de ligne britanniques. Mais l’efficacité des écorces, jaune, rouge ou grise, obtenues d’arbres de la côte ou de la montagne, est variable ; en outre, bien des contrefaçons circulent.

Écorce de quinquina

Écorce de quinquina

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L'écorce de l'arbre Cinchona (quinquina) contient un principe actif – la quinine – contre l'agent du paludisme. Longtemps, ce médicament a été administré sous forme de poudre d'écorce broyée, en suspension dans un liquide alcoolique pour atténuer son goût amer. La purification de la... 

Crédits : Heike Rau/ Shutterstock

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Fleurs et feuilles de l’arbre à quinquina

Fleurs et feuilles de l’arbre à quinquina

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Ce dessin de Robert Bentley (1880) décrit les feuilles et fleurs de l'arbre à quinquina, Cinchona officinalis. La quinine, puissant médicament contre le paludisme, est extraite de l'écorce de cet arbre. 

Crédits : Wellcome Collection

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En 1820, poursuivant l’isolement par précipitation acide-base de substances actives des plantes médicinales, deux pharmaciens parisiens, Joseph Bienaimé Caventou et Pierre Joseph Pelletier, extraient de l’écorce de quinquina jaune un mélange de substances amer et basique, dans lequel prédomine donc un alcaloïde : la quinine. Ils ne réalisent aucun essai thérapeutique, mais le médecin parisien François-Joseph Double en a connaissance et réali [...]


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Écrit par :

  • : chercheur en histoire des sciences, université Paris-VII-Denis-Diderot, ancien chef de service à l'Institut Pasteur

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Autres références

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ALCALOÏDES

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Dans le chapitre « Intérêt thérapeutique »  : […] Les alcaloïdes jouent toujours un rôle important, comme principes actifs des médicaments, malgré l'essor des produits de synthèse. Ils sont utilisés soit tels quels, soit sous forme de dérivés plus actifs, mieux tolérés par l'organisme, ou manifestant des effets différents. Ils ont souvent servi de modèle pour imaginer de nouvelles molécules de synthèse. La morphine reste le […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/alcaloides/#i_7450

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Dans le chapitre « Se débarrasser des Plasmodium pour lutter contre le paludisme »  : […] On savait se protéger du paludisme en tuant le parasite bien avant les connaissances modernes sur la maladie. Le traitement contre les fièvres avec de l’écorce de quinquina, introduit en Europe par les jésuites au milieu du xvii e  siècle, a débarrassé par exemple Louis XIV de ses fièvres. Très à la mode à la Cour – on connaît le […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/prevention-du-paludisme/#i_7450

QUINIDINE

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VAUQUELIN NICOLAS LOUIS (1763-1829)

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Chimiste français, né et mort à Saint-André-d'Hébertot près de Pont-l'Évêque, qui a découvert les éléments chrome et béryllium (1797). Vauquelin travailla d'abord dans une pharmacie où il fut apprécié par Antoine-François Fourcroy qui fit de lui son assistant (1783-1791). Il commença à publier sous son nom en 1790 ; on lui doit quelque trois cent soixante-seize articles scientifiques. Il enseigna […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/nicolas-louis-vauquelin/#i_7450

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Pour citer l’article

Gabriel GACHELIN, « QUININE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/quinine/