PUVATHÉRAPIE

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La puvathérapie est une méthode thérapeutique qui associe un médicament photosensibilisant (de la série des Psoralènes) administré per os et l'irradiation des lésions cutanées à traiter par les ultraviolets longs (U.V.A.). La comparaison de l'efficacité de chacun des Psoralènes utilisés ne fait pas ressortir de supériorité bien nette de l'un ou de l'autre d'entre eux. Leur tolérance générale paraît satisfaisante, mis à part des troubles digestifs minimes. Les tolérances sanguine et hépatique sont vérifiées dans chaque cas respectivement par les numérations globulaires, la formule sanguine et le dosage des transaminases. Une élévation du taux de ces diastases implique un arrêt du traitement qui est suivi d'une normalisation rapide.

Les ultraviolets sont administrés à l'aide d'appareils spéciaux adaptés soit à une irradiation généralisée (cabines), soit à des applications localisées. Le rayonnement produit s'étale entre 320 à 400 nanomètres de longueur d'onde. Des instruments de mesure annexés aux appareils permettent de doser en joules l'importance de l'irradiation administrée. Celle-ci est appliquée deux heures après la prise du photosensibilisant. La posologie varie légèrement selon les écoles, de même que le rythme des séances. Celles-ci sont habituellement rapprochées (plusieurs par semaine) au début (traitement d'attaque), et plus ou moins espacées par la suite (traitement d'entretien).

Initialement appliquée au traitement du psoriasis, la puvathérapie a dans cette dermatose sa première indication. L'éruption est habituellement blanchie en quelques semaines, un traitement d'entretien est nécessaire pour maintenir ce blanchiment d'une dermatose essentiellement récidivante.

Contre le mycosis fongoïde au stade d'érythème prémycosis et au stade des plaques eczémato-lichéniennes, la puvathérapie est également une bonne indication, alors que ce n'est qu'un traitement d'appoint au stade des tumeurs ou lorsque existent des déterminations ganglionnaires ou viscérales.

Le parapsoriasis en plaque (qui est le plus souvent une éruption « prémycosique ») et le lichen plan sont favorablement influencés par cette méthode.

Les applications à diverses dermatoses (eczéma, dyshidrose, pelade parapsoriasis en gouttes) sont à l'étude avec certains résultats favorables. Dans l'acné et l'eczéma constitutionnel (atopique), les résultats sont décevants.

Dans le vitiligo, les résultats sont partiels et inconstants, en tout cas imprévisibles. Cette indication est néanmoins intéressante étant donné l'absence d'autres traitements efficaces. La puvathérapie peut remplacer dans nos régions peu insolées la photochimiothérapie utilisant le soleil comme source d'ultraviolets.

Il a été démontré qu'en présence d'ultraviolets tous les Psoralènes sont capables de se combiner aux bases pyrimidiques des chaînes de l'ADN, ce qui peut entraîner des modifications métaboliques très diverses, ce qui expliquerait pourquoi la puvathérapie semble avoir des effets contradictoires : fonte des infiltrats cellulaires du lichen plan et mycosis ou, au contraire, réapparition des mélanocytes fonctionnels dans le vitiligo.

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  • Écrit par 
  • Florence COURTEAUX
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Dans le chapitre « Que faire ? »  : […] Dans l'immédiat, c'est des campagnes d'information de la population que l'on attend les résultats les plus tangibles, l'expérience australienne ayant révélé qu'elles peuvent être efficaces. Toutefois, les différentes enquêtes menées par les laboratoires Sanofi (1992, 1995 et 1996) révèlent, comme dans d'autres domaines où la prévention est essentielle (sida, tabagisme), que l'évolution des comport […] Lire la suite

Pour citer l’article

Pierre de GRACIANSKY, « PUVATHÉRAPIE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/puvatherapie/