QU [K'IU]

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Différentes acceptions du mot « qu »

Les qu des Tang ou quci

Les qu des Tang (viie-xe s.) sont des chansons d'origine populaire accompagnées de flûtes et de tambours. Les textes retrouvés à Dunhuang et étudiés depuis les années 1950 par des savants chinois permettent de confirmer l'hypothèse qui prévalait jusqu'alors : une certaine poésie lyrique de circonstance, déclamée et chantée lors des banquets, était adaptée par ses auteurs à des airs populaires pré-existants. On la distingue nettement des deux autres genres lyriques : la poésie hymnique classique issue des Daya et Xiaoya du Shijing, et le Yuefu né du Bureau de la musique.

Ces musiques populaires avaient été en majeure partie apportées d'Asie centrale par le Xinjiang et le Gansu et ce, dès le ive siècle. Les paroles qu'on leur adaptait formaient habituellement un seul couplet. Pourtant, il existait aussi des daqu, « grands qu », plus longs.

Les qu des Yuan ou sanqu

On applique plus spécialement l'appellation qu à un autre genre plus tardif, puisque né sous les Yuan (xiiie-xive s.) et qui a une double origine : le ci et le théâtre. Les qu de l'époque Yuan s'appellent sanqu, ce qui veut dire « chansons séparées, détachées », car elles s'opposent aux qu des opéras qui font partie d'un ensemble organisé.

Le qu est tout d'abord héritier du ci des Song. Celui-ci, pourtant sorti du peuple, était devenu entre les mains des lettrés un genre engoncé, sophistiqué, renié aussi bien des poètes, désireux de s'exprimer avec plus de liberté, que des gens du commun, pour lesquels il était subtilité de spécialistes. Cependant, les chanteuses et les courtisanes n'en continuaient pas moins à servir d'intermédiaires entre la classe populaire à laquelle elles appartenaient par leur naissance, et les jeunes lettrés de l'aristocratie qui les fréquentaient. Ceux-ci reprirent et recréèrent les chansons vulgaires dont elles s'inspiraient ou qu'elles répétaient. De cette collaboration sortit une réincarnation du ci qui diffère du ci

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Écrit par :

  • : maître assistant honoraire de l'Institut national des langues et civilisations orientales

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Odile KALTENMARK, « QU [K'IU] », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 avril 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/qu-k-iu/