QIAN XUAN [TS'IEN SIUAN] (1235 env.-1301)

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Un peintre à la charnière de deux époques

Qian Xuan (env. 1235 - après 1301), souvent mentionné sous son prénom officiel Shunju, est originaire du Zhejiang. Il reçut une formation classique couronnée dans les années 1260 par sa réussite au concours de jinshi, sorte de doctorat. Vivant à Wuxing (Jiangsu) après la chute de la dynastie Song du Sud (1127-1279), il devint, avec son ami Zhao Mengfu, membre d'un groupe de lettrés distingués dès cette époque sous le nom des « Huit Talents de Wuxing ». Le groupe se dispersa lorsqu'en 1286 l'empereur mongol Kubilaï convia à la cour de Pékin les plus célèbres lettrés du pays, invitation à laquelle répondit Zhao Mengfu. Qian Xuan ne se rendit pas à la capitale et paraît avoir mené dès lors une vie de retraite.

De ce refus de quitter la Chine du Sud est née une grande part de la légende qui entoure Qian Xuan. Les critiques chinois de la postérité, toujours soucieux d'adapter les faits au moule de l'idéologie officielle, ont présenté Qian Xuan comme un loyaliste fervent. Il est devenu un héros dont le refus de toute compromission est automatiquement opposé à l'attitude renégate de Zhao Mengfu, coupable d'avoir accepté les avances de l'occupant mongol. Gardons en mémoire la relativité des matériaux historiques et la partialité des interprétations a posteriori ; la véritable personnalité de Qian Xuan est à chercher bien davantage dans sa peinture que dans les notices et catalogues tardifs.

Qian Xuan est connu comme peintre de paysages, de personnages, mais surtout de « fleurs et oiseaux », un genre très pratiqué à l'académie des Song. C'est ainsi qu'un grand nombre de peintures proches du style académique des Song du Sud lui est attribué ; mais, dans un corpus de plusieurs centaines d'œuvres, une dizaine à peine reflètent le style du maître. Né plus de quarante ans avant la chute de la dynastie chinoise, Qian Xuan est encore, à bien des égards, un homme des Song du Sud. Aîné des peintres Yuan, il n'a pas connu la décennie 1340-1350 qui marquera la maturité de leur style. Son art ne se situe pas toutefois dans la filiation de la pein [...]


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Écrit par :

  • : chargée de recherche au CNRS, directrice du programme Religion et société en Chine au Groupe de sociologie des religions et de la laïcité

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«  QIAN XUAN [ TS'IEN SIUAN ] (1235 env.-1301)  » est également traité dans :

ZHAO MENGFU [TCHAO MONG-FOU] (1254-1322)

  • Écrit par 
  • Caroline GYSS
  •  • 1 470 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Une longue tradition de lettrés et d'artistes »  : […] C'est à Wuxing (Zhejiang) que naquit Zhao Mengfu, dans une famille apparentée au premier empereur Song, et qui produisit de multiples talents. Les dons littéraires, favorisés par une formation classique, étaient fréquents dans les familles lettrées ; dans la famille de Zhao Mengfu, nombre de peintres et calligraphes se révélèrent aussi : ainsi son frère Zhao Mengyu, son cousin Zhao Mengjian, et le […] Lire la suite

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Pour citer l’article

Caroline GYSS, « QIAN XUAN [TS'IEN SIUAN] (1235 env.-1301) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 février 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/qian-xuan-ts-ien-siuan/